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Full text of "Bulletin de la Société des anciens textes français"

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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 

DES 

ANCIENS TEXTES 

FRANÇAIS 


BULLETIN* — I902 


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Le Puy, imprimerie de Régis Marchessou, boulevard Carnot, *3. 


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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 


DES 

ANCIENS TEXTES 

FRANÇAIS 


VINGT-HUITIÈME ANNÉE 



PARIS 

LIBRAIRIE FIRMIN-DIDOT ET C** 
56 , RUE JACOB, 56 

1902 


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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 


902 

1 


ANCIENS TEXTES 

FRANÇAIS 

> 


VINGT-HUITIÈME ANNÉE 
1902. — N“ 1. 



PARIS 

LIBRAIRIE FIRMIN-DIDOT ET O 
56 , RUE JACOB, 56 


1902 


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OUVRAGES PUBLIÉS 

1875 

Chansons françaises du xv* siècle, p. p. M. G. Paris, avec la musique 
transcrite en notation moderne publiée par M. Gevaert. (Epuisé). 

Les plus anciens monuments de la langue française , p. p. M. G. Paris ; 
album gr. in-folio contenant neuf planches en héliogravure. 

Le Roman de Brun de la Montaigne, publié par M. P. Meter. 

1876 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, publiés par MM. G. Paris 
et U. Robert, 1.1. 

Le Roman de Guillaume de Paterne, p. p. M. H. Michelant. 

Les Sept Sages de Rome, publiés par M. G. Paris. 

1877 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, t. II. 

La Chanson d'Aiol, publiée par MM J. Normand et G. Raynaud. (Epuisé). 
Le Débat des Hérauts de France et d'Angleterre, suivi de The Debate 
between the Heraldes of Englande and Fraunce, compylep by Johne Coke, 
édition commencée par L. Pannier, et achevée par M. P. Meyer. 

1878 

Le Mistère du Viel Testament , p. p. M. le baron J. de Rothschild, t. I. 
(Publication faite aux frais de Mme la baronne J. de Rothschild.) 

Les œuvres 4'Eustache Deschamps, publiées par M. le marquis de Queux 
de Saint-Hilaire, t. I. 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, t. III. 

Le Voyage à Jérusalem du Seigneur ^’Anglure, publié par MM. F. Bon- 

NARDOT et A. LONGNON. 

1879 

La Chronique du Mont Saint-Michel, publiée par M. S. Luce, t. I. 

Le Mistère du Viel Testament, t. II. 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, t. IV. 

La Chanson d’Elie de Saint-Gilles, publiée par M. G. Raynaud. 

1880 

Les œuvres ^’Eustache Deschamps, t. II. 

Daurel et Béton, chanson de geste provençale, p. p. M. P. Meyer. 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages , t. V. 

1881 

Le Mistère du Viel Testament, t. III. 

La Vie de Saint Gilles, en vers, par Guillaume de Berneville, publiée par 
MM. G. Paris et A. Bos. 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnage, t. VI. 

Martial d’Auvergne, VAmant rendu cordelier a l'observance d*Amours, 
publié par M. A. de Montaiglon. 

1882 

Les œuvres ^Eustache Deschamps, t. III. 

Raoul de Cambrai, chanson de geste, p. p. MM. P. Meyer et A. Longnon. 
Le Mistère du Viel Testament, t. IV. 

1 883 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, t. VII. 

Le Dit de la Panthère d’amours, par Nicolas de Margival, p. p. M. H. 
Todd. 

La Chronique du Mont-Saint-Michel, t. II. 

1884 

Les œuvres poétiques de Philippe de Beaumanoir, publiées par M. H. 
Suchier, t. I. 

La Mort Aymeri de.Narbonne, chanson de geste, p. p. M. J. Couraye du 
Parc. 

Les œuvres ^’Eustache Deschamps, t. IV. 

1 885 

Les œuvres poétiques ^Philippe de Beaumanoir, t. II. 

L'Evangile de Ntcodème, trois versions rimées, publiées par MM. G. Paris, 
et A. Bos. 

Fragments d'une vie de saint Thomas de Cantorbery en vers accouplés 
publiés, avec fac-similé en héliogravure de l’original, par M. P. Meyer. 

Le Mistère du Viel Testament, t. V. 


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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 


DES 

ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 


STATUTS 


Article premier. 

La Société des anciens textes français a pour but de 
publier des documents de toute nature rédigés au moyen 
âge en langue d’oll ou en langue d’oc. 

Art. 2. 

Le siège de la Société est à Paris, 

Art 3. 

Est membre de la Société, après avis du Conseil, 
toute personne qui aura déclaré adhérer aux présents 
statuts. 

Art. 4. 

Indépendamment des cotisations, tout membre, au 
moment de son admission, acquitte un droit d’entrée 
de dix francs. Les trois cents premiers adhérents sont 
dispensés de ce droit. 

Art. 5. 

La Société comprend des membres fondateurs, des 


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— 6 — 


membres perpétuels et des membres ordinaires. Les 
membres fondateurs paient une somme de cinq cents 
francs une fois pour toutes ; ils reçoivent leur vie du¬ 
rant les publications de la Société tirées sur papier 
Whatman. Les membres perpétuels paient une somme 
de deux cent cinquante francs une fois pour toutes ; ils 
reçoivent leur vie durant les publications de la So¬ 
ciété tirées sur papier ordinaire. Les membres ordi¬ 
naires paient chaque année une cotisation de vingt- 
cinq francs, et reçoivent pour cette année les publica¬ 
tions de la Société tirées sur papier ordinaire. En 
payant cinquante francs, ils les reçoivent tirées sur 
papier Whatman. 

Art. 6. 

Les bibliothèques publiques, les personnes civiles, les 
maisons de commerce, ne peuvent faire partie de la 
Société qu’à titre de membres ordinaires. 

Art. 7. 

Les sommes provenant du droit d’entrée, des coti¬ 
sations des membres fondateurs ou perpétuels, et des 
dons qui pourront être faits à la Société, sont capi¬ 
talisées. 

Art. 8. 

La Société tient tous les ans une assemblée générale 
où on élit le Bureau et le Conseil. Tous les membres 
ont le même droit de suffrage. Les élections ont lieu 
à la pluralité des voix des membres présents. Tous les 
membres du Bureau et du Conseil sont indéfiniment 
rééligibles, à l’exception du président, qui ne peut être 
réélu à la présidence qu’après le délai d’un an. 

Art. 9. 

Le Bureau de la Société se compose d’un président, 


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7 — 


de deux vice-présidents, d’un administrateur, d’un tré¬ 
sorier, d’un trésorier-adjoint, d’un secrétaire et d’un 
secrétaire-adjoint. 

Art. io. 

Le Conseil se compose de quinze membres, auxquels 
le Bureau est adjoint de droit. 

Art. i i. 

Le Conseil se réunit tous les mois. Tout membre de 
la Société peut assister aux séances. Le compte rendu de 
l’Assemblée générale et des séances du Conseil sera 
publié. 

Art. 12. 

Le règlement de la Société préparé par le Conseil et 
voté par la Société,détermine les attributions du Bureau 
et du Conseil, le mode de publication des textes, les 
rapports de la Société avec ses imprimeurs, son éditeur 
et les libraires, etc. Il ne pourra être modifié que par 
un vote de l’Assemblée générale émis sur la proposition 
du Conseil. Pour cette proposition et pour ce vote, la 
majorité absolue des membres présents est de rigueur. 

Art. i3. 

L’Assemblée générale entend chaque année un exposé 
de la situation de la Société par le président, le rapport 
du secrétaire sur l’état des publications et le rapport du 
trésorier sur les comptes de l’exercice. 

Art. 14. 

Dans la première séance de janvier, le Conseil nomme 
une commission de comptabilité, à laquelle le trésorier 
soumet ses comptes de l’année précédente. Cette com¬ 
mission fait son rapport au Conseil à la séance suivante. 


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— 8 — 


Art. i 5 . 

En ce qui concerne le Bureau et le Conseil, l'année 
se compte d’une Assemblée générale & l’autre; mais 
l’année administrative et financière de la Société coïn¬ 
cide avec l’année ordinaire. 

Aet. 16. 

La première année de la Société part du i ,r janvier 
1875. 



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J 



— 9 ~ 


RÈGLEMENT 

DE LA SOCIÉTÉ DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 


Des séances . 

Article premier. 

La Société se réunit en Assemblée générale te premier jeudi du 
mois de mai. 

Art. 2. 

Le Conseil de la Société se réunit le quatrième mercredi de cha¬ 
que mois. 

Du président et des vice-présidents. 

Art. 3. 

Le président de la Société ou, en son absence, l’un des vices-pré¬ 
sidents ouvre et lève les séances de l’Assemblée générale et du 
Conseil, met aux voix les propositions en discussion et, en cas de 
partage, a voix prépondérante. 

Art. 4. 

Dans toute commission dont il se trouve faire partie, la pré¬ 
sidence lui est réservée. 

Art. 5. 

En cas d’absence du président et des deux vice-présidents, ils 
sont suppléés par un des anciens présidents ou vice-présidents. 

Art. 6. 

Le président convoque d’office et extraordinairement, lorsqu’il 
le juge nécessaire, les diverses commissions, le Conseil et la So¬ 
ciété. Néanmoins il doit, dans ce dernier cas, prendre l’avis du 
Conseil. 

Du secrétaire. 

Art. 7. 

Le secrétaire envoie les convocations, rédige les procès-verbaux 


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— 10 — 


des séances, est chargé de la correspondance et conserve les ar¬ 
chives. 

/Art. 8. 

Dans chaque séance du Conseil il prépare Tordre du jour, fait 
connaître Tétat d’avancement des publications entreprises, le nom¬ 
bre des feuilles tirées et composées, les manuscrits dont T impres¬ 
sion est proposée, etc. 

Art. 9. 

Il est chargé de la rédaction du Bulletin que publie la Société. 
Ce Bulletin comprend le résumé des séances et une série de no¬ 
tices. 

De Vadministrateur. 

Art. 10. 

L’administrateur de la Société est spécialement chargé de la re¬ 
présenter dans ses rapports avec ses imprimeurs ainsi qu’avec les 
libraires et relieurs. 

Art. ii. 

Il prépare et soumet au Conseil les projets des traités qui doi¬ 
vent être passés avec eux et en surveille l’exécution. 

Art. 12. 

Il vise tous les comptes financiers de la Société avant leur paye¬ 
ment par le trésorier. 

Art. i 3 . 

Il surveille la conservation, la distribution et la vente des publi¬ 
cations, et, à la fin de chaque exercice, rend compte au Conseil du 
nombre d’exemplaires restant en magasin. 

Des publications de la Société, 

Art. 14. 

Les ressources de la Société sont entièrement consacrées à la 
publication de volumes auquels ont droit tous les membres de la 
Société. 

Art. i 5 . 

Les publications de la Société se composent pour chaque exer¬ 
cice : 1* d’un Bulletin; 2 0 de volumes en nombre indéterminé. 


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I 


Art. 16. 

Le Conseil désigne les ouvrages à publier et nomme pour chacun 
d’eux un commissaire responsable chargé d’en surveiller l’exé¬ 
cution.— Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la So¬ 
ciété sans l’autorisation du Conseil, et s’il ne porte le visa du com¬ 
missaire responsable. 

Art. 17. 

Le Bulletin est expédié directement par les soins du libraire 
à tous les membres de la Société, à Paris, en province et à l’étran¬ 
ger. — Les volumes sont remis aux membres de la Société ou à 
leurs correspondants, par le libraire de la Société en échange 
d’une lettre d’avis qui leur est adressée par le secrétaire. 

Art. 18. 

Le prix de vente de chacune des publications de la Société est 
fixé parle Conseil.—Ce prix pourra toujours être augmenté. 

Art. 19. ' 

Chaque publication de la Société portera la marque de la So¬ 
ciété, le nom de l’éditeur,la date de l’exercice, le nom et l’adresse 
du libraire. 

Art. 20. 

Lorsqu’une publication est acceptée en principe par le Conseil, 
celui-ci nomme, séance tenante, une commission de trois mem¬ 
bres pour examiner le projet -de publication et fixer le chiffre du 
tirage. 

Art. 21. 

Cette commission fait son rapport dans la séance suivante, et,en 
cas d’adoption, il est désigné un membre pour remplir les fonctions 
de commissaire responsable. 

Art. 22. 

Les honoraires attribués aux éditeurs sont déterminés par le 
Conseil pour chaque publication. 

Art. 23. 

Les éditeurs auront droit à dix exemplaires, dont un en papier 
Whatman, de chacune de leurs publications. Dans le cas où une 
publication aurait plusieurs éditeurs,il sera attribué à chacun d’eux 


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— 12 — 


un exemplaire en papier Whatman, imputable sur les dix.Le com¬ 
missaire responsable recevra deux exemplaires, dont un en papier 
Whatman. 

Art. 24. 

La Société n’a pas de bibliothèque. 

Du trésorier et de la commission de comptabilité . 

Art. 25 . 

Le trésorier a l’administration des fonds de la Société, il perçoit 
les cotisations, délivre les quittances, tient le journal de caisse et 
acquitte les dépenses votées en Conseil et visées par l’administra¬ 
teur. 

Art. 26. 

Il propose au Conseil les diverses mesures qui lui paraissent 
utiles pour le placement des fonds de la Société. 

Art. 27. 

11 a voix consultative dans la commission de comptabilité. 

Art. 28. 

La commission de comptabilité nommée dans la première séance 
de l’année, se compose de trois membres. 

Art. 29. 

Elle vérifie les comptes de l’exercice précédent, dresse un projet 
de budget pour l’année qui s’ouvre et le soumet au Conseil dans la 
séance de février. 

Art. 3 o. 

Elle propose, s’il y a lieu, après avoir entendu le trésorier, la 
radiation des membres qui n’ont pas acquitté leurs cotisations. 

Art. Si. 

Ses pouvoirs expirent en mars après approbation donnée par le 
Conseil à ses propositions. 


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LISTE DES MEMBRES 

DE LA 

SOCIÉTÉ DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 

AU i« JUILLET 1902. 


MEMBRES FONDATEURS 


Béthune (baron François), 
[702]. 

Bonnardot (François), [44]. 
f Bordier (Henri), [4]. 

Didot (Alfred), [408]. 
Laborde (marquis J. de), 
[*»]• 

f Lamarle (A.), [261]. 
Laurençon (Léon), [208]. 

Le Pileur (D r Louis), [ 388 ]. 
f Lowell (J.-R.), [401]. 
Meyer (Paul), [21], 
f Pannier (Léopold), [ 25 ]. 
Paris (Gaston), [26]. 


f Queux de Saint-Hilaire 
( marquis de), [ 3 o]. 

f Richard (Ed.), [237). 

f Rœderer (L.), [452]. 

Rothschild (baron Arthur 
de), [11a]. 

Rothschild (baron Edmond 
de), [11 3 ]. 

RoTHscHiLD(baron Henri de), 
[ 6 4 3 ]. 

f Rothschild (baron James 
de), pi]. 

f Schefer (Charles), [466]. 

t Wailly (Natalis de), [2]. 


MEMBRES PERPÉTUELS 


f Andoüillé (A.), [171]. 
f André (Édouard), [i 3 i]. 
f Aron-Duperret(H.),[i47]. 
Avril (baron Adolphe d’), 
[ 556 ]. 

Balsan (Ch.), [247]. 
Batiouskof (Th.), [634]. 
f Bàudry (F.), [ 3 ]. 

Bernon (baron de), [624]. 
Bethmont (D.), [698]. 
f Bonnefont (L.), [204]. 

Bos (le D r ), [154]. 
f Bourmont (comte Amédée 
de), [ 565 ]. 


Bovet (D r E.), [721]. 
f Bradshaw (H.), [ 343 ]. 
Calderon (Th.), [284]. 
Chévrier (Maurice), [571]. 
Cloetta (W.), [670]. 
f Colmet d’Aage (Gabriel), 

[118]. 

Cornu (J.), [ 56 ]. 
f Didot (Ambroise-Firmin), 
[ 8 ]. 

Fagniez (Gustave), [345]. 
f Fournié (D** Éd.), [412]. 
Fréville de Lorme (Marcel 
de), [ 5 9 6 ]. 


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— 14 — 


Furnivàll (Fr.-J.), [37]. 
f Guerle (de) [ 533 ]. 
f Havet (Julien), [45]. 
Havet (Louis). [46]. 
Humbert (l’abbé), [718]. 
Jeanroy (A.), [ 635 ]. 

Joret (Charles), [276]. 

Ker (William P.), [667]. 
Lallement (J.), [309]. 
Langlois (E.) [607]. 

Lelong (Eug.), [ 223 ]. 

Lévy (Émile), [589]. 
t LiMMiNGHE(comtede),[486]. 
Lister (J.-L.), [ 355 ]. 
Longnon (Auguste), [17]. 
f Luge (Siméon), [18]. 
f MARCHESsou(Pierre),[4io]. 
Marchessou (Régis), [649]. 
Marin, [288]. 
f Masson (Georges), [89]. 
Metman (Étienne), [371]. 
Meyer (Paul), [21]. 

Mocatta (Fred.), [637]. 
f Montaiglon (A. de) [24]. 
Morel-Fatio (Alfred), [210]. 
Muret (Ernest), [612]. 
Naville (Louis), [281]. 
f Nicol (H.), [42]. 

Omont (Henry), [590]. 

Paris (Gaston), [26]. 
f Paris (Paulin)„[i]. 
Pélicier (Paul), [611], 
f Perret (Michel), [621]. 
Piaget (Arthur), [632]. 

Picot (Émile), [29], 


Poinsignon (J.), [248]. 

Rajna (Pio), [296]. 

Reuss (Rod.),[i84]. 

Ritter (Eug.), [202]. 
Rothschild (baron Alphonse 
de), [ni]. 

Rothschild (baron Gustave 
de), [114]. 

RoTHSCHiLD(baron Henri de), 
[ 643 ]. 

f Rouzaud (Auguste), [ 5 a 5 ]. 
Roy (Maurice), [ 583 ]. 

Saisset (Paul de), [517]. 
Servois (Gustave), [578]. 
Smith (Miss Lucy Toulmin), 
[ 459 ]. 

Stimming (Dr Albert), [ 3 21]. 
Suchier (A.), [164]. 

Sudre (L.), [659]. 
f Sundby (Thor), [ 323 ]. 
Templier (Armand), [384]. 
Thurneysen (Dr), [ 585 ]. 
Tobler (Adolf), [60]. 

Todd (Henry A.), [ 6 x 3 ]. 
Toynbee (Paget), [608]. 
f Urbain (Fr.), [217]. 

Van Hamel (A.-G.), [598]. 
Viennot (W.), [591]: 
f VlLLEMESSANt(H.de),[307]. 
Walhund (C.), [447]. 
t Weber (Dr Alfred), [396]. 
Wechssler (Ed.), [676]. 
Wesselofski (Alex.), [446]. 
Wulff (Fr.), [569]. 


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5 — 


LISTE GÉNÉRALE 


DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ* 


Aberdeen (Bibliothèque de l’Université d’), [690], Écosse; 
correspondant M. Wefter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4 

Adàlbert College [701], à Cleveland, Ohio, États-Unis 
d’Amérique; correspondant M. Stechert, libraire, rue de 
Rennes, 76. 

Alger (Bibliothèque universitaire d’), [ 588 ] ; correspondant 
M. RufF, libraire, à Alger. 

Amours (F.), [593], professeur de français, Hieh School, 
Glasgow, Ecosse; correspondant M. Picard, libraire, rue 
Bonaparte, 82. 

Amsterdam (Bibliothèque de l’Université d’), [340] ; corres¬ 
pondant M. J. Müller, libraire à Amsterdam. 

Ancona (Aless. d’), [221], correspondant de l’Institut, pro¬ 
fesseur à l’Université de Pise. 

Angers (Bibliothèque publique d’), [723]; correspondant 
M. Siraudeau, libraire, à Angers. 

Arbois de Jubainville (H. d’), [470], membre de l’Institut, 
professeur au Collège de France, boulevard Montparnasse, 
84. 

Archives du département du Nord, Lille, [431] ; aux soins 
de M. Jules Finot, archiviste. 

Archives nationales (Bibliothèque des), à Paris [669]; cor¬ 
respondant M. Picard, libraire, rue Bonaparte, 82. 

Armitage (Rev. Fr.J, [274], 29, Holywell Street, Oxford; cor¬ 
respondant M. Le Soudier, libraire, boulevard Saint- 
Germain, 176. 

Arsenal (Bibliothèque de 1 ’), [116] ; correspondant M. Pi¬ 
card, libraire, rue Bonaparte, 82. 

Asher, [142], libraire, à Berlin, Unter den Linden; corres- 


1 . Les membres dont le nom est précédé d'un astérisque ont droit à un - 
exemplaire sur papier Whatman. 


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— i6 — 


pondant M. Gaulon, libraire, rue Madame, B9 (7 exem¬ 
plaires). 

Athenæum (Bibliothèque de P), [708], à Boston; correspon¬ 
dant M. Terquem, libraire, rue des Mathurins, 5 . 

Aubry (Pierre), [697], ancien élève de PÉcole des Chartes, 
avenue de Wagram, 74. 

Aubry-Vitet (Eug.), [507], rue Barbet de Jouy, 9. 

Avignon (Bibliothèque municipale et Musée Calvet, à) [ 65 o]. 

Avril (baron Adolphe d’), [559], ministre plénipotentiaire, 
rue de LaTrémoïlle, 22 (membre perpétuel). 

Bale (Bibliothèque de PUniversité de), [ 58 ]; corresp. 
M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Bale (Séminaire des langues romanes à PUniversité de), 
r65ij; correspondant M. Welter, libraire, rue Bernard- 
Palissy, 4. 

Balsan (Ch.), [247], rue de la Baume, 8 (membre perpé¬ 
tuel). 

Baltimore (Johns Hopkins University, à), États-Unis 
d’Amérique, [554]; corresp. M. Terquem, libraire, rue 
des Mathurins, 5 . 

Bangor (Bibliothèque de PUniversity College, à), Pays de 
Galles, [674]; correspondant M. Welter, libraire, rue Ber¬ 
nard-Palissy, 4. 

Barthès et Lowell [269], chez Dulau et C*« libraires, Soho 
square à Londres; correspondant M. LeSoudier,libraire, 
boulevard Saint-Germain, 176. 

Batiouskof (Th.), [634], professeur à PUniversité de Saint- 
Pétersbourg; correspondant M. Picard, libraire, rue 
Bonaparte, 82 (membre perpétuel). 

Bàudouin-Bugnet (Maurice), [675], juge au tribunal de Bar- 
sur-Seine (Aube). 

Beau (Gabriel), [ 56 o], boulevard Raspail, 207. 

Bédier (Joseph), [672], maître de conférences à PÉcole nor¬ 
male supérieure, rue Soufflot, 4. 

Belfast f Queen’s College à J, Irlande [492] ; correspondant 
M. Welter, rue Bernard-Palissy, 4. 

Bèmont (Charles], [298], docteur ès lettres, Directeur adjoint 
à l’Ecole des Hautes-Etudes, rue de Condé, 9. 


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— 17 — 


Berlin (Bibliothèque de PUniversité de), fi 55 ] ; correspon¬ 
dant M. Gaulon, libraire, rue Madame, 39. 

Berne (Bibliothèque cantonale de), [62$]; correspondant 
M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Bernon (baron de), [624], docteur en droit* rue des Saints- 
Pères, 3 (membre perpétuel). 

Besançon (Bibliothèque universitaire de), [ 383 ]; correspon¬ 
dant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Bethmont (Daniel), [698], conseiller référendaire à la Cour 
des Comptes, boulevard Emile Augier, 14 (membre per¬ 
pétuel). 

* Béthune (baron François), [702], place de PUniversité, à 
Louvain; correspondant M. Welter, libraire, rue Bernard- 
Palissy, 4 (membre fondateur). 

BirliotecaVittorio-Emmanuele, [45 61 ? au Collège Romain, 
Rome; correspondant M. Loescner, libraire à Rome. 

Bibliothèque de l’Institut de France, Paris. 

Bibliothèque nationale, Paris. 

Bocher [252], professeur à PUniversité Harvard, Cambridge, 
Mass.,Etats-Unis d’Amérique; correspondant,M. Lemoi- 
gne, libraire, rue Bonaparte, 12. 

Bonn (Bibliothèquede PUniversité de), [ 536 ]; correspondant 
M. Per Lamm, libraire, rue de Lille, 7. 

Bonn (Séminaire pour l’étude des langues romanes à l’Uni¬ 
versité de), [617]; correspondait M. Fr. Cohen, libraire 
à Bonn. 

•Bonnardot (François!, [44],conservateur delà Bibliothèque 
de Verdun (Meuse) (membre fondateur). 

Bordeaux (Bibliothèque universitaire de), [646] ; correspon¬ 
dant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, 82. 

Bos(DrAlph.), [154], cours Lieutaud, 52 , Marseille (membre 
perpétuel). ; ; 

Boston (Bibliothèque publique de), États-Unis [441] ; cor- 
resp. M. Terquem, liDraire, rue des Mathurins, 5 . 

Boucher (Adg.), [362], ancien élève de l’École normale su¬ 
périeure, directeur du Journal du Loiret , rue du Bœuf- 
Saint-Paterne, 24, Orléans. 

BULLETIN. — 1902 2 


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Boucherie (Adhémar), [582], chef de bataillon en retraite, 
rue Saint-Gelais, 18, Angoulême. 

Bouchet (Émile), [610], rue Saint-Jean, 58 , Dunkerque. 

Bourdillon (F. W.), [ 653 ], Buddington, Midhurst (Sussex) ; 
correspondant M. Nutt, libraire à Londres. 

Bovet (D r E.), [721], professeur à l’Université de Zurich, 
Pestalozzistrasse,29,Zurich ; correspondant M. Brockhaus, 
libraire, rue Bonaparte, 17 (membre perpétuel). 

Brera (Bibliothèque nationale), à Milan, [660] ; correspon¬ 
dant M. Mellier, libraire, rue Séguier, 17. 

Brooke (Th.), [ 5 o 8 ], Armitage Bridge, Huddersfield, Angle¬ 
terre. 

Brunot (F.), [594], professeur à la Faculté des Lettres de 
Paris, avenue aOrléans, 4. 

Bryn-Mawr College Library, [724], Philadelphie, Pensyl- 
vanie, Etats-Unis d’Amérique; correspondant M. Stechert, 
libraire, rue de Rennes, 76. 

Caen (Bibliothèque universitaire de), [573]; correspondant 
M. Jouan, libraire à Caen. 

Calderon (Th.), [284], rue Royale, 24 (membre perpétuel). 

Cambridge (Bibliothèque de l’Université de), [367]; corres¬ 
pondait M. Je Soudiez, libraire, boulevard St-Germain, 
176 . 

Cahfîeld (Arthur G.], [ 63 ^ 1 , professeur de français à l’Uni- 
site de Michigan, Ann-Arbor, Etats-Unis d’Amérique; cor¬ 
respondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Casati (Charles),. [5 581 conseiller honoraire à la Cour d'ap¬ 
pel de Paris, rue A^rcd de Vigny, 16. / 

Chabaneau (Camille),[94], correspondant d$ l’Institut, ancien 
maître de conférences à la Faculté des Lettres de Montpel¬ 
lier, villa Marie, Montpellier. 

Champion (H.), [245], libraire, quai Voltaire, 9. 

•Chavanç (P.), [328], placeJDarcy, 19, Dijon (Côte-d’Or). 

Chetham Library, [639], â Manchester; Correspondant 
M. Nutt, libraire à Londres. 

Chévrier (Maurice), [571], attaché au ministère des affaires 
étrangères, rue Jacob, î 5 (membre perpétuel). 


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— i 9 — 


Chicago (University Press), [700] ; correspondant M. Welter, 
libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Christiania (Bibliothèque de T Université de), [618] ; corres¬ 
pondant M. Per Lamm, libraire, rue de Lille, 7. 

Claudin (A.), [234], libraire, rue Dauphine, 16. 

Clédat (Léon), [616], doyen de la Faculté des Lettres de 
Lyon, rue Molière, 29, Lyon. 

Clermont-Ferrand (Bibliothèque universitaire de), [641]; 
correspondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Cloetta (W.), [670], professeur à PUniversité de Jena; 
correspondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4 
(membre perpétuel). 

Columbia (Bibliothèque de PUniversité de), [692], Missouri, 
Etats-Unis d’Amérique ; correspondant M. Picard, libraire, 
rue Bonaparte, 82. 

Columbia University (Bibliothèque de), [677], à New-York; 
correspondant M. Stechert, libraire, rue de Rennes, 76. 

Constans (L.), [173], professeur à la Faculté des Lettres 
d’Aix (Bouches-du-Rhône). 

Copenhague (Bibliothèque de PUniversité de) ; [687] ; corres¬ 
pondant M. Per Lamm, libraire, rue de Lille, 7. 

Copenhague (Bibliothèque royale de), [1 5 1] ; correspondant 
M. Lemoigne, libraire, rue Bonaparte, 12. 

Cormenin (R. de), [242], rue de l’Arcade, 25 . 

Cornell University [660], Ithaca, États-Unis d’Amérique; 
correspondant M. Stechert, libraire, rue de Rennes, 76. 

Cornu (J.), [ 56 ], professeur à PUniversité de Graz (Styrie), 
(membre perpétuel). 

Coulet (C.), [260], libraire-éditeur, à Montpellier. 

Couraye du Parc (Joseph), [562], bibliothécaire à la 
Bibliothèque nationale, boulevard Saint-Michel, 79. 

Courcel (Valentin de), [369], rue de Vaugirard, 20. 

Crescini (Vincent), [715], professeur à PUniversité de 
Padoue. 

Crouslé, [373], professeur à la Faculté des Lettres de Pa¬ 
ris, rue Claude Bernard, 58 . 


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— 20 — 

Dareste (Rod.), [168], membre de l’Institut, conseiller 
honoraire à la Cour de Cassation, quai Malaquais, 9. 

Darmstadt (Bibliothèque grand-ducale de), [ 665 ] ; corres¬ 
pondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Daspit de Saint-Amand, [ 5 11], La Réole, Gironde. 

David (M me veuve), [657], rue des Saints-Pères, 81. 

Delaville Le Roulx (Joseph), [ 3 00], ancien élève de l’École 
des Chartes, docteur ès lettres, rue de Monceaux, 52 . 

Delboulle (A.), [481], professeur honoraire de l’Université, 
à Grandcourt, Seine-Inférieure. 

Delisle (L.), [7I, membre de l’Institut, administrateur 
général de la Bibliothèque nationale, rue des Petits- 
Champs, 8. 

Demaison (Louis), [2 q5 ], ancien élève de l’École des Chartes, 
archiviste de la ville de Reims, rue Nicolas Perseval, 21, 
Reiçis. 

Densusianu (Ovide), [693], Strata regala, Bucarest (Rou¬ 
manie). 

• Didot (Alfred), [408], libraire-éditeur, rue de Varenne, 61 
(membre fondateur). 

Dijon (Bibliothèque de l’Université de), [695] ; correspon¬ 
dant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Dorveaux (Dr), [714], bibliothécaire de l’École supérieure 
de Pharmacie de l’Université de Paris, avenue de l’Ob¬ 
servatoire, 4. 

Dreyfus (Ferd.), [2o3], avocat, avenue de Villiers, 98. 

Drujon (Fernand), [219], attaché au cabinet du Préfet de 
police. 

Dupont (Pauh, [668], maître de conférences à la Faculté des 
Lettres de Lille, rue d’Anjou, 4, Lille. 

Dyxes (Fred.), [391], Wakefield and Barnsby Union Bank, 
Wakefield, Angleterre; correspondants MM. Dulau et O*, 
libraires à Londres, et M. Le Soudier,libraire, boulevard 
Saint-Germain, 176, 

École normale supérieure, [121], rue d’Ulm, 45; corres¬ 
pondant M. Fontemoing, libraire, rue Legoff, 4. 

École supérieure de Pharmacie (Bibliothèque de 1 *), [710], 
avenue de l’Observatoire, 4. 


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— 21 — 


Eichthàl (Eugène d*), [207], boulevard Malesherbes, 144. 

Fagniez (Gustave), [345], membre de l’Institut, Meudon, 
Seine-et-Oise (membre perpétuel). 

Falk fils, [706], libraire, 15-17, rue du Parchemin, Bruxelles. 

Fécamp (Albert), [449], bibliothécaire de la Bibliothèque 
universitaire, Montpellier. 

Flach (Jacques), [414], professeur au Collège de France, rue 
de Berlin, 37. 

Flamare (Henri de), [ 633 ] archiviste de la Nièvre, rue de 
Prunevaux, 2, à Nevers, 

Florence (Bibliothèque nationale de), [629]; correspondants 
MM. Boccafrères, libraires à Florence. 

Fould (Léon), ]529], Cours-la-Reine, 36 . 

Fournier (Dr Alfred), [90], professeur à la Faculté de Méde¬ 
cine, médecin des hôpitaux, rue de Miromesnil, 77. 

Franqueville (Gaston de), [549], château de Bizanos, par 
Pau (Basses-Pyrénées). 

Fréville de Lorme (Marcel de), [596], conseiller référen¬ 
daire à la Cour des Comptes, rue Cassette, 12 (membre 
perpétuel). 

F ribourg-en-Brisgau (Bibliothèque de PUniversité de), [ 58 o]. 

Friedwagner (Dr Mathias), [709], professeur à PUniversité 
de Cernowitz (Autriche-Hongrie). 

Furnivall (D r Fr.-J.), [37], directeur de YEarly English 
Text Society , 3 , St-George’s Square, Primrose Hill, Lon¬ 
dres, N. (membre perpétuel). 

Gamber, [719], libraire, rue de PUniversité, 2. 

Geijer (Pierre-Adolphe), [3 58 ] professeur à PUniversité d’Up- 
sal. 

Genève (Bibliothèque publique de), [428]; correspondant 
M. Delagrave, libraire, rue Soufflot, i 5 . 

GEROLDet Cie, [6i5], libraires à Vienne (Autriche); corrres- 
pondant M. Gaulon, libraire, rue Madame, 39 (2. exem¬ 
plaires). 

Gevaert (Aug.), [63], membre de l’Institut, directeur du 
Conservatoire royal de musique, à Bruxelles. 

Giessen (Bibliothèque de PUniversité de), [654] ; correspon¬ 
dant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 


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22 


Girton College (Bibliothèque de), [699k près Cambridge, 
Angleterre; correspondant, M. Le Soudier, libraire, bou¬ 
levard Saint-Germain, 176. 

Gotha (Bibliothèque erand-ducale de), Allemagne, [86] ; cor¬ 
respondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Gothembourg (Bibliothèque de PUniversité de), Suède 
[645] ; correspondant, M. Brockhaus, rue Bonaparte, r 7. 

Gœttingue (Séminaire pour l’étude des langues romanes, à 
PUniversité de),[ 656 ]; correspondant M. Welter, libraire, 
rue Bonaparte, $9. 

Gratz (Styrie) (Bibliothèque de PUniversité de), [465]; cor¬ 
respondant, M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Grenoble (Bibliothèque municipale de), [82]; correspondant 
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, 82. 

Grenoble (Bibliothèque universitaire de), [595] ; correspon¬ 
dant M. Picard, libraire, rue Bonaparte, 82. 

Grœber (G.),[4851,professeur à PUniversité de Strasbourg; 
corresp. M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy,4. 

Guiffrey [J.-J.), [ 38 1], membre de l’Institut, directeur de 
la manufacture des Gobelins, avenue des Gobelins, 42. 

Halle (Bibliothèque de PUniversité de), [ 56 /]; correspon¬ 
dant M. A. Schulz, rue de la Sorbonne, 4. 

Hambourg (Bibliothèque de la ville de), [io 3 ] ; correspondant 
M. Lucas Gràfe, libraire, Rathhausmarkt, i 5 , Hambourg. 

Harrassowitz (Otto), [681], libraire à Leipzig. 

Harvard University (Bibliothèque de), [229], à Cambridge, 
Etats-Unis d’Amérique; correspondant M. Gaulon, li¬ 
braire, rue Madame, 39 (2 exemplaires ). 

Havet (Louis), [46], membre de l’Institut, professeur au Col¬ 
lège de France, avenue de l’Opéra, 5 (membre perpétuel). 

Havre (Bibliothèque municipale du), [644] ; correspondant 
M. Bourdignon nls, libraire, place Gambetta, 19, Le Havre. 

Hayem (Julien), [75], rue du Sentier, 38 . 

Heidelberg (Bibliothèque de PUniversité de), [570]; corres¬ 
pondant M. Gaulon, libraire, rue Madame, §9. 

Héron (A.), [ 55 1], rue du Champ-du-Pardon, 20, Rouen. 

JJodges, Foster et C*«, [317], libraires à Dublin; corres- 


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— 23 — 


pondants MM. Dulau et O, libraires à Londres, et M. Le 
Soudier, libraire, boulevard Saint-Germain, 176 (2 exem¬ 
plaires). 

Huet (G.), [ 638 ], sous-bibliothécaire à la Bibliothèque na¬ 
tionale, rue Spontini, i 3 . 

Huguet (Edmond) [661], maître de conférences à la Faculté 
des lettres de Caen, rue Basse, 17, à Caen; correspondant 
M. Henri Huguet, rue du Cardinal-Lemoine, 71. 

Humbert (L’abbé), [718), professeur au grand Séminaire 
de Verdun (membre perpétuel). 

Iéna (Séminaire pour l’étude des langues romanes, à l’Uni¬ 
versité de), [671] ; correspondant M. Welter, libraire, rue 
Bernard-Palissy, 4. 

Jarnik (Jean-Urbain), [87], professeur à l’Université tchèque 
de Prague. 

Jeanroy (A.), [ 635 ], professeur à la Faculté des Lettres de 

. Toulouse, rue Neuve Monplaisir, 4, Toulouse (membre 
perpétuel). 

Jolivald (l’abbé Ph.), [ 368 ], à Mandern, par Sierck, Lor¬ 
raine, correspondant M. Pierre Jolivald, boulevard Saint- 
Marcel, 28. 

Jonquière (J.), [126], boulevard Émile Augier, 10. 

Joret (Charles), [276], membre de l’Institut, professeur 
honoraire à la Faculté des Lettres d’Aix, rue Madame, 5 g 
(membre perpétuel). 

Jouon des Longrais (Fréd.), rue des Lices, 28, Rennes. 

Kansas (Library ofthe University 0^727], Lawrence, Kan¬ 
sas, Etats-Unis d’Amérique; correspondant M. Stechert, 
libraire, rue de Rennes, 76. 

Keidel (George C.), [691], John-Hopkins University, Bal¬ 
timore, Etats-Unis d’Amérique ; correspondant M. welter, 
libraire, rue Bernard-Palissy, 4 

Ker (William P.), [667], Gower Street, 95, Londres; cor¬ 
respondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4 
(membre perpétuel). 

* Kermaingant (P. L. de), [389], avenue des Champs-Ely¬ 
sées, 102. 

Kiel (Bibliothèque de l’Université de), [592], 

King’s College (Bibliothèque de), [620]* à Cambridge,-An- 


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gleterre ; correspondant M. Le Soudier, libraire, boule¬ 
vard Saint-Germain, 176. 

King's InnsLibrary, [290], Henrietta Street, Dublin; corres¬ 
pondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

*Laborde (marquis J. de), [i 5 ], quai d’Orsay, 25 (membre 
fondateur). 

Lafenestre (Georaes), [191], membre de l’Institut, conserva¬ 
teur au Musée au Louvre, avenue Lakanal, 5 , Bourg-la- 
Reine (Seine). 

La Haye (Bibliothèque royale de), [704]; correspondant 
M. Per Lamm, libraire, rue de Lille, 7, 

Lair (J.), [74], membre de l’Institut, directeur des entre¬ 
pôts et magasins généraux de Paris, boulevard de la 
Villette, 204. 

Lallement (J.), P09], rue du Bac, 63 (membre perpé¬ 
tuel). 

Langlois (E.), [607], doyen de la Faculté des lettres de 
Lille, rue d’Artois, 11, Lille (membre perpétuel). 

Lanson (Gustave), [720], maître de conférences à la Sor¬ 
bonne, rue du Val-de-Grâce, 9. 

* Laurençon (Léon), [208], député des Hautes-Alpes, avenue 
du Trocadéro, 21, (membre fondateur). 

Lausanne (Bibliothèque cantonale de), [ 655 ]; correspondant 
M. Payot, libraire à Lausanne (Suisse). 

Le Blondel, [461], libraire à Meaux, Seine-et-Marne. 

Leipzig (Bibliothèque de l’Université de), [537]. 

Lelong (Eug.), [ 223 ], chargé de cours à l’École des Chartes, 
rue Monge, 59, (membre perpétuel), 

* Le Pileur (Dr Louis), [ 388 ], rue de l’Arcade, i 5 (membre 
fondateur). 

Leroy-Beaulieu (Anatole), [i 5 o], membre de l'Institut, rue 
Pigalle, 69. 

Levy (Émile), [ 58 q], professeur à l’Université de Fribourg- 
en-Brisgau, Baae (membre perpétuel); correspondant M. 
Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Liège (Bibliothèque de l’Université de), [ 5 1] ; correspondant 
M. Demarteau, libraire à Liège. 

Lille (Bibliothèque des Facultés catholiques, à), [382] ; cor¬ 
respondant M. Picard, libraire, rue Bonaparte, 82. 


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- 25 


Lille (Bibliothèque universitaire de), [642] ; correspondant 
M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Lisieux (Bibliothèque municipale de), [ 53 ], Calvados. 

Lister (J.-L.), [ 3551 , Shibden Hall, Halifax, Angleterre 
(membre perpétuel). 

Liverpool (Bibliothèque de l’University College, à), [686]; 
correspondant M. Nutt, libraire à Londres. 

Longnon (Auguste), [17], membre de l’Institut, professeur 
au Collège de France, rue de Bourgogne, 52 (membre 
perpétuel). 

Lund (Bibliothèque de l’Université de),[627] ; correspondant 
M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Lyon (Bibliothèque universitaire de), rue del’Hôtel-de-Ville, 
[464]; correspondant M. Picard, libraire, rue Bona¬ 
parte, 82. 

Màdisson (Bibliothèque de l’Université de),[679], Wisconsin, 
Etats-Unis d’Amérique; correspondant M.Welter,libraire, 
rue Bernard-Palissy, 4. 

Mandrot (Bernard de), [76], ancien élève de l’École des 
Chartes, avenue du Trocadéro, 42. 

Mans (Bibliothèque municipale du), [257]; correspondant 
M. Pellechat, par M. Lemoigne,libraire, rue Bonaparte, 12. 

Marande (A.), [602], rue Saint-Michel, 1, Le Havre. 

MARROURG-en-Hesse,(Bibliothèque de l’Université de), [211]. 
correspondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

MARBOüRG-en-Hesse (Séminaire pour l’étude des langues 
romanes à l’Université de), [212]; correspondant M. Wel¬ 
ter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Marchessou (Régis), [649], imprimeur au Puy, Haute-Loire 
(membre perpétuel). 

Marin, [288], Bllhl, par Guebwiller (Alsace), (membre per¬ 
pétuel). 

Mathieu [282], àThouars (Deux-Sèvres). 

Matzke (John), [711], professeur à l’Université de Chicago. 

Mély (Fernand de), [606], rue de la Trémoïlle, 26. 

Metman (Étienne), [ 3 yi], avocat, place Saint-Michel, 25 , 
Dijon (membre perpétuel). 


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— 26 — 


* Meyer (Paul), [2 il, membre de l’Institut, professeur au Col¬ 
lège de France, directeur de l’Ecole des Chartes, avenue 
de La Bourdonnais, 16 (membre fondateur et perpétuel). 

Meyer-LUbke (Wilhelm), [ 63 1], professeur extraordinaire à 
l’Université de Vienne. 

Michigan (Bibliothèque de l’Université de), [664], Ann- 
Arbor, Etats-Unis d’Amérique; correspondant M. Welter, 
libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Middletown (Library ofthe Wesleyan U ni versity), Connec¬ 
ticut [647J ; correspondant M. Welter, libraire, rue Ber- 
nard-Palissy, 4. 

Minneapolis (Bibliothèque de l’Université de), [666], Minne¬ 
sota, Etats-Unis d’Amérique. 

Mocatta (Fred.), [ 63 y], Connaught Place, 9, Londres 
(membre perpétuel). 

Montaud (Maurice de), [?o 5 ], avocat, juge suppléant, rue 
Régale, 3 , Nîmes. 

Morel-Fatio (Alfred), [210], secrétaire de l’École des Char¬ 
tes, directeur adjoint à l’Ecole des Hautes-Etudes, rue de 
Poissy, 14 (membre perpétuel). 

Mouravit (G.), [ 543 ], notaire, rue des Prêcheurs, 34, Aix- 
en-Provence ; correspondant M. Picard, libraire, rue 
Bonaparte, 82*. 

Munich (Bibliothèque de la Cour à), [ 3 oi]; correspondant 
M. Per Lamm, libraire, rue de Lille, 7. 

Munich (Séminaire royal de philologie moderne à l’Uni¬ 
versité de), [424] ; correspondant M. Gaulon, libraire, rue 
Madame, 3 g. 

Munster (Bibliothèque Paulina, à), Westphalie, [ 333 ] ; cor¬ 
respondant M. Reinwald, libraire, rue des Saints-Pères, i 5 . 

Muret (Ernest), [612], professeur à l’Université de Genève, 
rue Tœpffer, 19, Geneve, (membre perpétuel). 

Musée Condé, [703], à Chantilly (Oise). 

Mussafia (Ad.), [84], correspondant de l’Institut, profes¬ 
seur à rÙniversite de Vienne. 

Naville (Louis), [281], cours des Bastions, i 5 , Genève; 
correspondant M. Lemoigne, libraire, rue Bonaparte, 12 
(membre perpétuel). 


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- 27 — 


Neumann (Fr.), [ 538 ], professeur à l’Université de Heidel¬ 
berg; correspondant M. Welter, libraire, rue Bernard- 
Palissy, 4 

Newcastle upon Tyne (The Literary and Philosophical So¬ 
ciety), [349], (Angleterre) ; correspondants MM. Dulau et 
O, libraires à Londres. 

New-York Public Library, [ 458 ], à New-York; correspon¬ 
dant M. Gaulon, libraire, rue Madame, 3 g. 

New-York State Library, [ 663 ], Albany, États-Unis 
d’Amérique ; correspondant M. Stechert, rue de Rennes, 76. 

Noordhoff, [662], libraire à Groningue (Pays-Bas); corres¬ 
pondant M. Albert, rue Favart, 6. 

Novati (Francesco), [625), professeur à l’Université de Milan, 
Borgonuovo, 18, Milan. 

Nutt (D.), [ 273 ], 270, Strand, Londres; correspondant la li¬ 
brairie Hacnette,boulevard Saint-Germain (2exemplaires). 

Nyrop (Kr.), [488]professeur à l’Université de Copenhague, 
Rathsacksvei, 1,Copenhague; correspondants MM. Groux 
et C»e, libraires, cour du Commerce, 17. 

Omont (Henry), [ 5 oo], membre de l’Institut, conservateur 
du département des manuscrits de la Bibliothèque natio¬ 
nale, rue Raynouard, 17, Passy-Paris (membre perpétuel). 

Oxford (Bibliothèque Bodléienne, à), [ 3 o 5 ] ; correspondant 
M. Le Soudier, libraire, boulevard Saint-Germain, 176. 

Pange (comte Maurice de), [604], rue de Murillo, 8 ; corres¬ 
pondant M. Leclerc, libraire, rue Saint-Honoré, 219. 

* Paris (Gaston), [26], membre de l’Institut (Académie fran¬ 
çaise et Académie des inscriptions et belles lettres], admi¬ 
nistrateur du Collège de France, président honoraire de la 
section d’histoire et de philologie de l’Ecole des Hautes 
Etudes, au Collège de France, (membre fondateur et 
perpétuel). 

Parker et C i# , [ 5 oo], libraires, à Oxford; corresp. M. Le 
Soudier, libraire, boulevard Saint-Germain, 170 ,(2 exem¬ 
plaires). 

Pasquier (l’abbé H.), [406], directeur de l’École Saint- 
Aubin, à Angers. 

Passy (Louis), [240], membre de l’Institut, député, rue de 
Clichy, 45. 


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Pasteur (Adolphe), [43 5 J, villino Pasteur, San Remo, Italie; 
correspondant M. Guiet, rue Saint-Lazare, 80. 

Peabody Institute (The), [546], Baltimore, États-Unis ; 
correspondant M. Terquem, libraire, rue des Mathurins, 5 . 

Pélicier (Paul), [611], archiviste du département de la 
Marne, Châlons-sur-Marne (membre perç>étuel). 

• Périer (Ferdinand), [275], rue d’Erlanger, 20. 

Piaget (A.), [ 632 ], professeur à l’Académie de Neuchâtel, 
rue des Poudrières, 7, Neuchâtel, Suisse (membre perpé¬ 
tuel). 

Picot (Émile), [2g], membre de l’Institut, professeur à l’École 
des langues orientales vivantes, avenue de Wagram, i 35 
(membre perpétuel). 

Picot (Georges), [1 83 ], secrétaire perpétuel de l’Académie des 
sciences morales et politiques, rue Pigalle, 54. 

Poinsignon (J.), [248], libraire, place de l’Hôtel-de-Ville, 10, 
Le Havre (membre perpétuel). 

Porquet, [419], avenue de l’Opéra, 10. 

Prarond (Ernest), [460], à Abbeville. 

Prague (Bibliothèque de l’Université de), [496]; correspon¬ 
dant M. Koehler, libraire à Leipzig. 

Rahir, [707], libraire, passage des Panoramas, 55 . 

Rajna (Pio), [296], professeur à l’Institut des études supé¬ 
rieures à Florence, via Cavour, 84, Florence (membre 
perpétuel). 

Rath, [680], libraire à Buda-Pest. 

Raynaud (Gaston), [79], bibliothécaire honoraire au dépar¬ 
tement des manuscrits de la Bibliothèque nationale, 
avenue de Villiers, i 3 o (2 exemplaires). 

Rencogne (Pierre de), [509], rue du Minage, 47, Angou- 
lême. 

Rennes (Bibliothèque universitaire de), [619] ; correspon¬ 
dant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Reuss (Rod.), [184], maître de conférences à l’École des 
Hautes Études, rue Albert Joly, 52 , Versailles (membre 
perpétuel). 

Ritter (Eug.), [202], professeur à l’Université de Genève, 
rue du Mont-de-Sion, 4, Genève correspondant M. 


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- *9 — 

Schlachter, libraire, rue de l’Eperon, 5 , (membre per¬ 
pétuel. 

Robert (Ulysse), [387], inspecteur général des Bibliothèques 
et Archives, avenue Quinou, 3 o, Saint-Mandé, Seine. 

Roques (Mario), [712], agrégé de l’Université, boulevard 
Saint-Germain, 4. 

Rothschild (baron Alphonse de), [111], membre de l’Insti¬ 
tut, rue Saint-Florentin, 2 (membre perpétuel). 

* Rothschild (baron Arthurde), [112], avenue Montaigne, 

57, (membre fondateur). 

‘Rothschild (baron Edmond de), [ii 3 ], rue du Faubourg 
Saint-Honoré, 41 (membre fondateur). 

Rothschild (baron Gustave de), [114], rue Laffitte, 23 (mem¬ 
bre perpétuel). 

‘Rothschild (baron Henri de), [643], avenue de Friedland, 

42 (membre fondateur et perpétuel). 

Rothschild (Bibliothèque publique Charles de), [696], à 
Francfort-sur-le-Mein. 

Rouen (Bibliothèque publique de), [725]; correspondant 
M. Lestringant, libraire, à Rouen. 

Roy (Constant), [717], agrégé de l’Université, professeur au 
Lycée de Lyon, rue Pierre-Corneille, 121, Lyon. 

Roy (Maurice), [ 583 ], conseiller référendaire à la Cour des • 
Comptes, rue de Bellechasse, 3 i (membre perpétuel). 

Saisset (Paul de), [517], avenue Victor Hugo, 44 (membre 
perpétuel). 

Salmon (A.), [640], avenue des Gobelins, 12. 

Salverda De Grave (Jean- Jacaues), [689], à la Haye; corres¬ 
pondant M. Pedone-Lauriel, libraire, rue Soumot, i 3 . 

Servois (Gustave), [578], ancien directeur des Archives na¬ 
tionales, boulevard Malesherbes, 101 (membre perpétuel). 

Sheldon (E. S.), [648], Francis Avenue, 11, Cambridge, 
Massachusetts, États-Unis d’Amérique. 

Simmel et C i# , [ 683 ], libraires à Leipzig (3 exemplaires). 

Smith (Miss Lucy Toulmin), [459], 1, Park Terrace, Oxford 
(membre perpétuel). 

Sœderhjelm (W.), [622], professeur à l’Université de Hel- 
singfors, Finlande; correspondant M. Welter, libraire, 
rue Bernard-Palissy, 4. 


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— 3 o — 


Sorel (A). [409], membre de l’Institut, (Académie française 
et Académie des sciences morales et politiques), professeur 
à l’Ecole libre des sciences politiques, au palais de la Pré¬ 
sidence du Sénat. 

Steffens (D r G.), [7i3], Kôniestrasse. 65 11, à Bonn, Alle¬ 
magne; correspondant, M. Welter, libraire, rue Bernard- 
Pafîssy, 4. 

Stengel (Edm.), [21 3 ], professeur à TUniversité de Greifs- 
wald; correspondant M. Welter, libraire, rue Bernard- 
Palissy, 4 

Stimming (D r Albert), [ 32 1], professeur à l’Université de 
Gœttingue,Allemagne; correspondant M.Welter, libraire, 
rue Bernard-Palissy, 4 (membre perpétuel). 

Stockholm (Bibliothèque royale del, [370]; correspondant 
M. Le Soudier, libraire, boulevard Saint-Germain, 176. 

Strasbourg (Bibliothèque de l’Université de),[ 23 i] ; corresp. 
M. Lemoigne, libraire, rue Bonaparte, 12. 

Strasbourg (Séminaire pour l’étude des langues romanes, 
à l’Université de), [404J; correspondant M. Welter, li¬ 
braire, rue Bernard-Palfssy, 4. 

Straus (Émile), [106], avocat, boulevard Haussmann, 134. 

Suchier (H.), [164],professeur à l’Université de Halle (mem¬ 
bre perpétuel). 

• Sudre (L.), [ 65 q], professeur au collège Stanislas, rue d’As- 
sas, 24 (membre perpétuel). 

Talbert (F.)f [X07I , rue Moreau, 5 , à Saint-Denis (Seine); 
correspondant M. Fontemoing, libraire, rue Legoff, 4. 

Tempier (D), [i 65 ], archiviste des Côtes-du-Nord, Saint- 
Brieuc. ■ . 

Templier (Armand), [384], de la librairie Hachette, boule¬ 
vard Saint-Germain, 77 (membre perpétuel). 

Thomas (Antoine), [524] , professeur à la Faculté des Lettres 

. de Paris, rue Léopold^Kobert, 10.. 

Thompson (SirE. Maunde), [i<j 3 ], correspondant de l’Institut, 
directeur du. Musée Britannique, Londres ; correspondants 
MM. Dulau ef O, libraires à Londres, et M* Le Soudier, 
libraire, boulevard Saint-Germain, 176. 

Thurgovie (Bibliothèque du canton de), [694], à Frauenfeld, 
Suisse; correspondant M.Welter* libraire, rue Bernard- 
Palissy, 4. 


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- 3i — 


Thurneysen (D«* R.), [ 585 ], chargé de cours à l’Université 
de Fribourg-en-Brisgau ; correspondant la librairie 
Bouillon, rue Richelieu, 67 (membre perpétuel). 


Tobler (Adolf), [60] correspondant de l’Institut, professeur 
à l’Université de Berlin* Kurfürstendamm, 25 , Berlin W. ; 
correspondant M. Gaulon, libraire, rue Madame, 39 
(membre perpétuel). 

Todd (H.-A.), [61 3 ), Columbia College, New-York, États- 
Unis d’Amérique, (membre perpétuel). 

Toronto (Bibliothèque de l’Université de), Canada, [ 638 ]; 
correspondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Toulouse (Bibliothèque universitaire de), [597]. 

Toynbee (Paget), [608], Dorney Wood, Burnham, Bucks, 
Angleterre; correspondant M. Welter, libraire, rue Ber¬ 
nard-Palissy, 4 (membre perpétuel). 

Tubingue (Bibhothèque de l’Université de), [471]/; corresp. 
M. Pedone-Lauriel, libraire, rue Soufflot, i 3 . 

Turin , (Bibliothèque nationale de), [ 566 ]; correspondant 
M. Le Soudier, libraire, boulevard Saint-rGermain, ,176. 

Ulrich (Jacob), [463], professeur à l’Université 1 de Zurich, 
Suisse. 


Upsal 



(Séminaire philôlogique de l’Université d’), Suède, 
; corresp. M. Per Lamm, libraire, rue Saint-Honoré, 


Vander Haeghen (F.), [ 36 o|, correspondant de l’Institut, 
bibliothécaire de l’Université de Gand, Belgique. 


Van Hamel (A.-G.), [ 5 ^ 8 ], professeur de langue et littérature 
française à l’Université de Groningue, Pays-Bas (membre 
perpétuel). 


Viennot (William), [591], boulevard Saint-Germain, 202 
(membre perpétuel). 


Vire (Bibliothèque municipale de), [716]. 

Vogüé (le marquis de), [110], membre de l’Institut, rue Fa- 
bert, 2. 


Vollmœller (Karl),[ 363 ], Wienerstrasse, 25 , à Dresde; cor¬ 
respondant M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Wahlund (C.), [447], professeur honoraire à l’Université 
d’Upsal (Suède), (membre perpétuel). 


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- 32 — 


Wallenskôld (Axel), [722], professeur à ^Université de 
Helsingfors, Finlande ; correspondant M. Welter, libraire, 
rue Bernard-Palissy, 4. 

Warocqué (Raoul), [626], 45, avenue des Arts, Bruxelles. 

Watkinson Library [ 685 ], à Hartfort, Connecticut, États- 
Unis d’Amérique; correspondant M. Welter, libraire, rue 
Bernard-Palissy, 4. 

Wechssler (Édouard), [676], Gartestrasse, 1, Halle-sur- 
Saale ; correspondant M. Welter, libraire, rue Bernard- 
Palissy, 4 (membre perpétuel). 

Weimar [Bibliothèque de), [1 53 ], Allemagne ; correspondant 
M. Welter, libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Welter (H.), [623], libraire, rue Bernard-Palissy, 4. 

Wesselofsky (Alex.), [446], professeur à l’Université de 
Saint-Pétersbourg (membre perpétuel). 

Willems (A.), [ 65 ], professeur à l’Université de Bruxelles, 
chaussée de Haecht, 70, Bruxelles. 

Wulff (Fr.),[569],professeur agrégé à l’Université de Lund, 
Suède : correspondant M. welter, libraire, rue Bernard- 
Palissy, 4 (membre perpétuel). 

Yale UmvERSiTY,r4i5], à New-Haven, États-Unis d’Améri¬ 
que ; correspondant M. Stechert, libraire, rue de Rennes, 

7 6 - 

Zurich (Bibliothèque cantonale de), Suisse, [ 553 ]. 


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LISTE DES MEMBRES 


DU 

CONSEIL D’ADMINISTRATION 

POUR L’ANNÉE 1902-1903 


MM. Avril (Baron d’). 
Bédier. 

Bonnardot. 

Brunot. 

Didot. 
de Fréville. 

Huet. 

Joret. 

Laborde (Marq is de). 
Lelong. 

Longnon. 

Meyer. 

Président .. MM 

Vice-présidents . 

Administrateur . 

Secrétaire ... 

Secrétaire-adjoint ... 

Trésorier . 

Trésorier-adjoint .... 


MM. Morel-Fatio. 
Muret. 

Paris. 

Picot (É). 

Raynaud. 

Robert. 

Rothschild (Baron 
E. de). 

Roy. 

Servois. 

SüDRE. 

Thomas. 

Thomas. 

Paris, Joret. 

Raynaud. 

Meyer. 

Huet. 

de Rothschild (Baron E. ). 
Picot (E). 


BULLETIN. — 1902 


3 


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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 

DES • 

ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 


PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 


SÉANCE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 
Tenue à l’École des Chartes le 22 janvier 1902. 


Présidence de M. le baron d’Avril, président . 

Nouveau membre : M. Axel Wallenskôld, professeur 
à l’Université de Helsingfors, Finlande, correspondant 
M. Welter, libraire. 

État des impressions : Gace Brûlé, sept feuilles tirées, 
feuille 8 en page, le commencement de l'introduction 
en placards. — Tristan, de Béroul, deux feuilles tirées, 
feuilles 3 à 6 en pages, feuilles 7 et 8 en placards. — 
Robert le Diable , deux feuilles tirées, feuilles 3 et 4 en 
pages, feuille 5 en placards. — Sotties , deux feuilles en 
pages, feuille 3 en placards. — Bulletin n° 2 de 1901, 
en placards. 

Les deux volumes affectés à l’exercice de 1901, VApo¬ 
calypse (introduction et texte), et le t. X d’Eustache 
Deschamps, viennent d’être mis en distribution. 

M. le Trésorier fait savoir, que, ayant reconnu des 
irrégularités fâcheuses dans le recouvrement des coti- 


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- 35 — 

sations de l’exercice 1901, il renonce à employer la 
maison qui jusqu’alors avait été chargée de ces recou¬ 
vrements, et désormais fera présenter les factures par 
l’adminisfration des postes. 

Sur la proposition de M. l’administrateur, le Conseil 
décide que, passé un délai de cinq ans, la Société ne 
garantira plus la remise des volumes non réclamés. 

M. le Président communique au Conseil une lettre 
qui lui a été adressée par un des membres de la Société 
pour recommander la publication en fac-similé de 
l’exemplaire des Essais de Montaigne, chargé d’anno¬ 
tations et de corrections manuscrites de l’auteur, qui est 
conservé à la Bibliothèque publique de Bordeaux. Le 
Conseil, tout en reconnaissant l’utilité de cette publi¬ 
cation, est d’avis qu’elle ne saurait être entreprise par 
la Société des Anciens Textes français, qui a été fondée 
pour publier « des documents de toute nature rédigés 
au moyen âge » (art. 1 des statuts). 

M. Paris fait un rapport sur le projet de publication du 
Tristan de Thomas, proposé par M. Bédier (séance du 
6 novembre 1901), et conclut à son adoption. Le tirage 
est fixé à 725 exemplaires dont 25 sur papier Whatman. 
M. Paris est nommé commissaire responsable pour 
cette publication. 


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— 36 — 


SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION 
Tenue à l’École des Chartes, le a 3 avril 1902. 


Présidence de M. le baron d’Avril, président. 

Nouveaux membres : La Bibliothèque de la ville 
d’Angers; la Bibliothèque de BrynMawr College à Phi¬ 
ladelphie (États-Unis); la Bibliothèque publique de 
Rouen, correspondant M. Lestrigant, libraire, rue 
Jeanne d’Arc, à Rouen. 

Etat des impressions : Gace Brûlé, introduction, cinq 
feuilles en épreuves. — Tristan (Beroul), quatre feuilles 
tirées, feuilles 5 et 6 en pages ; la suite en placards. — 
Robert le Diable, cinq feuilles tirées, feuille 6 en pages. 
— Les Sotties , trois feuilles en pages. — Les Vers de la 
Mort , une feuille en pages. 

M. le Président remet au Conseil la médaille d’ar¬ 
gent et le diplôme qui lui ont été envoyés par le Minis¬ 
tère du Commerce pour la participation de la Société à 
l’Exposition universelle de 1900. 

Le Conseil fixe au 28 mai l’Assemblée générale de la 
Société. 


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— ^7 — 


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

Tenue à l’École des Chartes, le 28 mai 1902. 


Présidence de M. le baron d’Avril, président . 

La Société entend la lecture du discours du Prési¬ 
dent et les rapports du Secrétaire et du Trésorier. 

Sont élus membres du Bureau et du Conseil, pour 
siéger jusqu’à la prochaine Assemblée générale, les 
membres de la Société dont les noms suivent : 


Président . 

Vice-présidents ... 
Administrateur .., 

Secrétaire . 

Secrétaire-adjoint 

Trésorier . 

Trésorier-adjoint . 


BUREAU 

... MM. Ant. Thomas. 

... G. Paris, Ch. Joret. 

G. Raynaud. 

. . P. Meyer. 

G. Huet. 

B on E.deRothschild. 
... E. Picot. 


CONSEIL 


MM. Avril (baron d’). 

MM. Longnon. 

Bédier. 

Morel-Fatio. 

Bonnardot. 

Muret. 

Brünot. 

Robert. 

Didot. 

Roy. 

Fréville (de). 

Servois. 

Laborde (M is de). 

Sudre. 

Lelong. 

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— 38 - 


Discours de M. le baron d’Avril, Président . 

Messieurs et chers confrères, 

Mon premier devoir est de remercier nos savants col¬ 
lègues pour l'honneur qu’ils m’ont décerné en m’appe¬ 
lant à la présidence de notre Société. 

Permettez-moi d’éluder l’exorde banal — et rarement 
sincère — de l’indignité, ou, du moins, de l’insuflBsance; 
mais le remercîment n’en est pas moins sincère. 

Sans m’en attribuer le mérite à aucun degré, je puis 
constater que la dernière période n’a pas été sans résul¬ 
tat pour notre œuvre, puisque nos publications sont 
à jour et que le nombre des volumes actuellement sous 
presse nous donne bon espoir pour l’avenir. 

J'ai maintenant le devoir de rappeler les noms des 
associés que nous avons perdus depuis la dernière 
réunion. M. Léo (Auguste), mort le 14 mai 1900. 
— M. de La Borderie, membre de l’Institut, décédé 
au mois de février 1901. Il a eu pour successeur notre 
confrère, M. Jorçt, qui a écrit sur son prédécesseur 
une notice récemment publiée par les soins de l’Aca¬ 
démie des inscriptions et Belles-Lettres. M. de La Bor¬ 
derie est surtout connu par ses travaux sur l’histoire 
de la Bretagne, sa province natale ; il a toutefois 
publié d’importantes recherches sur diverses œuvres 
de notre vieille littérature. Nous rappellerons notam¬ 
ment sa précieuse édition des Propos rustiques de Noël 
du Fail (Paris, Lemerre, 1878). — Le comte Amédée 
de Bourmont, ancien élève de l’École des Chartes, 


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— 3g “ 

décédé au mois de mai 1901. On lui doit, outre plu¬ 
sieurs essais de moindre importance, un bon livre 
publié en i 883 sous ce titre : La fondation de VUni¬ 
versité de Caen et son organisation au xv* siècle. 
Secrétaire général de la Société bibliographique, il 
prit longtemps une part importante à la rédaction du 
Polybiblion , organe de cette société. — M. L. Chazal, 
caissier payeur central du Trésor, à Paris. — M. Au¬ 
guste Hock, membre de la Société des bibliophiles 
belges, à Liège, auteur d’écrits en dialecte wallon qui 
ont eu beaucoup de succès, et de nombreux travaux 
sur le folk lore et sur l’histoire de Liège. — M. Ernest 
Lamy, décédé le 26 novembre 1901.— M. Wilhelm 
Hertz, professeur à Munich, décédé en janvier 1902. 
C’était à la fois un poète et un érudit. Il s’intéressait 
à la littérature du moyen âge, et particulièrement à 
notre ancienne poésie, comme il l’a montré par di¬ 
verses traductions aussi fidèles qu'élégantes. 

Je rappellerai aussi les noms de deux collègues, que 
nous avons perdus plus anciennement, mais dont le 
décès ne nous fut pas notifié en temps utile : le 
comte de Limminghe, membre perpétuel, dont la mort 
remonte au 8 février 1891 ; M. Georges White, d’Epsom 
(Angleterre), mort au mois d’août 1898. 

Cette triste énumération, qui revient à toutes nos 
réunions annuelles, démontre d’une façon trop sensible 
la nécessité de trouver toujours de nouvelles recrues. 

L’un de nos anciens présidents nous le rappelait dès 
l’année 1882 : « Quelque nombreux qu’ils nous arri¬ 
vent, nous ne leur dirons jamais : Assez ! Car plus nous 
aurons dç ressources, plus nous pourrons tirer de l’ou- 


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— 40 — 


bli, arracher aux chances de destruction, de monuments 
de la langue et de la pensée de nos pères. Notre œuvre 
est une œuvre vraiment nationale [Bulletin de 1882, 
p. 81) ». 

M. G. Paris prononçait, il y a quelques années, des 
paroles qui sont comme la charte de notre institution : 
« La Société des Anciens Textes ne doit cesser son 
travail que quand toute la littérature manuscrite de la 
France entière aura été mise au jour avec les commen¬ 
taires nécessaires... Il semble, à certains symptômes, 
que Tintérêt du grand public pour nos études tende à 
s’accroître... » 

Le goût public, en effet, a marché depuis Tannée 
i 8 o 3 , où les œuvres de Charles d’Orléans furent im¬ 
primées à Grenoble. 

* Tous les gens de goût, écrivait M. Servois en 1879, 
devraient faire partie de la Société des Anciens Textes. » 

Nous en sommes encore bien loin! Aussi devons- 
nous avoir toujours présents à l’esprit les conseils que 
M. G. Paris nous a souvent adressés : « Bien des gens, 
qui ignorent l’existence de notre Société, voudraient en 
faire partie, s’ils la connaissaient (1879). » — « Chacun 
de nous doit se piquer d’honneur pour décider au 
moins une personne à entrer dans nos rangs... Le 
recrutement de notre Société doit être le but constant 
de nos efforts ^1884). » 

Je ne puis mieux terminer ce simple exposé qu’en 
répétant ici quelques paroles de notre regretté prési¬ 
dent Petit de Julleville, dont le souvenir est vivant 
parmi nous, et auquel M. G. Paris a rendu, en 1900, 
un hommage ému : 


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— 4i 


« Je voudrais bien, disait Petit de Julleville, que Ton 
comprît que la vraie solidarité n’existe pas seulement 

entre contemporains.Oui, nous et nos aïeux nous 

sommes solidaires. Tout homme qui pense un peu 
sait bien que l’ignorance du passé jette d’étranges 
ténèbres sur l’intelligence du présent. » 

En attendant le jour, qui n’arrivera peut-être jamais, 
où tout homme instruit saura lire dans le texte la 
Chanson de Roland, Villehardouin et Joinville, le seul 
moyen de faire connaître nos anciens auteurs, c’est, 
naturellement, de publier de leurs meilleures œuvres 
des traductions ou des imitations. Déjà, au XVIII e siè¬ 
cle, M. de Tressan, Le Grand d’Aussy et quelques 
autres, sans parler des éditeurs de la Bibliothèque 
Bleue , s’étaient appliqués à cette tâche. Mais les écri¬ 
vains du temps de Louis XVI n’avaient guère le sens 
du moyen âge. Leur façon de traduire a quelque 
chose de maniéré qui ne répond nullement au style des 
originaux. Et quant à la Bibliothèque Bleue, si elle a 
prolongé dans les classes inférieures le succès de quel¬ 
ques-unes de nos vieilles chansons de geste, elle Ta 
fait sous une forme bien peu séduisante. Les impri¬ 
meurs de Troyes, d’Épinal, de Montbéliard, qui ont 
édité les Conquêtes du Grand Charlemagne , Huon de 
Bordeaux , Valentin et Orson , les Quatre fils Aymon , 
Galien restauré , se sont bornés à rajeunir la langue des 
rédactions du XV e siècle, où la poésie de nos vieux 
trouvères était longuement et lourdement délayée. Les 
traducteurs modernes ont été mieux avisés. Ils ont fait 
preuve de plus de science et de plus de goût. M. Paris 
a rappelé, dans le discours qu’il a prononcé à notre 


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— 4 * — 


dernière assemblée générale, les efforts qui ont été 
faits dans ces dernières années pour mettre à la portée 
du plus grand nombre certaines des œuvres les plus 
importantes de nos anciens poètes. Qu'il me soit per¬ 
mis de rappeler ici que moi aussi, désireux de contri¬ 
buer à cette œuvre d'utile vulgarisation, j’ai essayé la 
publication d'une Nouvelle Bibliothèque Bleue , dans 
laquelle figure en premier lieu l'épopée de Roland 
décomposée en plusieurs récits. Le premier, intitulé : 
Les Enfances Roland , s’arrête au moment où Charle¬ 
magne donne Aude à Roland « comme sa pair et sa 
femme ». Le second, sous forme dramatique, est Le 
mystère de Roncevaux , tiré de la chanson. 

Des autres épopées, j'ai d’abord extrait le conte de 
Berte aux grands pieds . Voici venir ensuite : YHistoire 
véritable de Villustre Girart de Rossillon, duc de Bour¬ 
gogne et d'Aquitaine , qui porta le charbon pendant sept 
ans , avec la reproduction des sept curieuses images 
qui ornent le manuscrit publié jadis par Mignard. — 
Puis Guillaume Bras de Fer et son neveu Vivien . — Le 
chien de Montargis. — Le mystère du siège d'Orléans, 
dialogue. Enfin, un volume de mystères faciles à 
représenter. 

Si je vous ai entretenu, mes chers confrères, d’une 
œuvre personnelle, c'est que, en l’entreprenant, j’étais 
inspiré par la seule intention d’éveiller chez le grand 
public le désir de nouer connaissance plus intime avec 
les originaux, et que par là j’ai pu contribuer à amener 
de nouveaux adhérents à notre Société, 


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— 43 — 


Rapport sur les travaux de la Société des Anciens Textes 
français pendant Vannée igoi y par M. Paul Meyer, secré¬ 
taire . 


Messieurs, 

Depuis notre dernière assemblée générale (26 décem¬ 
bre 1900), nous avons publié quatre volumes : le 
tome II des Œuvres poétiques de Guillaume Alexis, 
le tome X d’Eustache Deschamps et P Apocalypse en 
français , formant deux tomes, l’un in-folio, qui con¬ 
tient le fac-similé en phototypie du ms. 403 du fonds 
français de la Bibliothèque nationale, Pautre en notre 
format ordinaire, où est imprimé le texte de ce manus¬ 
crit avec une longue introduction. 

Le premier de ces quatre volumes complétait l’exer¬ 
cice de 1899, les trois autres constituent notre distri¬ 
bution pour les exercices de 1900 et 1901. Nous 
sommes donc parfaitement au courant : nous avons, 
comme je Pannonçais dans mon dernier rapport, rega¬ 
gné le retard dont ont souffert si longtemps nos publi¬ 
cations, et tout fait espérer que Pirrégularité à laquelle 
nous avons réussi à mettre fin ne se renouvellera plus. 
Sept mois nous séparent encore de la fin de l’année, et 
pendant ce laps de temps nous n’aurons pas de peine à 
terminer les trois volumes qui sont dus à nos adhérents 
pour l’exercice en cours. Mais, avant de vous entretenir 
de nos prévisions, permettez-moi de revenir sur nos 
dernières publications. 

Le tome II de Guillaume Alexis ne termine pas P œuvre 


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de ce poète, médiocre assurément, mais qui cependant 
occupe une place assez importante dans l’histoire litté¬ 
raire du xv® siècle. Quel que soit notre jugement sur 
le mérite poétique de frère Alexis, nous ne pouvons 
nier que ses poèmes ont joui d’une grande faveur. Les 
vieilles éditions, souvent fort dissemblables, qui nous 
les ont conservés en sont la preuve. Et ces éditions sont 
si rares que de beaucoup d’entre elles on ne possède plus 
qu’un exemplaire ou deux. MM. Piagetet Picot ont 
recherché dans les bibliothèques publiques et privées 
ces rares livrets, comme aussi les quelques manuscrits 
où ont été insérées des poésies de frère Alexis ; il les ont 
comparés et nous ont donné des textes établis avec 
critique et commentés avec sagacité. Le second tome 
contient, outre quelques poésies en l’honneur de la 
Vierge présentées (on le sait de source certaine pour 
deux d’entre elles) au Puy de Rouen, trois pièces d’une 
certaine importance : le Passe-temps des deux frères 
Alexis (Guillaume et son frère, qui était cordelier), le 
Passe-temps de tout homme et de toute femme , et enfin 
Le Martyrologue des faulses langues . La première est 
une sorte de dialogue entre les deux frères, l’un 
exprimant une sentence formulée en quatre vers, 
l’autre répondant par une sentence analogue. C’est un 
genre de composition dont le type le plus ancien 
paraît être le dialogue, dont on a tant de formes 
diverses, de Salomon et de Marcoul. Le Passe-temps 
de tout homme et de toute femme ne répond guère à ce 
que le titre donnerait à supposer. C’est une version 
fort libre du traité du pape Innocent III De contemptu 
mundi ou De miseria hominis , sur lequel Eustache Des- 


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- 45 - 

champs s’était déjà exercé (t. II de l’édition de la So¬ 
ciété des Anciens Textes). Le Martyrologue des faülses 
langues offre plus d’originalité. L’auteur est transporté 
en songe dans un temple ruiné sur la porte duquel 
pend un écriteau portant ces mots : « C’est le temple 
des fausses langues ». Là sont tourmentées de divers 
supplices les langues de ceux qui ont péché par pa¬ 
roles : les traîtres, les menteurs, les médisants. L’idée 
est originale, sinon très heureuse. L’auteur, peu enclin 
à la satire, n’a pas manqué de ranger parmi les langues 
coupables celles des hommes qui ont parlé contre le 
clergé, contre les juges, contre les procureurs, contre 
les avocats, contre les baillis. On voit que frère Alexis 
manifeste, comme on dirait aujourd’hui, un esprit très 
réactionnaire. 

La partie essentielle du dixième tome d’Eustache 
Descbamps consiste en un vocabulaire très copieux des 
poésies publiées dans les neuf tomes précédents, et en 
deux index, l’un pour les noms géographiques, l’autre 
pour les noms propres et les matières. Ce dernier 
index contient une masse de renseignements biogra¬ 
phiques sur les personnes citées par Deschamps, ren¬ 
seignements tirés, non seulement des livres imprimés, 
mais bien souvent des collections manuscrites de la 
Bibliothèque nationale. M. Raynaud a fait là un tra¬ 
vail très méritoire et très utile. Au commencement du 
volume, sont publiées, sous le titre de « Pièces attri¬ 
buables à Deschamps », quatre-vingt-une courtes poé¬ 
sies (la plupart sont des ballades), tirées presque toutes 
du ms. 6221 des nouvelles acquisitions françaises de la 
Bibliothèque nationale, dont le marquis de Queux de 


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- 46 - 

Saint-Hilaire avait donné une notice dans le tome 11 
de l’édition. Ces pièces ne sont pas toutes de Des¬ 
champs. Notre confrère M. Piaget a bien voulu nous 
adresser une note, qu’on pourra lire dans notre Bulle¬ 
tin, où il est établi que plusieurs d’entre elles sont 
d’autres auteurs, notamment de Guillaume de Machaut 
et d’Alain Chartier. Néanmoins, on ne peut qu’approu¬ 
ver M. Raynaud de les avoir tirées des manuscrits 
pour les soumettre au jugement des critiques. Un 
onzième volume sera nécessaire pour compléter l’édi¬ 
tion commencée en 1878 par M. de Queux de Saint- 
Hilaire : il comprendra, outre la description dés 
manuscrits, une étude générale sur l’œuvre de Des¬ 
champs, et une longue notice biographique pour la¬ 
quelle seront mis à contribution un grand nombre de 
documents inédits. 

Je ne m’étendrai pas longuement sur les deux tomes, 
l’un in-fol., l’autre in-8°, de VApocalypse en français. 
Tous ceux qui auront jeté les yeux sur le fac-similé très 
réussi que M. Berthaud a exécuté pour nous du ms. 
fr. 403 de la Bibliothèque nationale, conviendront qu’il 
était désirable qu’un aussi excellent spécimen de l’art 
du xiii* siècle fût mis, par une reproduction aussi 
exacte que possible, à la portée des artistes et des éru¬ 
dits. Les manuscrits des bibliothèques publiques sont 
voués à une détérioration lente, de quelque soin qu’on 
les entoure, par cela seul qu’ils sont à la disposition du 
public, et d’un public souvent peu soigneux. Le seul 
moyen d'en assurer dans une certaine mesure la con¬ 
servation, consiste à les communiquer le moins pos¬ 
sible, et il n’est pas douteux que notre fac-similé 


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— 47 — 


rendra superflue, dans la grande majorité des cas, la 
communication de l’original. Au fac-similé du ms. 403 : 
M. Delisle a joint des spécimens empruntés à des 
Apocalypses latines du même temps, à des xylographes, 
enfin à la célèbre tapisserie d'Angers, où sont aussi 
représentées les scènes de VApocalypse, mais d’après un 
type qui n’est pas exactement celui qu'offre le ms. 403. 
Ainsi se trouvent réunis dans le même volume tous les 
éléments nécessaires à l’étude d’une des formes les plus 
répandues de l’illustration par l’image de Y Apocalypse. 
Cette étude M. Delisle l’a faite, dans les deux cents 
premières pages du volume in-8°, avec autant de science 
que de clarté. C’est un travail définitif, auquel on pourra 
ajouter quelques détails, car M. Delisle n’a pas pu voir 
tous les manuscrits illustrés de YApocalypse y mais les 
cadres sont désormais fixés, et l’essentiel est dit, et bien 
dit. 

Ma part, dans cette édition de l’Apocalypse française, 
pouvait se limiter strictement à la reproduction du 
texte et à l’examen des manuscrits qui renferment le 
même texte. On va voir que je l’ai un peu étendue. Je 
n’avais pas à faire une édition critique, pour laquelle, 
du reste, il m’aurait fallu avoir des copies ou des col¬ 
lations de tous les manuscrits de la même version. Je 
devais me borner à transcrire le texte publié en photo- 
typie. J’ai cru toutefois utile de donner, par suréro¬ 
gation, les variantes de deux manuscrits que j’avais sous 
la main à Paris. De plus, pour que les philologues 
puissent se former une idée nette de la valeur relative 
des manuscrits dont je ne faisais pas usage, j’ai donné 
en appendice un spécimen suffisamment long de chacun 


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- 4 »- 

d’eux, ou du moins de tous ceux auxquels j’ai pu avoir 
accès, addition d’autant plus utile que ces manuscrits 
au nombre de vingt-huit, sont dispersés entre une quin¬ 
zaine de bibliothèques de la France et de l’étranger. 
J’ai, comme je le disais tout à l’heure, un peu allongé 
ma tâche en examinant tous les manuscrits français 
contenant une traduction de V Apocalypse y au lieu de 
m’en tenir à ceux qui renferment la même version que 
le manuscrit 403, objet spécial de notre publication. 
Cet examen a donné des résultats assez nouveaux et 
qui ont une certaine importance pour l’histoire de notre 
littérature. Il a permis en effet d’établir que, contraire¬ 
ment aux assertions de feu Samuel Berger, dans son 
savant livre sur La Bible française au moyen âge , il y 
a eu, du xm e au xiv e siècle, non pas une version unique 
de YApocalypse } mais jusqu’à huit versions nettement 
caractérisées. 

Voilà pour le passé; parlons maintenant de l’avenir. 
Nous avons en cours d’impression six volumes dont 
voici l’énumération selon la date de la mise sous presse : 
les Chansons de Gace Brulé , le Roman de Tristan , par 
Béroul, le Roman de Robert le Diable , le tome I ar d’un 
recueil complet des sotties, les Vers de la Mort , par Héli- 
nant, le Roman de Tristan par Thomas. De ces six volu¬ 
mes les trois premiers prêts formeront notre exercice de 
1902. Il n’est guère douteux que l’impression des Chan¬ 
sons de Gace Brulé, commencée en 1896, sera terminée 
cette année : le texte est tiré, et l’introduction, qui sera 
longue (car l’histoire fort obscure de ce trouvère et 
l’établissement du texte soulèvent de nombreux pro¬ 
blèmes), est en grande partie imprimée. Le Tristan , de 


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— 49 — 


Béroul, que j’ai annoncé dans mon dernier rapport, est 
assez avancé, et l’éditeur, M. Muret, nous en fait espérer 
l’achèvement à bref terme. Si M. Picot peut trouver le 
temps de pousser activement l’impression du premier 
tome de son recueil de Sotties, nous aurons à la fiu de 
l’année nos trois volumes, Au cas où quelque retard se 
produirait de ce côté, nous pourrions, selon toute 
apparence, compter sur le Roman de Robert le Diable . 

Il convient présentement de dire quelques mots de 
celles de ces publications que votre Conseil a autorisées 
depuis notre dernière assemblée générale. 

Le recueil de sotties a été préparé de longue main. 
C’est en 1878, dans le tome VII de la Romania , que 
M. Picot a publié son mémoire sur la Sottie en France f 
où il définit ce genre de poésie dramatique, en esquisse 
l’histoire, énumère toutes les sotties alors connues, et 
donne de chacune d’elles une abondante bibliographie. 
Cette monographie est restée jusqu’à présent le travail 
fondamental sur la Sottie ; elle n’a pas été dépassée. Mais 
M. Picot a continué à creuser le sujet : il a découvert 
des sotties qu’il ne connaissait pas en 1878, et pour 
d’autres il a réussi à se procurer d’anciennes éditions 
qui avaient échappé à ses premières recherches. Il est 
admirablement préparé à la publication qu’il a entre¬ 
prise, et nous pouvons espérer qu’il la conduira sans 
interruption à bonne fin. Elle comprendra trois volumes 
dont le premier paraîtra soit à la fin de cette année spit 
au coiumencement de l’an prochain. 

En même temps que le premier volume de cet im¬ 
portant recueil, nous avons mi? sous presse le Roman 
de Robert le Diable , édité par M. EJ. Lôseth, savant 

BULLETIN. — 1902 4 


i 


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— 5 o — 


norvégien connu par un important travail sur les di¬ 
verses rédactions du Roman en prose de Tristan, et par 
son édition des deux poèmes de Gautier d’Arras, VEracle 
et ne et Galeron. Le sujet de Robert le Diable est bien 
connu et a été mainte fois traité en diverses littératures 
du moyen âge. C'est l'étrange histoire d’un enfant voué 
au diable par sa mère, avant même sa naissance, en¬ 
traîné au mal par une force irrésistible, jusqu’au mo¬ 
ment où frappé par la grâce, il se repent de ses fautes, 
les rachète par la plus dure des pénitences, et termine 
sa vie dans la pratique d’un rigoureux ascétisme. Le 
poème dont M. Lôseth nous a proposé la publication 
n’est point inédit, mais l’édition qu’on en possède, celle 
de Trébutien, date de 1837 : elle ne répond plus aux 
exigences actuelles de la science, et d’ailleurs elle est 
depuis longtemps épuisée. Nous avons tout lieu d’espé¬ 
rer que celle de M. Lôseth, établie d’après deux manus¬ 
crits fort divergents, satisfera pleinement les amis de 
notre ancienne littérature. 

Lorsqu'on fera, pour ce public éclairé, qui a la curio¬ 
sité de toutes les manifestations littéraires, mais à qui 
manque le temps des longues études linguistiques, un 
recueil général des meilleures poésies de nos anciens 
auteurs, en texte seul, sans appareil de variantes, mais 
avec des notes explicatives, les Vers de la Mort y tien¬ 
dront bien peu de place, puisqu'ils ne dépassent pas 
600 vers, répartis en cinquante strophes. Mais alors, 
notre connaissance des œuvres du moyen âge et de leur 
valeur relative étant plüs complète qu’aujourd’hui, on 
reconnaîtra que l'importance du poème d’Hélinant sur 
la Mort ne doit pas être mesurée à son étendue. Il est 


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— 5i — 

peu de nos anciens poèmes qui aient produit sur les 
contemporains une aussi forte impression; et cette im¬ 
pression fut durable, puisque, en plein xiv« siècle, plus 
de cent ans après leur apparition, les Vers de la Mort 
étaient encore fréquemment copiés, bien que beau¬ 
coup d’expressions du texte fussent devenues inintelli¬ 
gibles pour la plupart des copistes et des lecteurs. On en 
retrouve l’inspiration ou l’imitation en maint ouvrage 
postérieur. Peut-être y doit-on constater le premier 
emploi de la forme strophique, devenue bientôt banale, 
aabaabbbchbc . Vers la fin du xm* siècle un écrivain 
français d’Angleterre leur empruntait de nombreux 
vers qu’il enchâssait dans un poème religieux. En 1279, 
frère Laurent, confesseur de Philippe le Hardi, le pieux 
auteur de la Somme le Roi , les citait comme une auto¬ 
rité. Le poème d’Hélinant n’est pas un recueil de lieux 
communs sur la mort, une suite de variations sur le 
Pallida mors æquopuisâtpede... d’Horace. C’est une 
fière invective contre les mœurs du temps, ou personne, 
ni le clergé ni le pape n’étaient ménagés : « Mort », di¬ 
sait le poète, 

Va moi saluer la grant Rome 
Ki de rongier a droit se nome. 

Car les os ronge et le cuir poile, 

énergique paraphrase du vers scolastique Roma inanus 
rodit, quos rodere non valet odit. Il y a déjà plusieurs 
années 1 que M. F. WulfF, professeur à l’Université 
de Lund, et depuis longtemps membre de notre Société, 
nous avait proposé une nouvelle édition de ce poème 

1 . Bulletin , 1895 , p. 38. 


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— 52 - 


célèbre, déjà publié trois fois, mais d’une façon impar¬ 
faite par Loisel, en 1594, par Méon, en i 835 , par 
Buchon, en 1845. Bien que ce projet ait été agréé par 
le Conseil de la Société *, nous avons du retarder la 
mise sous presse, parce qu’il nous a paru que ce texte, 
l’un des plus difficiles de notre ancienne littérature, exi¬ 
geait une dernière révision. Cette révision a été faite 
en ces derniers temps par M. Emile Walberg, ancien 
élève de M, Wulfif et maintenant son collègue à l’Uni¬ 
versité de Lund. L’édition étant mise au point, nous 
l’avons envoyée à l’imprimerie, et nous avons tout lieu 
de prévoir qu’elle fera partie de l’exercice de igo 3 . 

En dernier lieu nous avons commencé l’impression 
d’une des œuvres les plus remarquables de la littérature 
française de l’Angleterre, du Tristan composé à la fin 
du xn e siècle par le trouvère Thomas. L’éditeur est 
notre confrère M. Bédier, qui, dans un livre récent fait 
pour le grand public, a donné comme un avant goût du 
grand travail qu’il réservait à notre Société. Par une 
fatalité regrettable, il ne subsiste du poème de Thomas 
que des fragments appartenant à divers manuscrits et 
faisant en partie double emploi; le plus court, cependant 
fort précieux, a cinquante-deux vers, le plus long 
n’en a pas deux mille. Si l’on était réduit à ces seuls élé¬ 
ments, on n’arriverait pas à se représenter la teneur du 
poème dans toute son étendue. Fort heureusement 
l’œuvre de Tristan avait été de bonne heure portée à 
l’étranger. Godfried de Strasbourg l’a imitée de fort près 
dès le commencement du xm* siècle, et un moine scan- 

1. ifcid., p. 78. 


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— 53 — 


dinave en fit, peu après, une traduction abrégée en vieux 
norrois. Il existe en outre un abrégé en anciens vers 
anglais. S’aidant de ces traductions ou imitations, 
M. Bédier a reconstitué, pour le fonds, s'entend, non 
pour la forme, toute la suite de l'histoire émouvante, 
sinon édifiante, composée par Thomas. Son édition, 
où les morceaux du poème seront reliés pas une ana¬ 
lyse faite d'après les anciennes versions, comprendra en 
fait tout ce qu’on peut actuellement connaître, directe¬ 
ment ou indirectement, du long poème de Thomas. 
Cette édition exigera deux forts volumes. 

Nos exercices de 1902 et 1903 sont amplement assu¬ 
rés par les ouvrages dont je viens de vous entretenir. 
Aussi attendrons-nous qu’un ou deux d’entre eux soient 
terminés pour mettre sous presse quelqu’une des édi¬ 
tions qui nous ont été proposées ; et nous espérons que 
les éditeurs n’auront pas longtemps à attendre. Nous 
sommes en possession du texte accompagné de son in¬ 
troduction du Moniage Guillaume , l’une des plus cu¬ 
rieuses chansons de geste du cycle de Guillaume au 
court nez. Le nom de l’éditeur, M. Cloetta, professeur 
à l’Université de Jéna, nous est un sur garant de la 
bonne exécution du travail. Ce sera la première publi¬ 
cation que nous entreprendrons. M. Antoine Thomas 
est prêt à nous donner le premier volume de YEntrée 
d'Espagne , poème franco-italien que M. le professeur 
Mussafia, de Vienne, s’était jadis offert à publier pour 
nous, sans pouvoir, par suite du mauvais état de sa 
santé, réaliser sa bienveillante intention \ Nous avons 

1. Bulletin, 1884, p. 70. 


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- 54 - 

encore d'autres propositions qui, sans doute, seront 
suivies d'effet, mais je ne veux pas allonger ce rapport 
et je préfère réserver un peu de matière pour celui de 
l’an prochain. 


Rapport sur le compte des recettes et des dépenses de la 
Société, pendant Vannée igoi , par M. É. Picot, trésorier - 
adjoint . 

Messieurs, 

Si l’assemblée générale de notre Société, qui devait 
avoir lieu à la fin du mois de décembre dernier, a été 
reculée de cinq mois, ce retard est imputable à votre 
trésorier-adjoint qui doit tout d’abord s’en excuser 
devant vous. Nous avions employé pour nos recouvre¬ 
ments en 1901 le système suivi depuis 1875, et qui 
paraissait avoir donné des résultats satisfaisants ; or des 
erreurs commises dans le calcul du change pour les 
quittances encaissées à l’étranger ont provoqué en fin 
d’année des réclamations qui nous ont causé d’assez 
graves embarras. Nous cherchons, en ce moment 
même, à opérer nos recouvrements par l’intermédiaire 
de la poste, et nous espérons nous mettre ainsi à l’abri 
de toute difficulté ultérieure. 

J’aborde directement, messieurs, l’examen de notre 
situation financière. 

Nous avions au 20 décembre 1900 un solde créditeur 
de 1,057 fr* 9^- 


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— 55 — 

Pendant les dix-sept mois qui viennent de s’écouler, 
nous avons encaissé au compte capital : • le, prix La 
Grange, décerné par l’Académie des Inscriptions et 
Belles-Lettres, soit 1,000 francs; u droits centrée, 
soit no francs, enfin deux souscriptions de membres 
perpétuels, soit 5 oo francs. En ajoutant à ces diverses 
sommes un reliquat de compte de n fr. 6 S, généreuse¬ 
ment abandonné par M. Gaston Raynaud, le total des 
perceptions dont le montant devrait être capitalisé est 
de 1621 fr., 65 . r 

Nous avons encaissé pendant la même période: six 
trimestres de nos rentes, savoir, pour le 3 0/0 perpé¬ 
tuel 229 fr. 5 o ; pour le 3 0/0 amortissable, 90 francs: ; 
pour le 3 1/2 0/0 984 francs; ensemble : i 3 o 3 fr. 5 o. 

Les recettes provenant des cotisations annuelles ont 
été assez considérables. Régulièrement elles devaient 
comprendre les deux exercices 1900 et 1901; mais un 
assez bon nombre de retardataires ont tenu à s’acquit¬ 
ter envers nous. Nous avons touché, pour les années 
1894-1898, 14 cotisations diverses, soit 35 o francs; 
pour l’année 1899 525 francs, plus la souscription 
ministérielle de 750 francs; ensemble pour les années 
écoulées 1625 francs. Poùr 1900 nous avons reçu les 
cotisations de 3 souscripteurs à des exemplaires de 
luxe : i 5 o francs; 198 cotisations ordinaires : 4950 fr., 
enfin la souscription ministérielle : 750 francs; 
ensemble : 5 , 85 o francs. Pour 1901 nous avons touché 
de même 1 5 o francs pour les exemplaires imprimés sur 
papier Whatman, 210 cotisations ordinaires, soit 
525 o francs, et la souscription ministérielle de 750 fr. ; 
ensemble 6,1 5 o francs. Pour 1902, nos recettes ne 


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— 56 - 


s’élèvent encore qu’à 35 o fr. io. Le total des encaisse¬ 
ments effectués est pour ce chapitre de 13,975 fr. 10. 

La partie de notre compte qui offre des résultats 
véritablement satisfaisants est celle qui concerne la 
vente de nos publications en librairie. Certains de nos 
volumes, en particulier Aaoulde Cambrai et les Nar - 
bùrmàis Ontété choisis par des professeurs comme 
livres Renseignement et ont dû à cette circonstance un 
débit exceptionnel. Du premier il a été vendu 
26 exemplaires; des seconds, 79. Voici du reste un 
fàbleau complet des ouvrages vendus; j’ai cru préfé¬ 
rable de vous lé présenter à part au lieu de l’insérer 
dans le compte général où j’avais l’habitude de le faire 
figurer chaque année. 

Liste des ouvrages vendus du 26 décembre 1900 
AU 28 MAI 1902. 


24 années Bulletin .. 36 » 

1 ex. Les plus anciens Monuments de la langue 

. française . i 5 » 

1 —Brun de la Montagne. . 2 5 o 

— Miracles de Nostre-Dame , 1 .1 . » 

— — t. II. » 

1 — — t. III. 5 » 

1 — - t.IV. 5 » 

1 ^ : — t.V.. 5 » 

1 — — t.VI. . 5 » 

1 — — t. VÎI . ... . . 5 » 

■ — — t.VIII. » 

1 —Guillaume de Paterne .. 5 » 

2 — Les Sept Sages de Rome _;. 1 ... 8 » 

3 Aiol, papier Whatmari. 36 » 

1 — — papier ordinaire.,.. 6 # 

1 —Le Débat des hérauts dé France etd’Angl. 5 » 


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C04^ WM 0> WJSJ WH WI^H M WO> M U» Wh k»NJ Q> Ui V*9 W 0%A ^h QOWM M h WM M 



ex. Œuvres (TEustache Deschamps, 1.1. 

— — t. II.... 

— — t. III... 

— — t. IV... 

— — t.V.... 

— — t. VI... 

— — t. VII.. 

— — t.VIII. 

— - MX... 

— — t. X.... 

— Voyage à Jérusalem . 

— Chronique du Mont Saint-Michel, t. I. 

— — t. II. 

— Elie de Saint-Gilles . 

— Daurel et Béton. .. 

— Vie de saint Gilles . 

— L'Amant rendu cordelier . 

— Raoul de Cambrai . 

— Dit de la Panthère d'amours . 

— Œuvres de Beaumanoir (2 vol. ). 

— Mort Aymeri de Narbonne . 

— Évangile de Nicodème .. 

— Vie de saint Thomas de Cantorbéry ... 
— Œuvres de Christine de Pisan, t. I_ 

— ~ t. II... 

— — t. III.. 

— Roman de Merlin (2 vol.), papier 

Whatman. 

— Roman de Merlin, papier ordinaire... 

— Aymeri de Narbonne, (2 vol.). 

— Les quatre Ages de Vhomme . 

— Le Couronnement de Louis. ^. 

— Contes de Nicole Bozon . 

— Rondeaux et autres Poésies . 

— Roman de Thèbes (2 vol.). 

— Chansonnier de Saint-Germain . 

— Guillaume de Dole . 

— VEscoufle ... 

— Guillaume de la Barre . 

— Meliador t. I. 

— — t. II. 

— — t. III. 

— Prise de Cordres ..... 

1 — Œuvres de Guillaume Alexis , t. I.... 
5 — - t. II... 

4 — Art de Chevalerie .. 


12 » 
12 » 
18 » 
24 » 
12 » 
6 » 
12 » 
12 » 
18 » 
48 » 
5 » 
18 » 
24 » 


i 5 » 
i 5 » 
195 » 
» » 

43 75 
10 » 



25 » 


20 » 
25 » 


20 » 
60 » 
3 o » 


7 » 
7 5 o 
3 7 5 o 
12 » 
i 5 » 
60 » 
35 » 
22 5 o 
3 o » 
10 »> 
i 5 » 
3 o » 

1 5 » 
5 » 

25 » 

16 » 


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- 58 — 


2 ex. Abrejance deVOrdre de Chevalerie .... io » 

2 — Chirurgie de Henri de Mondeville , 1. 1 . io » 

i- 6 - t. II.. 5 » 

79 — Les Narbonnais (2 vol.). 788 » 

o— Orson de Beauvais . 55 0 

i 3 — Apocalypse, album. 260 » 

6 — — texte... 67 5 o 

— Mistère du vieil Testament, 1 .1 . » » 

— — t. II. » » 

— — t. III. » » 

1— - t.IV. 40 

— — t. V_ » 0 

— — t.VI. 00 

Total . 2411 25 

Vente d’un certain nombre de volumes à un 
membre de la Société : 3 1 o fr. moins remise, net 210 0 

Total général . 262125 


Pour la première fois depuis la fondation de la Société 
la vente de nos publications a pris le développement 
que nous étions en droit d’espérer à l’origine. Il y a là 
pour nous une raison d’envisager l’avenir avec con¬ 
fiance. Nous comptons parmi nous presque tous les 
professeurs de langues romanes : que quelques uns 
d’entre eux veuillent bien choisir tel ou tel de nos 
volumes comme texte d’explication, et notre budget 
s’équilibre. Il est d’autant plus nécessaire que nous 
puissions compter sur cette source de revenu que, pour 
des raisons qui vous sont connues, nos frais généraux 
se sont accrus dans une forte proportion. 

Les dépenses d’administration proprement dites se 
sont élevées pour 1900 à 698 fr. 85 ; pour 1901 à 
524 fr.; pour 1902 nous n’avons encore payé que 
3 o fr. 55 . Ces dépenses comprennent : le loyer dû aux 


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— 5g - 

Magasins généraux, les timbres, les imprimés : elles 
seraient encore plus considérables, je tiens à le dire, 
si dans la pratique, notre excellent administrateur ne 
prenait à sa charge beaucoup de menus frais. 

Lps remises faites aux libraires en 1901 et 1902 ont 
monté à 63 o fr. 

Le Bulletin a entraîné une dépense de 81 3 fr., 60, 
pour le 2 e numéro de 1900 et le i* r de 1901. 

Nous avons enfin liquidé la dépense à laquelle nous 
a entraînés la publication du bel album de Y Apocalypse. 
Un solde de 5,961 fr. payé à MM. Berthaud frères, une 
facture de 53 o fr. pour le cartonnage ont porté à 
9,491 fr. le prix total de ce volume, prix qui, en réa¬ 
lité, doit être majoré des frais d’impression du titre et 
de la table. Ces derniers frais ont été portés par notre 
imprimeur sur la même facture que le texte du com¬ 
mentaire. 

Ce texte, y compris, je le répète, les accessoires de 
l'album nous a coûté 2,688 fr., 90, d’impression, et 
414 fr., 26, de cartonnage; ensemble : 3 ,io 3 fr. i 5 . 

Le tome II des Œuvres poétiques de Guillaume 
Alexis nous est revenu à 2,262 fr., 75, savoir : impres¬ 
sion : 1,846 fr., 10; cartonnage : 416 fr., 65 . La publi¬ 
cation du tome X des Œuvres d*Eustache Deschamps 
a entraîné une dépense de 2,867 55 , savoir : impres¬ 

sion : 2,402 fr. 55 ; canonnage '.465 francs. 

Pour les volumes actuellement en cours d’impression 
il n’a été payé qu’une somme de 29 fr., 55 , imputable 
au tome I er du Recueil général des sotties . 

Le total des dépenses faites tant pour l’administration 
de la Société que pour les publications est ainsi de 


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— 6o — 

17,451 fr. Vous remarquerez, Messieurs, que je ne 
vous ai pas parlé d'honoraires payés aux éditeurs; il 
n'est pas certain, cependant, qu'il n’y ait pas, de ce 
chef, quelques déboursés à prévoir. Quel que soit le 
désintéressement des éditeurs, il n’est pas juste, il n’est 
pas digne de la Société d’accepter toujours leur renon¬ 
ciation aux maigres honoraires qui leur sont acquis, 
et de ne pas même les indemniser des frais de 
copie, de port, etc., qu’entraîne forcément une publi¬ 
cation. 

Sur le solde actif de 3 ,128 fr., 43, dont je suis heureux 


SITUATION DE LA SOCIÉTÉ DES ANCIENS 
DOIT 


Frais généraux. 

Frais divers en 1900.fr. 698 85 

— — en 1901.. 524 » 

— — en 1902... 3 o 55 


i ,253 40 


Remises aux libraires. 

Bonifications diverses en 1900-1901 

Bulletin de la Société. 

1900, n # 2, facture Marchessou. 

1901, n # 1, — — . 

Apocalypse, album. 

Facture Berthaud frères (solde). 

— Engel... 


A reporter 


63o » 


482 10 j 
33 i 5 o \ 


8 i 3 60 


5,961 

53 o 



6,491 


» 


fr. 9,188 » 


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— 6i — 


de constater l’existence, je vous propose de capitaliser, 
conformément à nos statuts, une somme d’environ 
1,600 francs. Il est. bon de revenir aux principes de 
sage économie dont nous ne sommes départis qu’à 
regret quand les circontances l’ont exigé. Le reste sera 
reporté à nouveau et devra servir à payer soit les hono¬ 
raires non réglés, soit les volumes en cours d'exécution. 

J’ai l’honneur, Messieurs, de faire passer sous vos 
yeux le tableau récapitulatif de nos dépenses et de nos 
recettes : 


TEXTES FRANÇAIS AU 28 MAI 1902. 


AVOIR 


Solde au 20 décembre 1900 


fr. 1,057 93 


Compte capital. 


Prix de l’Académie des Inscriptions. 1,000 » 

11 droits d’entrée. 110 » 


2 souscriptions de membres perpétuels .... 5oo » 
Somme abandonnée par M. G. Raynaud... 11 65 

Compte d’intérêts. 

6 trimestres sur 1 53 fr. rente 3 0/0 perp.... 229 5 o 

6 — 60 — amort. . 90 » 


6 — 656 fr. rente 3 1/2 0/0. 984 » 

Compte des souscriptions. 

2 souscriptions pour 1894 25 fr. 5o » 

2 Id. 1895 — . 5o • 

A reporter .fr. 100 » 


1,621 65 


i, 3 o 3 5 o 


3,983 08 


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— 62 


Report .fr. 

Apocalypse, texte. 

Facture Marchessou. 2,688 90 { 

— Engel. 414 a 5 1 

Guillaume Alexis, t. IL 

Facture Marchessou. 1,846 10 

— Engel. 416 65 

Eustache Deschamps, t. X. 

Facture Marchessou. 2,402 55 ( 

— Engel. 465 » 


Recueil général des sottie s, t. I. 

Facture Berthaud frères. 

Solde au 28 mai 1902. 


Total ..fr. 


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9,l88 » 

3 ,io 3 i 5 

2,262 75 

2,867 55 

29 55 
3,128 43 

20,579 43 













— 63 — 


Report .fr. ioo » 

3 Id. 1896 — 75 » l 

3 Id. - 1897 — . 75 » 

4 Id. 1898 — 100 » 

21 Id. 1899 — 5 a 5 » 

Souscription ministérielle pour 1899. 75o » 

3 souscriptions pour 1900 5 o fr. i 5 o » 

198 Id. a 5 fr. 4,950 » 

Souscription ministérielle pour 1900. 75o » 

2 souscriptions pour 1901 5 o fr. i 5 o » 

210 Id. 25 fr. 5 ,a 5 o » 

Souscription ministérielle pour 1901. jSo » 

14 souscriptions pour 1902 a 5 fr. 35 o 10 j 

Compte des ventes. 

Ouvrages divers vendus en librairie. 

Total .fr. 


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3,963 08 


13,975 10 


2,621 25 
20,579 43 


















NOTE SUR LE TOME X 


DES ŒUVRES COMPLÈTES DEUSTACHE DESCHAMPS 


La première partie de ce volume se compose d’un 
assez grand nombre de pièces que le savant éditeur 
regarde comme a attribuables à Deschamps ». J’aurais 
souhaité qu'il apportât plus de scrupule à les admettre : 
le bagage poétique d’Eustache est déjà assez énorme 
pour qu’on n’ait pas besoin de le grossir d’attributions 
douteuses. Que plusieurs de ces pièces soient de l’inta¬ 
rissable rimeur, c’est possible, c’est même probable; 
mais il y en a trop d’autres. M. Raynaud ne prétend 
pas d’une façon catégorique que toutes les pièces qu’il 
imprime soient l’œuvre de son poète : « Il y a, dit-il, 
certitude pour nombre d’entre elles, grande probabilité 
pour le reste.» Sur quoi se fonde cette probabilité ? Sur 
le style, ou bien sur les sujets traités, sur les idées, sur 
les sentiments? Ce sont là des critères insuffisants. La 
cour, où il faut savoir dissimuler et se taire, les vices 
du temps, le carême, la soupe à l’huile et les harengs 
puants peuvent bien, à la rigueur, avoir inspiré d’autres 
poètes que Deschamps. En somme, le seul indice qui 
ait conduit M. R. à lui attribuer certaines ballades, 
c’est leur place dans les manuscrits, c’est-à-dire leur 
voisinage avec des pièces authentiques du poète. Le 
ms. B. N. Nouv. acq. fr. 6221, sur 1 55 pièces, en con¬ 
tient 79 composées par Deschamps et qui se retrouvent 


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— 65 — 


dans le ms. 840, une composée par Christine de Pisan, 
trois composées par Alain Chartier, sans compter le 
Lai de Paix et le Bréviaire des Nobles , une composée 
par le prêtre Adam, et une ballade anonyme, contem¬ 
poraine du connétable Arthur de Richemont, par con¬ 
séquent postérieure à la mort de Deschamps. A qui 
attribuer les 70 autres pièces? M. Raynaud, éditeur 
des Œuvres complètes d’Eustache Deschamps, les attri¬ 
bue à son poète : un éditeur d’Alain Chartier pourrait, 
avec presque autant de raison, les attribuer à Chartier. 
Enfin, ces 70 pièces, ou la plupart d’entre elles, ne 
peuvent-elles pas avoir été écrites par d’autres poètes 
que Deschamps ou Chartier? En réalité, on va voir 
que certaines des pièces de ce manuscrit sont de Guil¬ 
laume de Machaut. Cette constatation doit suffire à 
nous rendre très circonspects. 

Voici, en effet, ce que je trouve dans mes notes au 
sujet de quelques-unes des pièces « attribuables à Des¬ 
champs » : 

Bail. II : Soie\ cTacort, chiefs de chevalerie, se 
retrouve dans un manuscrit des œuvres d’Alain Chartier 
ayant appartenu à la librairie Morgand, maintenant 
conservé au Musée Condé, p. 46. 

Bail. XI : Il n’est sy grantpossession, a été publiée 
par M. P. Meyer, d’après un ms. de Berne, dans le 
Bull, de la Soc. Ane. Textes, 1886, p. 89. 

Bail. XIII : Se au jour <ïuy veulx vivre en paix, très 
répandue au xv? siècle, , a été publiée dans, le Jardin de 
Plaisance, édit. Vérard, fol. exxv, par Keller, Romvart , 
p. 644, par Montaglon et Rothschild, Recueil,' t. X, 
p. 36 1. Pour les manuscrits voir Bull, de la Soc. des 

BULLETIN. — 1902 5 


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— 66 — 


anc. Textes, 1876, p. 69, et 1879, p. 96 ; en outre Turin, 
L. IV, 3, fol. 137; Bibl. nat. fr. 5727, fol. 1; Bibl. nat. 
fr. 25434, fol. 60; Cambrai, ms. 811 (Catalogue Moli- 
nier, p. 299). 

Bail. XIV : Qui ses besoignes veult bien faire se 
trouve, entre des poésies d’Oton de Grandson, dans le 
ms. 2201, fol. 92 v°, et parmi les œuvres d’Alain Char¬ 
tier dans le ms. Morgand, p. 43 ; Bibl. nat. fr. 1707, 
fol. 63 ; Stockholm, ms. LIII, fol.. 7 v°. 

Bail. XVII : Se f aime aucun de bonne affection, se 
retrouve dans un ms.. des œuvres d’Alain Chartier, 
Bibl.nat.fr. ii3o, fol. 147 v». 

Bail. XXI : On voit le.monde bestoumer, Bibl. nat. 
fr. 17527, fol. 27; Westm. Abbey, fol. 20 ( Bulletin 
de la Soc. des anc. Textes, 1875, p. 3t). 

Bail. XXIII : Le temps viendra qu'aucuns vivront en 
joye, Turin, IV, 3, fol. ii3 v°. 

Bail. XXXIV : Ung vielx prestre dessus un viel che¬ 
val, Stockholm, ms. LIII. 

Bail. XLVII : Ne quier veoir la beauté <TAbsalon , 
qui est de Guillaume de Machaut, a été publiée par 
Tarbé, Œuvres de Guill. de Machaut, p. i3a; Bibl. 
nat. fr. 843, fol. 242 v°. On peut rapprocher de cette 
ballade une pièce de Froissait (édit. Scheler, II, 
369) : Ne quier veoir Medée ne Jason, avec le môme 
refrain. 

Bail. XLVI 11 : Ploure\ dames, ploureç vostre servant , 
est de Guill. de Machaut, édit. Tarbé, p. 57; Bibl. nat. 
fr. 843, fol. 201 v* et 242 v*. 

Bail. L : Mes esperiç se combat a Nature, est de 
Machaut, fr. 843, fol. 206 v°. 


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Bail. LI : De triste cuer faire joyeusement, est de 
Machaut, ms. 843. fol. 241 v°. 

Bail. LV : De petit peu, de néant voulenté, est de 
Machaut, ms. 843, fol. 240. 

Bail. LIX : Honte , paour, doubtance de meffaire, est 
de Machaut, ms. 843, fol. 195 et 241; ms. Westm. 
Abbey, fol. 22 v°. 

Bail. LX : Quant Theseus, Hercules et Jason, est de 
Machaut, ms. 843, fol. 242 v°; édit. Tarbé, p. i 32 . 

Bail. LXI : Dame de qui toute ma joye vient, est de 
Machaut, et fait partie du Remede de Fortune, ms. 843, 
fol. 69. 

Bail. LXIII : Doulce dame, vo maniéré jolie, est de 
Machaut, ms. 843, fol. 177 v°. 

Bail. LXVIII : Aucunes gens si se vont merveillant, 
Bibl. nat. fr. n 3 o, fol. i 5 s v°; Jardin de Plaisance, 
édit. Vérard, fol. cxii v°. 

Serventois LXXIV : Vint et cinq poins sont en amour 
au cler, ms. Westm. Abbey, fol. 27 (BulL de la soc . 
des anc . textes, 1875, p. 32 ). 

Pièce LXXV : Par pluseurs poins peut Paris precel - 
lence, Bibl. nat. fr. 1642, fol. 33 o; ms. Hamilton (auj. 
Rothschild), fol. 107 ; Bruxelles, ms. 9559-64 fol. 116, 
avec le titre suivant : a Des cinq lettres du nom de 
Paris, compilé par un notable clerc normant Tan de 
grâce mil quatre cens dix huit. » 

Pièce LXXVIII : Orgueil contre orgueil ne pourroit, 
Bibl. nat. fr. 2264, fol. 216. 

Arthur Piaget. 


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NOTICE 

D’UN MS. DE LA BIBLIOTHÈQUE D’ESTE A MODÈNE 
(légendes des saints en français) 


Lelégendier français que renferme le ms. 116 du 
fonds étranger de la Bibliothèque d’Este n’est point 
inconnu. M. J. Camus lui a consacré deux pages dans 
ses Codici francesi délia Regia Biblioteca Esterne 
(Modena, 1890, in-8°, pp. 65-67) \ Mais cette notice 
ne permet aucunement de se rendre compte du carac¬ 
tère de ce légendier. Il ne suffit point, en effet, pour 
faire connaître un recueil de ce genre, d’énumérer 
les légendes dont il se compose * : il faut en indi¬ 
quer, au moins sommairement, les sources latines, ou, 
à défaut de cette indication, il est nécessaire de trans¬ 
crire les premiers mots de chaque morceau, afin de 
permettre la recherche des sources et la comparaison 
avec d’autres recueils. 

Il n’est donc pas superflu de publier du manuscrit 
de Modène une nouvelle notice, qui sera d’autant 
mieux à sa place dans le Bulletin de la Société des 
Anciens Textes français que le même Bulletin renferme 

1. Extrait de la Rassegna Emiliana , t. II. — Cette notice a été 
reproduite, avec quelques modifications, par M. Camus dans ses 
Notices et extraits des manuscrits français de Modène antérieurs 
au xvi a siècle , publiés dans la Revue des langues romanes, 
4* série, t. V (1891); voir p. 247. 

2. Notons que la liste des légendes dressée par M. Camus n'est 
pas complète. 


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- 69 - 

la description d’un manuscrit de Tours (n° 1008) *, ap¬ 
parenté de très près, comme on le verra, avec celui 
que nous allons étudier. 

Le ms. 116 du fonds étranger de VEstense est un 
grand livre (38 cent, de hauteur sur 27 de largeur) écrit 
à deux colonnes par une main italienne. L’écriture, qui 
est assez belle, appartient à la première moitié du 
xiv e siècle. Les miniatures, dont quelques-unes ont été 
enlevées, offrent aussi le caractère italien très prononcé. 
Le manuscrit de Tours est également d’origine italienne. 

Je rappelle que le .manuscrit de Tours se compose 
de quatre parties bien distinctes : i° quatre morceaux 
en italien, relatifs à la Nativité, à l’Annonciation, à la 
Purification et à l’Assomption de la Vierge; 2 0 dix-sept 
légendes françaises traduites d’anciennes légendes la¬ 
tines et qui se retrouvent classées selon le môme ordre 
dans un légendier français (mais copié par un Italien) 
conservé à Lyon *; 3 ° une suite de cinquante légendes 
françaises traduites de la Légende dorée ; 4 0 une rédac¬ 
tion italienne de la légende de saint Brendan. 

Les légendes contenues dans le manuscrit de Mo- 
dène forment trpiç groupes qui correspondent assez 
exactement aux trois premières parties du manuscrit de 
Tours. Nous trouvons d’abord — c’est le premier 
groupe — trois pièces assez longues qui ont pour objet 


1. Année 1897, p. 39 et suiv. 

2. Décrit dans le Bulletin de 1888. Notons ici que le légendier 
de Saint-Pétersbourg (voir ma notice dans les Notices et extraits , 
XXXVI, 679) commence par une série de légendes qui, par les 
leçons comme par le classement, appartiennent visiblement à la 
même famille que les légendiers de Lyon et de Tours. 


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la Nativité de la Vierge, la Nativité du Christ, l’As¬ 
somption de la Vierge ; elles sont traduites des cha¬ 
pitres cxxxi, cxix et vi de la Legenda aurea de Jacques 
de Varazze. Le manuscrit de Tours commence à peu 
près de môme par la traduction des chapitres cxxxi 
(Nativité de la Vierge), li (Annonciation), xxxv (Puri¬ 
fication) et cxix (Assomption) de la Légende dorée. On 
voit toutefois que le choix des morceaux n’est pas tout à 
fait le même de part et d’autre. Une seconde différence 
est que les quatre chapitres par lesquels commence 
le manuscrit de Tours sont en italien, tandis que les 
trois chapitres correspondants du manuscrit de Modène 
sont en français. Mais pour la suite la ressemblance 
entre les deux manuscrits est beaucoup plus grande. 

La seconde partie du manuscrit de Tours (art. 5 à 21) 
contient, avons-nous dit, dix-sept légendes qu'on re¬ 
trouve en bien d’autres légendiers, et qui ne sont pas 
traduites de Jacques de Varazze. Elles se rencontrent 
aussi dans le manuscrit de Modène, à peu près dans 
le môme ordre, comme le montre le tableau suivant : 


Tours Modène i 

Tours 

Modène 

5 

4 

i 3 

i 3 

6 

5 

H 

H 

7 

6 

i 5 

i 5 

8 

7 

16 

16 

9 

8 

«7 

»7 

10 

9 

18 

29 

» 

10 

•9 

3 o 

11 

11 

30 

3 i 

13 

13 

31 

» 


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~ 7 * - 

Les différences consistent : i° en ce que le manus* 
crit de Modène transpose les articles 18 à 20 du ma¬ 
nuscrit de Tours, les plaçant plus loin, parmi les lé¬ 
gendes traduites de Jacques de Varazze ; 2 0 en ce que 
l’article 10 de Modène n’existe pas dans le manuscrit de 
Tours. Cet article est la vie de saint Chrysante, tra¬ 
duite de Jacques de Varazze, que le copiste du manus- 
crir de Modène aurait dû mettre plus loin, 1 entre les 
articles empruntés à la Legenda aurea; 3 ° fcn ce que 
l’article 21 de Tours (les sept dormants d’Éphèse) 
manque dans Modène. À part ces différences ', les deux 
manuscrits présentent le môme texte. Les mêmes fautes 
se rencontrent de part et d’autre. 

Les articles 22 à 71 du manuscrit de Tours sont la 
traduction d’autant de légendes de Jacques de Va¬ 
razze * : ils se retrouvent tous, sauf un, l’article 27 
(les saints Innocents, Legenda aurea , ch. x), dans le 
manuscrit de Modène, et l’ordre selon lequel ils sont 
rangés est à peu près le môme dans les deux recueils. 
Cet ordre n’est nullement celui de la Légende dorée où 
les saints fcont classés & leur fête. Dans le manuscrit de 
Tours, il n’y a aucun classement apparent, sinon que 
les vies des . saintes prennent place à la suite de celles 
des saints. L’idée de grouper séparément les saints et 
les saintes s’observe en bien d’autres légendiers. Les 
légendes de Jacques de Varazze que nous trouvons 
dans les manuscrits de Tours et de Modène ont-elles été 
spécialement choisies et traduites pour entrer dans le 


1. Il y a aussi quelques menues différences dans les rubriques, 
a» Sauf toutefois l'article 33 qui est la répétition de l'article 19. 


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— 7 * ~ 

recueil que représentent ces deux manuscrits, ou les 
a*t-on empruntées à une version complète de la Legenda 
aurea? Je me suis déjà posé cette question lorsque j'ai 
décrit le manuscrit de Tours \ et je ne suis pas plus 
qu’alors en état d'y répondre. Toujours est-il que, s'il a 
existé une traduction complète de Jacques de Varazze 
à laquelle le compilateur des légendiçrs de Tours et de 
Modène a emprunté un certain nombre de morceaux, 
cette traduction ne nous est pas connue. 

Il peut sembler singulier qu’on ait eu l'idée de 
déranger l’ordre adopté par l'auteur de la Legenda 
aurea . Nous devons néanmoins reconnaître que la 
même idée est venue à d'autres compilateurs. Il existe 
en provençal une version de la Legenda qui se présente 
sous deux formes, selon les manuscrits : i° dans 
Tordre du texte latin (ordre de l’année liturgique); 20 
dans un ordre tout différent, et qui paraît fortuit*. 
Nous possédons aussi divers légendiers français où 
l’ordre liturgique n’est nullement suivi, dans la compo¬ 
sition desquels sont entrées de nombreuses légendes 
empruntées à une vieille traduction de la Légende 
dorée 1 2 3 . 

Les trois premiers articles du légendier de 
Modène sont, comme je Tai dit plus haut, la traduction 
de trois chapitres de la Legenda aurea . J’en donnerai 
des extraits assez étendus parce qu'il n’en existe pas, à 

1. Bulletin de 1897, p. 43. 

2. Romania , XXVII, 93 et suiv. 

3 . Voir Notice sur trois légendiers français , attribués à Jean 
Bel et, dans le t. XXXVI des Notices et extraits des manuscrits . 


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- 7 3 — 

ma cotmaissauce, 4 'autre manuscrit. Le premier est 
traduit du chapitre çxxxi, éd. Grâsse, p. 585 . Jacques 
de Varazze a introduit dans ce chapitre, comme dans 
le troisième (Assomption), un assez grand nombre de 
miracles dé la Vierge : les recueils auxquels il a 
emprunté ces miracles ont été indiqués par M. Mus- 
safia dans ses Stüdien \u den Mittetalterlichen Marien- 
legenden, 11 , 63 . 

La nativités de la gloriouse virge Marie de la lignée de 
Juda et de la génération de David prist comeneement *; 
mès sains Matheus et sains Luques ne descristrent mie la 
génération de sainte Marie, niais de Joseph, li queus Joseph 
fu del tout en tous estranges de la conception de Crist; Car 
hom dist que la costume de la Scfiture fu par Tordre de la 
générations sé deust comprendre devers les homes *; mès 
très verement sainte Marie descendi de la lignée de David, 
laquel chose apert dé ce principaùment car 1 2 3 , si corne 
sovent tesmoigne (sic) les Escritures, Crist i>t nessance de la 
lignée de David. Donc, corne Crist soit nés. seulement de la 
virge Marie, il est manifeste que la Virge fu née de la 
semence de David... 

(Fol. B b) Et 4 si est a savoir que l’Eglise solemnize trois 
nativités : c’est la nativité de Crist, de sainte Marie, de saint 
Johannis Baptiste, lesqueles senefient les trois espéritels 


1. L’inversion du latin est conservée : « Nativitas gloriosæ vir- 
ginis Mariœ ex tribu Juda et regia stirpe David duxit originèm. » 

2. Le texte est ici incomplet et probablement corrompu ; lire, 
à la ligne précédente, que au lieu de par. Le latin porte : « quia 
consuetudo Scripturœ dicitur fuisse ut non mulierum, sed viro- 
rum generationis sériés texeretur. » 

3 . Car au sens de que; dans le latin « quoniam ». 

4. Legenda aurea , éd. Grâsse, p. 590. 


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- 74 - 

natures. Car, avec Johan naissons en eive, avec sainte 
Marie en penitance, avec Crist naist hom en gloire ; mais 
com il conviegne que en la nativité dou baptisme doit aler 
es jeunes lacontression devant, et en celle de la gloire ease- 
ment, por [ce] ces deus, por raisons, ont vigiles; mès, 
cornent la penetence soit toute por vigile, ne convient il 
mie qu*ele ettst vigile, mais elle soit toutes octaives, car 
toutes entendent as octaives de la resuression 
Uns chevaliers mult très nobles et dévot a sainte Marie 
aloit a un torooiement, et trova premièrement en sa voie une 
abalequeestoitfete enl’onor S. Marie; et il entré leens por 
oïr messe, et, conment * l’une messe venist après l’autre & 
ü n’en voloit nulle leissier por l’onor de S. Marie, & qant 
elles furent toutes conplies, il oissi dou mo s tiers & chevau- 
choit hastivement vers le tornoiement ; & cil qui 1 2 3 retor- 
noient li vi[n]drent a l’encontre, & li di[r]ent : « Vos avés 
hui fet plus de chevalerie por 4 vos mains que tous li 
autres » ; & le looient mult, & li donoient le pris sor tos 
les autres» ; & chascun le tesmognoent tout d’un corage, & 
estaient autre qui dissoient : « Il nos a ui pris », & si pro- 


1. La dernière phrase étant assez obscure, je crois utile de 
transcrire ici le latin : « Cura igjtur nativitatem baptismi in adul- 
tis oporteat præcedere contritionem, et gloriæ similiter, ideo illæ 
duæ merito vigilias habent; sed, cum pœnitentia tota sit pro 
vigilia, non oportuit ut vigiliam haberet. Octavas vero omnes 
habent quia omnes ad octavam resurrectionis anhelant. » 

2. Comment au sens de comme : « Cum autem missâ missæ 
succederet ». Cet emploi de comment , que nous avons déjà ren¬ 
contré plus haut, est fréquent dans Cette version. On en a d'autres 
exemples; voir Godefroy, II, 194 b. 

3 . Qui , ici et ailleurs, est figuré par un q barré, ce qui est 
caractéristique de récriture italienne, voir Bulletin , 1897, p. 47, 
note 1. 

4. Por, au lieu de par est fréquent dans ce manuscrit. 


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— 7 * — 

liraient a lui de tenir prison la ou il voloient 1 2 . Li chevalier, 
qui estoit sajes & apercevans, s'aperçut bien que la cortoise 
roïne cortoisement Pavoit honoré. Il manifesté* cornent il 
li estoit avenu & retorné a l’abaïe, & fu plus 3 chevaliers del 
fils de la Virge. 

Un evesque qui avoit sainte Marie en soveraine reverence 
& en devosion aloit une nuit por grant devossion a une 
yglyse de la Virge, & veés ici que la virge des virgines vint 
a l’encontre de ceste evesque, & et si le reciut a mult grant 
honor & a grant conpagnie des virges, & li comencé a mener 
a l’yglyse ; la ou il aloit dui virges de celle compagnie chan- 
toient devant & dissoient : Cantemus domino socie , cante- 
mus honorem ; dulcis amor Chisti personet ore pio; c’est à 
dire *, « Cantons a nostre seignors en conpaignes, chantons a 
li ; honor li dous amor de Crist soit chanté ou pietouse 
bouche ». 

Le dernier miracle, fol. 4 d, commence ainsi 4 : 

En l’an de l’incarnation de Nostre Seignor MC ans, en 
Lyon sor le Rousne estoit uns hom & et sa feme qui avoient 
une fille ; si le marièrent a un jovencel, & por l’amor de 
lor fille tenoient avec aus lor (fol. 5 ) genre en lor maison. La 
mere de la fille amoit tant son genre & honoroit, por l’amor 
de sa fille, que n’en estoit meindre cel’amor au genre que 
celle de la mere au jovencel. Entre ses choses dissoient li 
maudissant que celle ne faissoit mie ce por l’amor de sa 

1. Corr. voloit . La traduction est ici assez libre. 

2. Pour manifesta , cf. plus loin retorné , comencé , etc.; ces for¬ 
mes de prétérit, qui ne sont pas constantes, ont déjà été signalées 
dans le ms. de Tours (Bulletin de 1897, p. 53 , note 2). 

3 . C’est ce que donne l’abréviation, mais il faut corriger puis . 

4. Édit. Grœsse, p. 594, mais le texte de cette édition ne donne 
aucune mention de date ni de lieu. 


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— 76 — 

fille, mès por ce qu’il l’amast et en feïst sa volonté en leu de 
S£ fille. 

fl. La Nativité {Leg, aurea , vi, éd. Grâsse, p. 40). 

(Fol. 5 b) Ci dit de la nativité de nostre santisme seignor 
Dieus et de ses miracles . La nativité de nostre seignor Jezu- 
crist, si com dient aucun, fu fait selonc la char, puis Adam, 
ol tens Octovens Penpereor, v“ & ccc xxviij ans compris, 
ou, selonc aucuns autres, vj m , ou, selonc Eusebie de 
Cesaire, escroniques, v«cic *, mais li nombre devj“ ans fu 
trovée de Méthode grandrement par fugure que par cro- 
nique * ; mais qant le fils de Diu vient 1 2 3 en la char, de tant 
concorde s’esjoïssoient li mondes que un seul enpereor de 
Rome estoit seignor de tout le monde en pais. CSl fii dit 
Octovens de la première empocisiom, César de Jule César, 
Augustus de l’acreissement de la chose comune, enpereur 
por l’onor de la dignité, qu’il fu ensi hennorés d’icestui nom 
por la deference des autres rois 4 ; car 5 il voust ensi nàistre 
a ce q’il nos donast pais de tans & pais d’eternité, il voust 
que pais dou tout avironassent le tens de son naisèment. 
Dont César Agustus, qui estoit sire de tout le monde, voust 
savoir quantes provinces & qantes cités, qant chastiaus, 
qantes villes & et; qant homes fussent en tout le monde ; il 

1. Lire V “ CM ; « quinque millibus nongentis». 

2. « Potins mystice qnanl chronict ». 

3 . Pour vint, faute fréquente dans ce texte. 

4. Il est à propos de citer le latin : « Hic dictus est Octavianus 
a prima impositione ; Cæsar a Julio Cæsare, cujus fuit nepos ; 
Augustus ab augmento reipublicæ; imperator a dignitatis 
honore, qui ad difFerentiam aliorum regum fuit primo hoc nomine 
insignitus. » 

•j 5 . Il faut supposer que le copiste aura omis corne, ou 
cornent ; latin : « nam sicut nasci voluit... » 


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— 77 — 


comahda, si com hom dist en l’Estoire escolastique, que 
tuit li home alassent ou destroit de la cité dont il estoit 1 * 
nés, et chascun hom donast au prince dé sa province un 
denier d’arjant qui valust .x. deniers, desquels hom usoit tout 
jors, et confesast, rendant ce denier, li estre sogiet a l’en- 
pire de Rome; car li denier portoit la (d) figuré de César et 
le sorescrit de som nom \ 

3 . L’Assomption. — Leg. aurea, cxix. 

(Fol. 8 d) Ci dit de Vassunsions de Nostre Dame sainte 
Marie , lequel escrist saint Johan Vevangelistes. — Ci co¬ 
rne nce l’Assunption de Nostre Dame sainte Marie, & fu 
faite por 3 un petit livret apocrife lequelz fist saint Johans 
Pavangelistes est demostree, car li apostre, por la grâce de 
la predicasion, estoient 4 5 alé en diverses parties dou monde, 
hom xiist que la beneuré Virge remest en sa maison, qui 
estoit delés le mont Syon, et con * grandisme & continuel 
devossion, elle visitoitlous li leus de son fils, c’est le leus 
del baptisme, de sa jeune, de sa passion, de sa sepouture, 
de sa resuression et de sa asencion; & ce fist elle tant qant 
elle vesqui. Et, selonc que dist Epiphanes, elle vit après 
l’asention de son fils {fol. g) xxiiij ans; et dist qe, qant la 
sainte Virge conciut Nostre Seignor elle avoit xiiij ans, & 
ou quindisme l’enfanta, & demoré avec son fils xxxiij ans, 
& après la mort de son fils vesqui elle xxiiij ans ; selonc ce, 
qant ele moruit avoit elle lxxij ans ; mais il semble qu’il 

i. Çorr. estoient. 

a. « Subscriptionem nominis ». 

3 . Le texte ne se construit pas. Latin : « AssumptiôB. V. M. 
qualiter facta sit,ex quodam libello apocrypho, qui Johaniii èvan- 
gelistæ adscribitur, edocetur. » 

4. Il faudrait estant , ou suppléer com après car. 

5 . C’est bien italien. 


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- 7 8 - 

soit plus provée chose ce que hom list en autre part, c’est 
qu'eie vesqui après la mort de son fils xij ans, & si avoit 
ele lx ans quant elle monta ou ciel, car li apostres prei- 
choient en Judée & environ celle partie par tant de tens ; 
ensint le dist la sainte estoire de l’Eglyse \ 

Un jors que li cuers de la Virge estoit mult eschaufés ou 
desirier de son fils, l'arme qui estoit chaude * s’escomuit & 
aronpi en abondance de larmes dehors, & corne ele par tens 
ne peust sofrir li solais qui li estoient tollui de son fils, li 
angles avec grant lumière s’estuit devant li, a grant reve- 
rence li salue si corne la mere de son Seignor, & dist : 
t Dieus te saut, beneoite plaine de grâce, recevant la bene- 
tion de celui qui mandé salut a Jacob. Dame, je t’ai 
aporté de paradis ce raim de palme lequel tu comandrai 1 2 3 
a porter devant ta biere, car au tiers jors tu serai prise de 
ton cors, car tes fils t’atent en la chose qui est d’avoir en 
reverance 4 », auquel sainte Marie respondi : « En por ce que 
j’ai trové grâce en tes els, je te prie que tu me dies 
tu[n] noms, mai ce dement je plus ententivement que 
li apostles mes fils & mi frere soient asemblé a moi, a 
ce que je le voie devant que je muire des iels de mon 
cors & que je puisse estre ensevellie por eus & que en 
lor presense je rent mon esperit a Dieu, & encor demant 
je & prie que qant ma (b) arma istra de mon cors, nule 
chose oscure ne noire voie 5 , de que nulle poestés de 

1. C’est un contre-sens; latin : « Ecclesiastica historié », c’est-à- 
dire l’ouvrage de Pierre le Mangeur ainsi intitulé. 

2. a Æstuans animus ». 

3 . Forme italienne; latin < jubeas ». De même serai à la ligne 
suivante. 

4. L’édition de Grœsse porte : « Nam tuus filius te matrem 
reverendam expectat ». Le traducteur a lu re verenia ! 

5 . « ...ut anima mea de corpore exiens milium spiritum teter- 
rimum videat. » 


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— 79 — 


Satana ne me viegne devant. » Et li angles li dist : « Dame, 
por quoi desires tu a savoir mon nom, liquels est mervoil- 
leus et grans? mès je te dis que tuit li apostles ae «semble¬ 
ront hui a toi, qui te feront nobles servises de mort car qui 
jadis porté le prophète de Juda par 1 2 les chevils en Babi- 
loine sans faile, il porra soudainement amener les apostles, 
[de] asenbler les en un movement. Mès por quoi as tu poor de 
veoir les mauvais esperit qant tu lors ai deffoulé lor chief 
de les as despoilié de lor seignoriede de lor poestés? Neque- 
denques soit fetes ta volonté que tu ne voies nul. » Quant li 
angles ot dit ces paroles, il monta au ciel avec grant lu¬ 
mières, mais cil raim de palme resplendissoit de grant 
clarté de a une virge senbloit de sa verdour, mès les foilles 
resplendissoient cornes estoilles dou maitin. 

Quant saint Joçhans preichoiten Efeçe. 

(Fol. ii b) Mais * hom dist que li vestimens de Nostre 
Dame remistrent el sarquel por la consulation des cris- 
tiens, de quoi une partie de celle vesteüre hom raconte que 
tel miracle en avient. 

Quant li duc de Normandie ot assisse la cité de Cartres, 
li evesque de celle cité mist la coutelle de Nostre Dame, 
qui iluec estoit, a une lance en maniéré de bannière, de puis 
oissi seurement encontre ses enemis ; de toutes li pouple les 
sévi & tantost tous li ost de ses henemis fu férus de avu- 
gleté de d’estutie, de furent, tuit esbaïs en lor corajes. Cil de 
la cité firent plus que Dieus n’avoit fet 3 , de hoàcioient les 
enemis cruelment, laquel chose desplet mult a Nostre 
Dame ; car tantost celle coutelle s’esvanoi de li henemi reçu¬ 
rent maintenant lor veüe. 

Hom list es révélation de s. Elizabeth qe, qant s. Elyza- 

1. Ou por ? Il y a Tabréviation latine pro. 

2. Ed. Grâsse, p. 5 io. 

3 . ... « Divino judicio superaddunt. » 


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— 8o — 

beth fu une fois ravie en espirit, elle vit en u[n] leu mult 
loing un sépulcre li qds est oit avironés de grant lumière ; 
& dedens cel sépulcre ausi corne une forme d’une feme....... 

(Fol. 12 c) Un 1 2 clers devous a la vierge Marie contre la 
dolors de .v. plaies de Crist s’estudoit ausi com de confor¬ 
ter Nostre Dame chascun jor por ces paroles dissant : 
« Esjoïs toi, mere Dieu, Virge sanz tache, esjois toi qui pre- 
sis la joie des angles ; esjois toi tu qui engendras la perdu- 
rable clarté de lumière... » 

(Fol. 12 d) Li * estoit un moines mult lubres 3 . Mès il 
estoit mult dévot a la beneuré Virge. Une nuit, qant il alloit 
a son pechié acostumé, trespassant pour devant l’autel de 
sainte Marie, si la salua, & ensi oissi de la glyse... 

Un chevalier mult puissant & riches 4 despendi tous ses 
biens a fause largesse, & devient a si grant povreté qe 
il, qe soloit 4 oner les grans choses, (fol. i 3 ) comencé 5 ja 
a avoir grant besoing des petites. Il avoi[t] feme mult très 
chaste & mult de vote a sainte Marie. & qant aprochoit une 
grant solenités en laquele li chevalier soloit doner mult de 
grant dons, de qant il vit q’il n’avoit plus qe doner ausi com 
il soloit, il fu plains de grant confusion & de honte. 11 s’en 
ala en un leu deseit qui est amis de tristesse, & iluec 
demora treffin que celle solenités fu trespassé, por ce q’il 
plorast iluec li doumage de s’aventure & eschivast la ver- 
goigne qe il avoit. Adonc soudainement vent a lui en celui 
leus un chevaûs mult terribles, & plus terribles estoit encore 

1. Éd. Grâsse, p. 5 1 3 . 

2. Lire il. 

3 . « Erat monachus valde lubricus... » Lubre , en ce sens, n’est 
relevé jusqu’ici que chez Christine de Pisan (Godefroy). — Ce 
miracle est placé beaucoup plus loin dans l’édition de Grâsse 
(p. 5 i 6 ). 

4. Ed. Grftsse, p. 5 i 3 . 

5 . Pour comença, voir ci-dessus, p. 75 note 2. 


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cil qui chevauchait ol chevaus; & paria a 11 & lidemanda 
l’achaikm de sa tante tristece, & li chevalier li dist par 
ordre toutes choses; & li chevaucheor li dist : « Se tu vous 
un petit servir o moi, tu seras plus riches qe tu ne fust 
onques... » 

{Fol. 14) En la cité de Borges en Berri *, environ les ans 
Nostre Seignor nxxvn, qant li crestiens se comunioit ou 
jort de Pasqûes/ uns ehfens des Juïs avec les enfens des 
cristiens ala a l’autel & prist le cors dé Nostre Seignor avec 
eus, & qant il vint en la maisons, li juïs ses peres li demanda 
dont il venoit,.... 

Qant auqautz moines devant le jors * éstoient delés une 
(b) ^rant riviere, & iluec se deportojput en paroles uisieuses 
& en fables, & il oïrent nagier qui navioient 3 par le flum 
par mult grant force d’avirons, li mones lor distrent : « Qui 
estes vos?» & il respondirent : « Nos somes diables qui por- 
ton l’arme d’Eubrone *, le prevost de la maisson le roi de 
France, en enfer, liquels est moines renoiés & apostata de 
l’abaïe de Saint Galle. » & qant li moine Foirent, si furent 
mult esbaïs & horent grant pooir 5 . Si crièrent forment : 
« Sainte Marie,prie por nous!» & li diables distrent : « Vos 
avés bien appellé Marie, car nos vos volomes 6 tous noier en 
por ce qe nos vos trovames dessoluement, dehorsTeure, 
acostumés dire fables & paroles uissieuse ». Adonc li moines 
s’en alerent a lor abaïe, & li diables s’en alerent en enfer. 

Une feme estoit souvent anuïe & entente dou diable 7 en 
forme d’ome qe li apparut visiblement, & en sostenoit la 

1. Éd. Grasse, p. 5 t 5 . 

2. Ibid., p. 5 i 6 . 

3 . « Audiunt remiges », 

4. « Ebroini ». 

5 . Sic, pou t poot*. 

6. Coït, voliomes. 

7. Ed. Grâsse, p. 517. 

BULLETIN. — 1902 



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— 8 * - 


feme mult de tribulation.; & elle prenoit plusor remedes 
sor ce, ore de eve beneoite, ore d’une chose, ore d’un’autre, 
mès cil por ce ne cessoit mie ; mès un sains hom li conseilla 
& li dist qe, qant li diables venroit allui, qe elle tendist ses 
mains en haut & deïst : c Sainte Marie, aide moy ! » Elle le 
fist enpi corne cil sains li avoit dit ; & qant li diables l’oy, fu 
ausi esbaïz k auscoi (sic) com se il fust férus d’une pierre, 
&. puis dist : t Li mauvès diables puist entrer en la boche 
d’iceli qui ce t’enseignai » & tantost s’esvauoï de ne jut 
onques puis a la feme 1 2 ». 

C’est à partir du morceau suivant que le manuscrit 
de Modène est d’accord, sauf quelques transpositions, 
avec le manuscrit de Tours. 

4 # — (Fol. 14 c ) C’est la vie & la passion de monsignor 
saint Pous Vapoistres \ Qant saint Pous fu venus a Rome, 
li Juif vindrent a lui et si li distrent : a Defent nostreToy en, 
laquelè tu es nés, car il n’est pas drois qe tu, qui es hebreus 
& viens de Ebreus, deviennes 3 mastres des gens &.que tu te 
faces maistres de defendeor de ciaus qui ne sont pas cir¬ 
concis... » 

(Tours, art. 5 .) 

1. « Nec ad eam postmodum accessit ». 

2. Cette rubrique a été mise ici par erreur ; elle se retrouve 
plus loin (art. 6) à'sa placer Le vrai titre serait, comme dans le 
manuscrit de Tours : « De la desputassion deSymon l’enchanteor 
contre saint Pierre ». Cette version d’un apocryphe attribué à 
Marcellus, disciple de saint Pierre, a été très souvent copiée ; voir 
par ex. Notices et extraits des manuscrits, XXXV, 47$; XXXVI, 
425, 681. 

3 . Deviennes, même leçon que dans les manuscrits de Tours 
et de Lyon (Bulletin, 1888, p. 80), au lieu de te juges, qui est la 
leçon ordinaire. 


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— 83 — 


5 * — La passion de saint Pierre. — Il manque un 
feuillet entre les ff. 18 et 19. Le feuillet 18 se termine 
ainsi : « erraument q’il l’orent degrepi, si chel en un 
leu c’om dist Satra, & fu départis en .iiij. pièces ». Le 
feuillet manquant contenait la fin de la « Dispute de 
saint Pierre et de saint Paul » et le commencement de 
la Passion de saint Pierre. C’est, sans doute, pour avoir 
la miniature initiale de la légende qu’on a enlevé ce 
feuillet et bien d’autres. Actuellement, la passion de 
saint Pierre commence par ces mots : 

(Fol. ig) & a tous les mestiers [de] devine pitié, & meme- 
ment es cuers de ciaus qui l’escoutoient metoit chastité et 
charité, & si amonestoit cels qui creoient en Jhesu Crist 
qu’il se gardassent de maufere... 

(Tours, art. 6.) 

0. — (Fol. 22) Ceste est la vie & la passion saint Pol. De la 
passion S. Pol sachent tuit créant en Nostre Seignor qe, 
qantS. Lucasl’avangelistes fu venus a Rome de Galate.... 

(Tours, art. 7.) 

7# — (Fol. 26) De monsignor saint Johan evangeliste et de 
sa passion. Bien est selle chose que la segonde persecussion 
que puis Noirons fu faite sor crestiens fist Domeciens li 
empereres... 

(Tours, art. 8.) 

8. — (Fol. 3 o c ) Cest la vie et la passion nionseignor 
saint Mathié Vapostre . Voir est que Dex a cure des homes. 

(Tours, art. 9.) 

9 # — (Fol. 36 ) Ci dit corne , après Vaveniment de Nostre 
Seignor , li apostre se départirent, & la via & la passion saint 


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- 84 — 

Sjrmon. Bien avés oï 8c entendu cornent le haut jor de l’ens- 
sencion nostre seignor Jhesucrist 8c après l’aveniment del 
Seint Esperit. 

(Tours, art. 10.) 

10 . — (Fol. 41 c) CP est la vie et la passion saint Gri - 
sans . Grisans fu fils d’un très noble hom qui avoit nom 
Polines ; 8c qant il fa enseignés dé la foy Jhesucrist, 8c ses 
peres ne le pot rapeller au sacrifice des ydlez. 

(Cette traduction du ch. clvh (éd. Gràsse, p. 700) de 
Jacques de Varazze ne se trouve pas dans le manuscrit de 
Tours, ni ailleurs, que je sache. Elle n’est pas à confondre 
avec une rédaction d’origine différente dont plusieurs copies 
ont été indiquées dans le Bulletin de 1892, p. 91.) 

f f • — (Fol. 42) CPest la vie et la passion monseignor 
saint Thomas . Bien est drois et raisons que tuit cil qui 
crestiens sont 8c qui Dieu aiment et croient oient volontiers 
parler de Nostre Seignor et de ces [apostres ’], cornent il 
furent martirié 8c con grant passion il soffrirent... 

(Tours, art. 11.) 

12 *— (Fol. 45 d) Cest la vie 8 c la passion saint Phi- 
lippes, Douce chose est et bone a oïr parler des hevres 
Nostre Seignor... 

(Tours, art. 12.) 

13 * — (Fol. 46 d) C'est 8 c * la vie 8 c la passion monsei¬ 
gnor saint Jaques . En cel tans que li saint apostre preechoient 
8 c annoncioient la sainte évangile por le monde et la loy 


1. Je rétablis ce mot omis par le copiste. 

2. Ici la conjonction est évidemment à supprimer. La même 
erreur se reproduit souvent. 


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— 85 — 

Nostre Seignor par toutes terres, s. Jacques, qui estoit 
appellés justes por son nom, estoit demorés en la terre de 
Jérusalem... 

(Tours, art. i 3 .) 

14 # — Fol, 48 b) Cest la vie & la passion ntonseigno[r] 
saint Jaques Vapostre. Après le jor de sainte Pentecouste, 
que li S. Esperis descendit sor les apostres et Nostre Sires 
lor ot enseignés totes les lengages... 

(Tours, art. 14.) 

Un feuillet a été enlevé entre les ff. 52 et 53 . Par 
suite manquent la fin de la vie de saint Jaques le Ma¬ 
jeur et le début de celle de saint Barthélemi. 

f 5 . — (Fol. 53 ) [Saint Barthélemi] « . [Ber]talomé, 

apostre de Dieu, tes orassions m’ardent & destruient. » 
Donc dist li s. apostre : a Diable, je te cornant que tu te 
taisses.» 

(Tours, art. i 5 .) 

16 . — (Fol. 58 ) Ce est la vie & la passion monsignor s . 
Marc Vevangeliste. En cel tans que li s. apostre estoient 
desparti por le monde, por annoncier 1 ciaus qui ne creoient 
fermement le saint avangile & le baptisme... 

(Tours, art. 16.) 

(Lacune d’un feuillet entre les ff. 60 et 61). 

17 * — (Fol. 61) [Saint André]... Graciens estoit un haus 
home et riches en la cité que Sinopensis estoit appellés. 

(Tours, art. 17.) 


1. Ici le copiste omet quelques mots. 


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- 86 - 


Lacune d’un feuillet entre les £f. 71 et 72. 

18 . — (Fol. 72) [Saint Eustache].et d'argent et de 

toutes choses, il 6c sa femme 6c ses enfans rendirent grâces 
a Nostre Seignor 6c s’enfuirent la nuit.. 

(Tours, art. 22.) 

f O* — (Fol. 74) Cest & la passion 6c la vie de saint Mû¬ 
risses. Mûrisses est dis de Maris 6c de Cis 9 qui est a dire 
conselliers ou hastans; où il est dis de Maurom , que, selonc 
Ysidore, est a dire en greçois noir... 

(Tours, art. 23 .) 

20 . — (Fol. 77 b) Cest & la vie 6c la passion saint Jaques . 
Jaques li martirs, qui por son nom est appellés entercis, fu 
noble por lignée* mès por foy fu il plus noble... 

(Tours, art. 24.) 

21 . — (Fol. 77 d) Griçogones, por le comandement de 
Diocleciens, fu mis en chartre ou que il estoit noris por le 
norissement que s. Anastase li donoit... 

(Tours, art. 25 .) 

22 * — (Fol. 78 c) C'est 6c la vie 6c la passion messire 
saint Johan et Paules. Johans 6c Paules furent premier pre- 
vost de Costance la fille de Gostantin 1 Aguste, l’empereor. 

(Tours, art. 26.) 

23 * — (Fol. 79 d) Cest 6c la vie 6c la passion saint Lo - 
rens . Lorens si est a dire corone tenans, laquele est fait de 
lorier.,.. 

(Tours, art. 28.) 

1. Il est à noter que cette graphie singulière se trouve aussi 
dans Tours. 


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Lacune entre les ff. 84 et 85 . 


24 . — (Fôl. 85)1 [Saint Hippolyte]... [trove]rent noient, & 
cil chevalier s’en fuï tantost. Yreneus appellé un crestiens 
qui avoit nom Habunde... 

(Tours, art. 29.) 

25 * — (Fol. 85 d) Cest k la vie k et la passion s. Mathias. 
Mathias, en ebreu & en latin si est dis 1 a Nostre Seignor, 
ou doniers de Nostre Seignor, ou humbles ou petis, car il 
fu donés de Nostre Seignor.... 

(Tours, art. 34.) 

26 # — (Fol. 88) CPest. l’envention monseigno\r\ saint 
Esternes. Li envention dou cors.monseignor S. Estevnes le 
premier martir est racontée qu’ele fu. en l’an Nostre Seignor> 
ccccxvn, ou vij ans de Honore prince... 

(Tours, art. 3 o.) 

Lacune d’un feuillet entre les ff. 89 et 90. 

27 # — (Fol. 90) [Saint Georges].^ tires n’a mie certaine 
relassions, car il est dit ou Kalendier de Bede qu’i fu mar- 
tiriés en Perside... 

(Tours, art. 3 i.) - 

28# — (Fol. 9s?) C’est la vie de la passion de s. Cristofle . 
Cristofles, devant qu’il fust baptisiés, avoit non Reprovés, 
mès après ce qu’il fu batisiés si fu il appellés Cristofles... 

(Tours, art. 3 a.) 

29# — (Fol. 94 c) Cest la vie k la passion saint Longin. 


1. Ici, comme dans le manuscrit de Tours, manque la ïuot dànâf. 


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— 88 — 

Molt devrait volontiers chascuns que crestiens est oïr et 
entendre de verai cuer... 

(Tours, art. 18.) 

80. - (Fol. 96 d) Cest la vie k la passio[n} des compai - 
gnon saint Pous \ Après la sainte passion Nostre Seignor & 
la glorieuse rassurassions, que les apostres furent départi 
por le monde por annoncier la sainte loy Nostre Seignor & 
le saint batisme, messire S. Pous, qui, por la grâce de Dieu, 
si con vos avés oy, fu de lor compagnie, preicha le saint 
évangile, ne mie tant seulement en la terre de Jérusalem, 
mès en lontaingnes cités et estranges contrées... 

(Tours, art. 19 et 33 .) 

81 « — (Fol. 106 d) Cest e la vie & la passion des deus 
freres , c'est de *. Corne kde s. Damiens . Cil quy crestiens 
estoit * k Nostre Syra aiment veulent volentiers oîr k 
entendre les paroles qui de luy sont... 

(Tours, art. 20.) 

Lacune entre les S. 107 et 108. 

3 Zé — (Fol. 108) [Saint Clement]... auxi com un autres 
et desprisoit sa prediçaeions... 

(Tours, art. 35 .) 

83 * — (Fol, 11a c) Cest la vie k la passion de mess, 
s. Tumas . Tumas vaut tant a dire corne abismes... 

(Tours, art. 36 .) 

84. — (Fol. 114 c) Cest e la vie e la passion saint Bas- 
tien. Sebastiens si est dis de ènsivant k de béatitude... 

(Tours, art. 37.) 

1. Lire Denis. Le rubricateur a été induit en erreur par les pre¬ 
mières lignes de la légende. 

. a.Corr, sont. 


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05 . r- (Fol. Il 7) Cest la vie k la passion saint Vincens. 
Vincens vaut autant a dire corne ardans... 

(Tours, art. 38 .) 


36 *— (Fol. 119) Cest e la vie saint Ignasces (sic). Ignàses * 
ansi com sofrans... 

(Tours, art. 39.) 


3 ?, - (Fol 120 i) Cest la vie saint Biaise .. Bltisscs si 
est a dire ausi com omble*.. ; 

(Tours, art. 40.) 

30, — (Fol. 122 c) Cest la vie et la passion saint Ci- 
riaque. — Ciriaques fu ordeniés diacre de Marcel Fapostres. 

(Tours, art. 41.) 

39, — (Fol. 123 c) C'est la vie k la passion messire saint 
Donas . Donas si est a dire si corné nés de Dieu... 

(Tours, art. 42.) 

Lacune entre les ff. 124 et 125 . 

40 . — (Fol. 125 ). [Saint Adrien.]... joie & s’esmerveilloit 
de sa feme jeune et très belle... 

(Tours, art. 43.) 

4f, — (Fol. 126) C'est e la vie e la passion saint Protes 
[et] Jacintes. Protes [et] Jacintes furent damoisel de Eufugie 
né en l’estude de philosophie... 

(Tours, art. 44.) 

42 « — (Fol. 128) Cest k la vie k la passfo[n] saint Sil- 


1. Il faut suppléer, comme dans Tours, si esta dire, ou Péqui- 
valent. 


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vestre. Silvestre est dis de Sile qui vaut autant a dire corne 
lumière... 

(Tours, art. 4$.) 

43 * — (Fol. i 33 c) Cest e la vie e la passion monseigno[r\ 
saint Ambroises. Ambroyses si est dis de ambres ... 

(Tours, art. 46.) 

Cette vie n’est pas achevée, par la faute du copiste, 
qui, ayant sans doute sauté un feuillet de son original, 
a omis la fin de la vie de saint Ambroise et le commen¬ 
cement de celle de saint Grégoire. Les derniers mots 
de la première sont : « & pria Dieu mült fort qu’il le 
deüst délivrer des tribulassions de ceste monde, & 
quant il s’esjoissoit de ce qu’il l’avoit enpreté (= enpe- 
tré), il révélé a ses freres qui aeroit » (fol. i 36 a\ Le- 
genda aurea , ch. lvii, § 6 , éd. Grftsse, p. 254). 

44 * — (Fol. i 36 a) [Saint Grégoire]. 

(Tours, art. 47.) 


Le commencement étant omis, cette légende com¬ 
mence par ces mots qui font immédiatement suite au 
passage de la vie de saint Ambroise cité à l’article 
précédent : « & les decrès dou canon a eu hardement 
de prendre aâsol follement noviaus nom.... » ( Legenda 
aurea , ch. xlvï, éd. Grâsse, p. 193).’ 

Le fol. 141 est en partie déchiré. 

45 * — (Fol. 141 d) [Saint Nicolas]... vie. Le premier jors 
que s. Nicolas fu nés, quant hom le baignoit, il estoit tous 
drois ou bacin>.. 

(Tours, art. 48.) 


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- 9 * - 


40* — (Fol. 14$ b) Cest ta vie e la passion saint Ger¬ 
main. Germains, de getminon 1 2 est dis & de anna qui est a 
dire desovre, ausi côme germinons desovre... 

(Tours, art. 49.) 

47# — (Fol. 148 c) C*est la vie saint Basiles. Basiles, 
evesques honorables et dou cofs * & maistres très haut de 
con grant sancteté fu yl, [yl Fu] en vision mostrés a un her- 
mite qui avoit non EfTren. 

(Tours, art. 5o.) 


Lacune entre les ff. 149 et iSo. 

48* — (Fol. i5o) [Saint Martin]. autel qui li estoit 

remés parti por mi, & l’une partie dona au povre, & l’autre 
retient sor lui; mès l’autre nuit après aparut J. C. a lui 

vestu del mantel qu’il avoit doné au povre. 

(Tours, art. 5i.) 

49* — (Fol. 155) Cest la vie saint Brice s. Bricesfuli 
diaquenes de saint Martins, & il fu molt envieus, & li fist 
molt d'enuis ; car, -qant un povres demandoit aumosne a 
s. Martiiis* Brice li dist : Se tu requiers celui deguabés, 
vois la lions 3 4 , car cil est qui garde le ciel corne fous... 

1 (Tours, art. 5a \) 

50« — (Fol. 1 55 d) Cest la vie et la passion saint Be- 


1. Mâme leçon, évidemment .fautive, que dans Tours. Latin 

germine, ; ,; 0 

2. Il faut corriger doutors (docteur); même faute dans Tours. 

3. Lire loins comme dans le manuscrit de Tours. Latin : « pros- 
piceemmus». 

4. Ch. CLzvii de la Légende dorée, et non lxvii comme il a été 
imprimé dans le Bulletin de 1897. 


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— 9* — 

nêoii. Beneois si est dit ou por ce qu’il benel mult des» 
choses. 

(Tours, art. 53.) 

51*— (Fol. 157 ) C'est ela vie et la passions messire saint 
Lion li apostoile . Lyons li apostoilies, si corne il est luit es 
miracles de^Nostre Dame s. Marie, celebroit la messe en 
l'yglise de Sainte Marie la Major..., 

(Tours, art. 54 .) 

5 2ê — (Fol. 160 e) (Test e la vie e la passion saint An - 
toines . Antoines est dis de ana qui est a dire desovre, & de 
tenans, ausi corne tenant les choses sovraines.... 

(Tours, art. 55.) 

58« — (Fol. 162 e) Cest ela vie e la passion saint Ju • 
liens . Juliens est dis ausi corne jubila mons *... 

(Tours, art. 56.) 

54*— (Fol. i65 b) Cest là vie saint Forsee l'evesque. For- 
see l’evesque, l’estoire douquel om cuide que Bede l’escrist, 
quant il resplèadisaoit de toute vertu. 

(Tours, art 57 .) 

55* — (Fol. 166 c) Cest e la vie e la passion messire 
saint Bemars. Bernars si est dis de ber, qui est & dire puis 
ou fontaines... 

Tours, art. 58.) 

56* — (Fol. 172 c) C'est e la vie e la passion* saint Gilie. 
Gilies, qui en latin est dit Egidius, est dit de e, qui est a 

dire sans, e t de ge , qui est à dire terre. 

(Tours, art, 5q.) 

1 . Lire, avec Tours, jubilations. 


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— 93 — 

SX— (Fol. 174) Cest e la vie e la pas$io[n ], saint Dome- 
niques. Domeo[i]ques est enterpretés garde de Nostre 
Seignor.... , ; . ^ 

(Tours, art. 60.) 

58 . — (Fol. 176 d) Cest e la vie e la passio[n] madame 
sainte Marie Madelaine . Marie si est enterpretée mers 
amere; ou enluniineresse... - - 

(Tours,; art. 61.) 

59 * — (Fol. 182) Cest e la vie e. la passio[n] saint[e J 
Marthe . Marthe fu hostesse de Crist. Ses peres eut non 
Sistes, sa mere Eucarie, & desçendi de roial}igniée... 

(Tours, art. fa.) 

60 * — (Fol. 184) Cest e la vie e la passiQft des, xj milles 
virges. La passion des xj m yirgçs fu celebrée.en cest ordre, 
car il fu en Bçetaygne uns rois crestiens & preudons..... .. 

1 (Tours, art. 63 .) 

6t* — (Fol. 186 b) Cest et la vie e la passion sainte Agnès . 
Agnes si est a dire Deo gra *, car ele fti ntnble. 1 ... 

(Tours, arf. 64.) 

62 * — (Fol. 188 b) Cest e la vie e la passion dame sainte 

Cristine. Cristine est a dire ausi corne hointe decrisme. 

(Tours, art 65 .) 

63 * — (Fol. 189 c) Cest la vie & là passion sainte Cata- 
rine . Catarine si est dite de kaià, qui est a dire universel, 

& de riune 9 ausi corne universel royne. 

(Tours, art. 66.) 

1. Lire de agm^svec le manuscrit de Tours. 


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94 ^ 


Le copiste a commis ici une erreur du même genre 
que celle qiiî a été relevée plus haut à propos des vies 
de saint Ambroise et de saint Grégoire (art. 43, 44) : il 
a omis la fin de la légende de sainte Catherine et le 
commencement de celle de sainte Lucie. Les derniers 
mots de la première sont ; « Por quoi, quant li enpe- 
riers li promectoit qu’il Tavrpit secont en son palais, 
elle respondi : Laisse les paroles a dire & de penser 
ansi qui est fellonie. » (Fol. 192 a ; cf. Legenda aurea, 
ch. clxxii, éd. Grasse, p. 796). 

04 . — (Fol. 192 a) [Sainte Lucie]. La légende commence 
par ces mots qui suivent immédiatement le passage, cité à 
l’articie précédent, de la légende de sainte Catherine : 

Parcaisses fit venir assoi houiliers & lor dist : « Semenés 
a lui tout le poüple, êttant longuement soit deguabée qu’elle 
soit morte.... i (Legenda auréa , ch. iv, éd. Grâsse, p. 3 i). 

(Tours, art. 67.) 

05 .— (F©L i92 è) C'est la vie e la passion madame sainte 
Nastasie . Anastasiesi est dite de amx, qui est a dire haut, & 
de stasis , qui est a dire estans. 

(Tours, art. 68.) 

Lacune entre les ff 192 et 193. 

00* —(Fol. 193) [Sainte Agathe]... & très bielle de cors, 
en la cité de Cataine, en Sesile, servoit tous tens en toute 
santeté a Nostre Seignor. 

(Tours, art. 69.). 

07 * — (Fol. 194 cj C'est e la vie e la passio[n ] sainte Pero- 

nelle . Peronelle, la vie de laquelle S. Marciaus escrist. 

(Tours, art. 70.) 


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- 95 - 

BS# — (Fol. 195 b) Cest e la vie dame saint Teodore , 
Teodore, noble feme & belle. 

(Tours, ' art ?i •) 

En terminant, qü’il me soit permis d’adresser mes 
remerciments à M. Giulio Bertoni, jeune érudit mode* 
nais, avantageusement connu par ses publications sur 
la poésie des troubadours, qui a bien voulu vérifier 
sur le manuscrit certaines parties de ma notice qui me 
laissaient des doutes. 


TABLE DU MANUSCRIT 


Adrien, 40. 

Chrysanthç, 10, 

Agathe, 66. 

Chrysogone, ai. 

Agnès, 61. 

Clément, pape, 32 . 

Ambroise, 43. 

Corne et Damien, 3 i. 

Anastasie, 65 . 

Cyriaque, 38 . 

André, 17. 

Denis, 3 o. 

Antoine, 52 . 

Dominique, 57. 

Assomption, 3 . 

Donat, 39. 

Barthélemi, i 5 . 

Étienne (invention), 26. 

Basile, 47. 

Eustache, 18. 

Benoit, 5 o. 

Fur si (Forsee), 54. 

Bernard, 55 . 

Georges, 27. 

Biaise, 37. 

Germain, 46. 

Brice, 49. 

Gilles, 56 . 

Catherine, 63 . 

Grégoire, 44. 

Christine, 62. 

Hippolyte, 24. 

Christophe, 28. 

Ignace, 36 . 


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Jacques l’inter cis, ao. 
Jacques le majeur, 14. 
Jacques le mineur, i 3 . 
Jean l’évangéliste, 7. 

Jean et Paul* aa. 

Julien, 53 . 

Laurent, * 3 . . 

Léon, pape» $1* . 

Longin, aq, 

Lucie, 64. 

Marc, 16. 

Marie-Madeleine, 58 . 
Marthe, 59. 

Martin, 48. 

Mathias, a 5 . 

Mathieu l’évangéliste, 8. 
Maurice, 19. 

Nativité du Christ, a. 


Nativité de N.-D., i« 

Nicolas, 45. 

Onze mille vierges, 60. 

Paul, 6. 

Peronelle, 67. 

1 Philippe, 1 a. 

Pierre et Paul (dispute con- 
, tre Simon Mage), 4. 
Pierre,, 5 . 

Proth et Hyacinthe, 41. 

| Sébastien, 34. 

Silvestre, 4a. 

Simon et Jude, 9. 

Théodore, 68. 

Thomas de Cantorbéry, xi. 
Thomas l'apôtre, 33 . 
Vincent, 35 . 

Paul Meyer. 


Le Puy, typographie R. Marehessou, boulevard Carnot, i3. 


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iB86 

Les œuvres poétiques de Christine de Pisan, publiées par M. M. Roy, 

Le Roman de Merlin , p.p.MM. G. Paris, et J. Ulrich, t. I et II. 

1887 

Les œuvres ^Eustache Deschamps, t. V. 

Aymeri de Narbonne, chanson de geste p. p. M. L. Demaison, t. IetlI. 

1888 

Le Mystère de saint Bernard de Menthon, p. p. M. A. Lecoy de la ; 
Marche. 

Les quatre âges de l’homme, traité moral de Philippe de Navarre, p. p. 
M. de Fréville. , 

Le Couronnement de Louis, chanson de geste, p. p. M. E. Langlois. (Epuisé). 

1889 

Les comtes moralises de Nicole Bozon, p. p. Miss L. Toulmin Smith et 
M. P. Meyer. 

Les œuvres ^EuStache Deschamps, t. VI. 

Rondeaux et autres poésies du xv* siècle, p. p. M. G. Raynaud. 

1890 

Le Roman de Thèbes, p. p. M. L. Çonstans, t. I. et II. 

1891 

Les œuvres J’Eustache Deschamps, p- P- M. G. Raynaud, t. VIL 
Les œuvres poétiques de Christine de Pis an, t. II. 

Le Mistère du Vtel Testament , t. VI. 

1892 

Le Chansonnier de Saint-Germain, reproduction phototypique avec 
transcription, p. p. MM. P. Meyer et G. Raynaud, t. I. 

1893 

Les Miracles de Nostre Dame, par per sonnages, X. VIII, vocabulaire, par 
M. Bonnardot. 

Les œuvres d’ Eustache Deschamps, t. VIII. 

Le Roman de Guillaume de Dole , p. p. M. G. Servois. 

1894 

Le Roman de l’Escoufle, p. p. MM. H. Michelant et P. Meyer. 

Les œuvres ^Eustache Deschamps, t. IX (Le Miroir de Mariage ). 

1895 

Le Roman de Guillaume de la Barre , par Arnaut Vidal de Castelnaudari, 
p. p. M. P. Meyer. 

Le Roman de Méliador, par Froissart, p. p. M. Longnon, t. I et II. ' 

1896 

La Prise de Cordres, p. p. M. Ov. Densusianu. 

Les œuvres poétiques de Christine de Pisan, t. III. 

Les œuvres de Guillaume Alexis, p. p. MM. E. Picot et A. Piaget, t. I. 

1897 * * 

VArt de Chevalerie , par Jean de Meung, p. p. M. U. Robert. 

Li Abrejance de l’ordre de Chevalerie , par Jean Priorat, p. p. M. U. 
Robert. 

La Chirurgie de Henri de Mondeville, p. p. le D r Bos, t. I. 

1898 

Lés Narbonnais, chanson de geste, p. p. M. H. Suchier, 1. 1 et II. 

La Chirurgie de Henri de Mondeville, t. II. 

1899 

Le Roman de Méliador , t. III. 

Orson de Beauvais, chanson de geste, p. p. M. G. Paris. 

Les œuvres de Guillaume Alexis, t. II. 

1900 

L’Apocalypse en français au xm* s/èc/e(Bibl. nat. fr. 403), p. p. MM. 
Delisle et P. Meyer. Reproduction phototypique, in-fol. 

1901 

L’Apocalypse en français au xm* siècle (Bibl. nat. fr. 403), p. p. MM. L. 
Delisle et P. Meyer. Introduction et texte. 

Les Œuvres Eustache Deschamps, t. X. 


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OUVRAGES SOUS PRESSE 

Les Chansons de Gace Brulé, p. p. M. G. Huet. 

Le Roman de Tristan, par Beroul, p. p. M. E. Muret. 

Le Roman de Robert le Diable, p. p. M. E. Lôseth. 
Recueil de Sotties, p. p. M. E. Picot, t. I. 

Les Vers de la Mort, par Hélinant, p. p. M. Fr. Wulff. 
Le Roman de Tristan, par Thomas, p. p. M. J. Bédier. 


En cas de changement d’adresse, les Membres de la Société 
voudront bien aviser M. Gaston RAYNAUD, administrateur 
de la Société, i3o, avenue de Villiers, à Paris. 

Ceux des membres qui habitent la province ou l’étranger sont 
priés de désigner à Paris un correspondant chargé de retirer, 
chez le libraire, les publications de la Société. Le même corres¬ 
pondant pourra au besoin être chargé de payer les cotisations. 

Toutefois, il serait préférable que les cotisations fussent payées 
par mandat postal ou par chèque au nom de M. É. PICOT, 
1 35, avenue de Wagram. 

Les membres de la Société n’ayant pas de correspondant à 
Paris qui voudraient recevoir les volumes par la poste au mo¬ 
ment même de leur publication, sont informés que la Société 
se charge des frais de port et d’emballage moyennant une 
somme fixe de 3 fr. y5 c. ( 3 shillings ou 3 marks) par an, qui 
devra être adressée par mandat postal à M. É. Picot, 1 35, ave¬ 
nue de Wagram. . ,, 

Les membres de la Société qui voudront avoir recours à ce 
mode d’envoi, pourront acquitter en une seule fois la cotisation 
annuelle et les frais de port en payant, pour les exemplaires en 
papier ordinaire, 28 fr. y5 c. et pour les exemplaires en papier 
Whatman 53 fr. 75 . 


Le Put. — Typographie R. Marchessou, boulevard Carnot, a 3 . 




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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 


1902 

2 




DES 


ANCIENS TEXTES 


FRANÇAIS 

> 


VINGT-HUITIÈME ANNÉE 
1902. — N* 2. 



LIBRAIRIE FIRMIN-DIDOT ET O 

56 , RUE JACOB, 56 
■ 

1902 


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OUVRAGES PUBLIÉS 

1875 

Chansons françaises du xv* siècle, p. p. M. G. Paris, avec la musique 
transcrite en notation moderne publiée par M. Gevaert. (Epuisé). 

Les plus anciens monuments de la langue française , p. p. M. G. Paris 
album gr. in-folio contenant neuf planches en héliogravure. 

Le Roman de Brun de la Montaigne, publié par M. P. Meyer. 

1876 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, publiés par MM. G. Paris 
et U. Robert, 1.1. 

Le Roman de Guillaume de Paleme, p. p. M. H. Michelant. 

Les Sept Sages de Rome, publiés par M. G. Paris. 

1877 

Les Miracles de Nostre Dame, par ver sonnages, t. II. 

La Chanson d'Aiol , publiée par MM J. Normand et G. Raynaud. (Epuisé). 
Le Débat des Hérauts de France et d'Angleterre, suivi de The Debate 
between the Heraldes of Englande and Fraunce, compylep by Johne Coke, 
édition commencée par L. Pannier, et achevée par M. P. Meyer. 

1878 

Le Mistère du Viel Testament , p. p. M. le baron J. de Rothschild, t. I. 
(Publication faite aux frais de Mme la baronne J. de Rothschild.) 

Les œuvres d'EusTACHE Deschamps, publiées par M. le marquis de Queux 
de Saint-Hilaire, t. I. 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, t. III. 

Le Voyage à Jérusalem du Setgneur d' Anglure, publié par MM. F. Bon- 
nardot et A. Longnon. 

1879 

La Chronique du Mont Saint-Michel, publiée par M. S. Luce, t. I. 

Le Mistère du Viel Testament, t. II. 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, t. IV. 

La Chanson d'Elie de Saint-Gilles , publiée par M. G. Raynaud. 

1880 

Les œuvres d'EusTACHE Deschamps, t. II. 

Daurel et Béton, chanson de geste provençale, p. p. M. P. Meyer. 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages , t. V. 

1881 

Le Mistère du Viel Testament, t. III. 

La Vie de Saint Gilles, en vers, par Guillaume de Berneville, publiée par 
MM. G. Paris et A. Bos. 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnage, t. VI. 

Martial d’Auvergne, VAmant rendu cordelter a l'observance d'Amours,. 
publié par M. A. de Montaiglon. 

1882 

Les œuvres d'EusTACHE Deschamps, t. III. 

Raoul de Cambrai, chanson de geste, p. p. MM. P. Meyer et A. Longnon. 
Le Mistère du Viel Testament, t. IV. 

1 883 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, t. VII. 

Le Dit de la Panthère d'amours , par Nicolas de Margival, p. p. M. H. 
Todd. 

La Chronique du Mont-Saint-Michel, t. II. 

1884 , 

Les œuvres poétiques de Philippe de Beaukanoir, publiées par M. H. 
Suchier, t. I. 

La Mort Aymeri de Narbonne, chanson de geste, p. p. M. J. Couraye du 
Parc. 

Les œuvres d'EusTACHE Deschamps, t. IV. 

1 885 

Les œuvres poétiques de Philippe de Beaumanoir, t. II. 

L'Evangile de Ntcodème, trois versions rimées, publiées par MM. G. Paris, 
et A. Bos. 

Fragments d'une vie de saint Thomas de Cantorbery en vers accouplés 
publies, avec fac-similé en héliogravure de l’original, par M. P. Meyer. 

Le Mistère du Viel Testament, t. V. 


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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ 

DES 

ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 


PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 


SÉANCE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 
Tenue à l'École des Chartes le 24 décembre 1902 . 


Présidence de M. Thomas, président . 

Nouveaux membres : La Bibliothèque de T Univer¬ 
sité de Harvard, à Cambridge, États-Unis d’Amérique 
(deuxième exemplaire); la Bibliothèque de l’Univer¬ 
sité de Kansas, à Lawrance, États-Unis d’Amérique, 
correspondant M. Stechert,libraire; Bangel et Schmitt, 
libraires à Heidelberg, correspondant M. Brockhaus, 
libraire; la Bibliothèque de l’Université d’Aix-en-Pro¬ 
vence, correspondants MM. Picard, libraires; Miss 
R, E. Fowler, rue Du Sommerard 2 (membre perpé¬ 
tuel) ; La Bibliothèque de Leland Stanford junior 
University, Californie, Étaté-Unis d’Amérique, corres¬ 
pondant M. Stechert, libraire; la Bibliothèque de 
l’Université de Helsingfors, Finlande, correspondant 
M. Gaulon, libraire; M. Raymond Weeks, professeur 

BULLETIN. — 1902 7 


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- 98 - 

à TUniversité de Missouri, Columbia, États-Unis 
d’Amérique, correspondant MM. Picard, libraires. 

État des impressions : Tristan (Beroul), huit feuilles 
(texte) tirées; le glossaire est en placards. — Robert le 
Diable , douze feuilles tirées; le glossaire est à la com¬ 
position. — Les Sotties, sept feuilles tirées; feuilles 8 
à io en pages, feuilles 11 à 14 en placards. — Les Vers 
de la Mort , feuilles 1 à 4 (texte) en pages. — Tristan 
(Thomas), douze feuilles tirées; feuilles 1 3 et 14 en 
placards. — Le Moniage Guillaume , feuille 1 en pages. 

L’édition des Chansons de Gace Brulé , terminée 
depuis un mois, est à Paris. Toutefois le relieur de la 
Société, surchargé de travaux qui doivent être achevés 
dans les premiers jours de janvier, ne peut s’engager à 
livrer ce volume avant la fin du même mois. Le Con¬ 
seil fixe le prix de cet ouvrage à 10 francs pour le papier 
ordinaire (20 fr. pour les exemplaires en papier What- 
man). La mise en distribution aura lieu aussitôt que 
possible. 

Proposition de publication : par M. A. Wallenskôld 
d’une édition du roman de Florence de Rome . Renvoi 
à une commission composée de MM. Bédier, Paris et 
Thomas. 

M. l’administrateur rappelle au Conseil que, sur sa 
proposition, il a été décidé, dans la séance du 28 juin 
1S93, que les établissements publics qui souscriraient 
aux publications de la Société et les nouveaux membres 
perpétuels recevraient gratuitement un certain nombre 
de volumes, à choisir parmi ceux dont il restait un 
nombre suffisant en magasin, la valeur totale des vo¬ 
lumes ainsi offerts ne devant pas dépasser 100 fr. De- 


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“ 99 - 

puis l’époque où cette délibération a été prise le nombre 
des exemplaires en réserve a considérablement diminué. 
M. l’administrateur croit donc devoir soumettre au 
Conseil la question de savoir si la décision prise en 
1893 ne doit pas être modifiée. Après en avoir délibéré 
le Conseil décide que dorénavant les particuliers qui 
souscriront à titre de membres perpétuels et les éta¬ 
blissements publics auront droit seulement aux publi¬ 
cations des deux années précédant leur entrée dans la 
Société. 


N 


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LA SECONDE TRADUCTION 


DE. LA 

CHIRURGIE DE MONDEVILLE 

(Tarin, Bibl. nat., L. IV. 17 *). 


Après la publication, par la Société des anciens textes 
français, de la traduction,faite en 1 3 14, de la Chirurgie 
de Ai e Henri de Mondeville , le professeur P. A. Geijer 
a signalé à l’éditeur une autre traduction, copiée en 
1478 et existant actuellement dans un manuscrit de la 
Bibliothèque d’Upsal. M. le docteur Bos la fit connaître 
dans le Bulletin de la Société, année 1900, pp. 63-87. 

Or, j’ai trouvé depuis, à la Bibliothèque nationale de 
Turin, un nouveau manuscrit de cette traduction et des 
traces de deux autres du môme texte, tous trois copiés 
apparemment vers le milieu du xv e siècle. Celui qui 
nous est resté fait partie d’un recueil de traités de mé¬ 
decine et de chirurgie, qui me paraît assez intéressant 
pour mériter tout d’abord une description succincte. 

Papier, o m. 3 o X o m. 21 ; xv« siècle; 539 feuillets; 
à deux colonnes par page, foliotation moderne (passant 
par erreur de fol. 439 à fol. 450); quatre filigranes : un 

1 . Catalogue de Pasini, t. II, cod. Gall. lxxviii. 


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— IOI — 

pape assis tenant la clef de saint Pierre, une balance, 
un P fleuronné, un Y avec la croix latine \ 

Le premier feuillet, non folioté et à moitié déchiré, 
commence par ces mots : « A l'honneur de la Sainte 

« Trinité, du Pere, du Fil et du Saint Esperit. jou 

« encommence a translater de latin en rommant aucuns 
« livres d'astrologie selon le poissance de mon petit 
«engien... » Puis vient une longue table, donnant 
d'abord le titre et le nombre des feuillets de chacun 
des 19 livres qui composent le volume; et, après, le 
sommaire de ce qui est écrit sur chaque feuillet, jus¬ 
qu’aux premiers mots du 63 e fol. du livre X e , où le 
copiste s’est arrêté brusquement sans terminer la 
colonne (fol. 8 c). Il a complété son travail en y ajou¬ 
tant la fin d’une table analogue faite pour un autre 
recueil de traités de médecines, laquelle se termine 
(f. 16 e ) par les lignes suivantes : 

Chy après s’ensieut tous les livres qui sont cy desus et 
tous leurs nons et leur nombres : 

Le premier a a nom les nons de l’A B C. 

Le secont a a nom les synonimes. 

Le iije livre est les xij signes et des vij planettes. 

Le iiij* livre a a nom Avichene. 

Le v*, de l’anathomie Galien. 

Le vj e livre a a nom l’Anathomie Henry de Mondeville. 

Le vij* livre a a nom le surgerie de maistre Henry de 
Mondeville. 


1. Ce sont exactement les marques figurées en fac-similé par 
E. Midoux et A. Matton, Étude sur les filigranes, xv* siècle , 
n** 3 , 178, 327 et 346. 


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— 102 — 


Le viij* livre a a nom le Surgerie de Rogier et Rolant. 

Le ix e livre a a nom l’Antidotaire Nicholas. 

Le x* livre a a nom le Circa instans . 

Le xj" livre est appellés Macres. 

Le xij* livre est apellés Oreoles maistre Jehan de Saint 
Amant. 

Le xiij* livre a a nom l’Antidotaire Nychollas. 

Le xiiij* livre a a nom le Secret des dames et de leurs 
fleures. 

Le xv* livre a a nom le Traitiet contre l’impedimie. 

Le xvje livre est un livre d’orines. 

Le xvij* livre est de maistre Guillaumee de Harsignie. 

Le xviij* livre est apellés le Jugement des orines et leur 
medicines. 

Le xix ê livre est apellés le Secret de nature. 

Chy s’ensuivent les nons de ces livres, qui sont nommés 
cy dessus ; et fu chus livres acomplist et parfais pour ouvrer 
des oevres 1 2 qui y sont contenues, par l’aide de Dieu, l’an 
mille iiij c et xxxviij *, le xviij jour de novembre ; et fist le 
dit livre faire maistre Jeh. Lambert, qui estoit nés de Valen- 
ciefi, et fu fais et escrips en le rue des Molinaux. Expiicit. 

Selon toute probabilité, ces huit derniers feuillets de 
la table appartenaient au Recueil original composé pour 

1. Ms. orines 

2. Le premier x de xxxviij a été barré négligemment par trois 
traits, dont deux semblent figurer une L; ce qui donnerait 1478 
pour la date. Mais cette correction, à l'encre plus pâle que celle 
du manuscrit, ne peut être attribuée au copiste. Ce doit être le 
fait de quelque lecteur, qui, induit en erreur par Yexplicit de la 
traduction d’un traité que « maistre Jehan Alabarhe fist 
Van LXXV » (f. 437), aura interprété cette date par 1475, tandis 
qu’il s’agit ds 1 375 , ou plutôt d« 1 365 (voir plus loin ls livre XV). 


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— io 3 — 


M® J. Lambert, et recopié plus tard par les scribes du 
manuscrit de Turin, avec quelques changements de 
peu d’importance. 

Il est aussi à noter que les feuillets 98-103 de notre 
manuscrit proviennent de l’index d’un autre recueil, où 
se trouvaient également les traités iv, vi, vii, vm, ix, 
xvii, xviii, mais dans un ordre différent de celui du 
manuscrit de 1438 et du nôtre. Ce nouveau fragment a 
été ajouté sans doute à cause de ses onze dessins colo¬ 
riés du corps humain, qui servent d’illustrations, au 
sommaire de la Chirurgie de Monde ville et de celle 
de Roger et Roland. Comme le papier des trois 
tables présente le même filigrane (le Pape), on peut 
en induire que les trois recueils ont été copiés à peu 
d’années de distance les uns des autres, et dans la même 
région. 

Voici maintenant l’indication sommaire de ce que 
renferment les 19 livres du manuscrit de Turin. 

I (ff. 20-70). Le livre des nons translatés de latin en 
franchois . Ce glossaire, très intéressant à divers points 
de vue, contient plus de 8,000 mots français, picards et 
wallons. Les quelques exemples suivants suffiront 
pour donner une idée de sa valeur : 


Canidés , kenuesche. 
Cecare , avuler. 
Conterere, frieuller. 
Cristallus, cretail. 
Cucurbita, coukelonece. 
Equa , yeuwelle. 
Fabulari, flaver. 

Glarea, pierrette d’aige» 


Lacuna , celure. 
Latebra, respitaille. 
Nimbus , pleuve. 

Nuga , couphe. 
Monstruosus , ierrés. 
Nuditas , nuesche. 
Nuptialis, nôeuchal. 
Precanere , esbiener (?) 


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— io4 — 


Sobrietas , sobresce. Upupa, hullepiau. 

Sertum, capiau de tille. Verbosus , gengleur. 

Subtristis, brocqueulx. 

On y rencontre aussi, mais rarement, des mots d’ori¬ 
gine flamande ou allemande : 

Scortator , hourier (du flam. hoer, ail. hure, prostituée). 

Stomachus , bosuens (flam. boe^ern, sein). 

Sambucus , hollendere (ail. holunder, sureau). 

II (ff. 72-97). Les sinonimes pour trouver lestions 

et les congnoissances des herbes . Glossaire spécial pour 
les plantes médicinales. On y pourrait glaner divers 
noms peu connus, tels que : « Ambrosia , le grant mer- 
fuel; Arumon, foirielle; Tapsus, candeille de leu; 
Capri/olium, kievrebroust ; Calendula , goudier; Cus¬ 
cute, li bouchiaulx de lin; Rafanus , raule; Saponaria, 
saponette, Perbe des pucelles; Volubilis ... le tierche 
croist es blés, et l’apellent aucuns vaucielle.» 

Sur le dernier feuillet (97 b) Pon a ajouté « les pois 
et chiffres et onces et dragmes et scrupules selon medi- * 
cine et apoticairie ». 

Les ff. 98-103, comme nous Pavons dit, proviennent 
de la table d’un autre manuscrit. 

III (ff. 104-129). Cy traite des xij signes du soleil en 
approchant a xij vertus apertenans a tenir droicte jus¬ 
tice . Poème bizarre tout farci de mythologie et de sco¬ 
lastique, illustré par de très curieux dessins à la plume 
finement coloriés. Il débute ainsi : 

A .iiij. temps sont .xij. signes 
Que astronomie nous signe. 


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— io 5 — 

. Et sur les corps ont influense 

De bien et de mal confluense. 

Le soleil la vertu leur donne... 

L’auteur cite Jehan de Meun , Guillame de Saint 
Amour , maistre Alixandre des haies , S. François, 
maistre Bonne aventure , cardinal , etc. 

Sur les ff. i 3 o- 3 i, il est encore parlé des xij signes, 
mais en prose. 

IV (ff. i 32 -i 52 ). « Cy divise Aristote et Avicenne et 
Galien et Ypocras et Razis, et tesmoignent et contien¬ 
nent tout ensemble que pour epidimie eschever seure- 
ment, est cose esprouvée que on use de la franque 
eaue.... » Au f. 1 38 e , l’on a « le table des saignies qui 
est baillie par maistre Basin ». L’auteur cite M* Ysidoras 
et M* Jehan de Saint Amant, ainsi que le vij« livre de 
VAmaseour. — D’après la table avec figures (f. 98), ce 
iv e livre n’aurait que i 3 feuillets. 

V (ff. 1 53 -i 59). Le Anathomie Galiien. Traduction 
abrégée dont voici les premiers mots : 

Cy commence le anathomie Galiien, et dist que qui- 
cunques desire a savoir le congnissance des membres dedens 
le corps et dehors, il doit estre diligent d’aprendre la science 
de anathomie. Et prumiers je deviseray les .iiij. menbres 
principaulx. Et sont : le coeur, le cervelle, le foie et les 
testicules... 

VI (ff. 150-178). L’Anothomie Henry de Mondeville . 

VII (ff. 181-212 ). Le traicté de la Surgerie maistre 
Henry de Mondeville . 

VIII (ff. 215-257). Le Sur gerie total de Rogier et 
Rolant. A cette traduction manque lé 4 e livre de l’origi- 


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— io6 — 


nal latin des deux chirurgiens salernitains, mais la 
copie paraît inachevée. 

Les ff. 257-267 contiennent divers enseignements pour 
sqavoir le cault et le froit et le moisteur des herbes , puis 
la forche des herbes selon Macer. La première table ne 
mentionne pas ces écrits, mais celle du f. 101 en donne 
le sommaire après la Chirurgie de Rogier et Roland. 

IX (ff. 268-310). VAntidotaire de Nicolas en fran- 
qois. C’est une version complète de YAntidotarium 
Nicolai augmentée de divers articles qui ne se trou¬ 
vent pas dans le texte latin; par exemple de certaines 
recettes, comme (f. 270) « Benoiste que maistre Guil- 
laumes de Cougieres fist ; (f. 282), Emplastre maistre 
Guill. Langlés * contre vielles despeceures; (f. 289) 
Opopira magna que ly sains hommes S. Cosme et 
S. Damien firent; (f. 3 o 6 ) Vomit de maistre Barthele- 
mieu», etc. 

D’après le sommaire de la table de 1438, cet Antido- 
taire serait le i 3 tt livre; m&is il est difficile de dire ce 
qu’était alors le 9* livre, qui portait le môme titre : 
peut-être le traité des ff. 26o d -268 e . 

1. VAntidotaire Nicolas, traduction française, publiée par M. le 
D r Paul Dorveaux, d'après un ms. duxiv* siècle (Paris, 1896}, ne 
comprend que 85 articles, tandis que le texte du ms. de Turin en 
a environ 280. 

2. William Grisaunt dit Guilelmus Anglicus , auteur de divers 
traités, entre autres De urina non visa , dont j'ai signalé une tra¬ 
duction française avec un curieux prologue, où il se dit « cytoien 
delà cité de Marselle » (Voir J. Camus, Un manuscrit namurois 
du xv* siècle , dans la Revue des langues romanes , xxxvm, 3 i- 32 ) ; 
cf. Fabricius, Biblioth . lat, med , et inf. latin,, sous Guillblmus 
Anglicus et sous Guillblmus Ghisauntvs* 


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Aux ff. 3 1 1 - 3 12, l’on a « aulcuns comandemens et 
enseignemenz pour congnoistre les iiij complexions », 
puis, ff. 313-314, « les medicines abstertives, restrain- 
tives », etc. 

X (ff. 3 i5-384). Le livre deCirca instant, extrait de 
latin eh franchois. Cette traduction du fameux traité de 
Platearius, souvent imprimée au xv* et au xvi* siècles 
sous le titre de Grant herbier *, n’a pas le prologue 
dans notre manuscrit ; par contre elle est amplifiée à 
divers endroits, comme dans les premières lignes que 
voici : 

Alpem est chaus et de seice complession el second degré. 
Et pour ce que nous parlasmes des degrés, devés sçavoir 
que .viij. degrés sont : quatre chaux et .iiij. frois. Pour faire 
vous entendre, vous en dirons exemple : prenésyauve froide 
et mettes sur le fu caufer ; et quand sera tiede, ce est le pre¬ 
mier degré ; et quant elle est sy caude que on n’y puet la 
main tenir, ce est ly second caus, et quant elle fremist sans 
boullir, ce est ly tiers degrés, et quant elle bout, ce est 
le quart degré. Et par cette raison puet on entendre les 
frois : quant le yauve est bien froide, c'est le premier degré, 
et quant elle est .j. pau engelée, c’est le second; et quant 
elle est en glace, c’est le tiers; et quant elle est bien engelée, 
del tout en glace, c'est le quars... 

De môme que dans l’original latin, le dernier cha¬ 
pitre est Zuccara , sucre. 

XI (ff. 385 - 395 ). Lerbier Macres. Compilation ina¬ 
chevée du poème « De viribus herbarum » attribué à 

i.Voy. J. Camus, L'opéra salernitana « Circa instans » edil 
Grant Herbier »> (Modena» 1886). 


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— io8 — 


Maccr Floridus. La copie s’arrête à l’article Neele 
(f. 395 c) : « Quant une femme traveille d’enfant, s’elle 
se souffumoit de la neele, le maistre dist qu’elle accou¬ 
cherait plus tost sans faille. » Premiers mots : 

Cy commence ung traictié de plusieurs herbes selon ce 
que dit Macres. — Ostrice. D’une herbe que on apelle 
ostrice, les maistres dient que quant on a le tourtel, qu’on 
le doibt boire destrempée de vin, et quant on a mal ou yen- 
trail ou on doit cuire le racine en vin : s’en garist on... 

XII (ff. 396-413). Les Auréolés Jehan de Saint- 
Amant u est contenu Vantidotaire de Sirurgie. La tra¬ 
duction des Areolæ super antidotarium de J. de 
Saint-Amant, médecin du xm* siècle *, finit au f. 408. 
Quant à l’autre traité, appelé Antidotaire surgien dans 
la table de 1438, je ne saurais dire s’il est du même 
auteur, mais je remarque qu’il a une grande ressem¬ 
blance avec l’ Antidotaire de Mondeville, bien qu’il soit 
beaucoup plus abrégé que celui du manuscrit d’Upsal. 
Comme dans ce dernier, nous y trouvons les medicines 
« repercussives, résolutives, maduratives, incarnatives, 
consolidatives, corrosives, moliificatives », etc. 

XIII. Ce serait ici la place de VAntidotaire Nicolas . 
mais nous avons vu que le scribe de notre manuscrit 
l’a placé au livre ix. 

XIV (ff. 414-429). Un traictié de plusieurs maladies 
qui peuent avenir aux femmes , et de leurs maladies 
sécrétés . Les premières lignes de ce livre offrent quelque 
intérêt pour Thistoire des mœurs au moyen âge : 

1. Sur cet ouvrage, voir Hist. litt. de la Fr., XXI, 2 5 g. 


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— 109 ““ 

Et premier, pour ce que lez femmez sont honteuses de 
prendre conseil et ellez descouvrir as hommes et as phisi- 
cienz de leurs maladies secrettes, et que moult de dames se 
lairoient ainchois grever durement, avons plainement trans¬ 
laté lez causes desquellez les malàdies viennent et tous lez 
instrumens de leurs secrettes natures. Toutes sont ordon- 
néez l’une après l’autre ; mais, pour ce qu’ellez ne soient 
honteuses de nommer en telle maniéré que nous lez nom¬ 
mons communément en romant, nous nommerons cascun 
instrument par aultre non que a coustume n’ont; si les nom¬ 
meront plus habondament sans estre honteuses. 

Premier, nous nommerons le première porte, qui est 
menbre de generacion, alias 1 , volve . Item appellerons le 
langue qui est enmy, pignon. Item appellerons le semence, 
esperme... 

Le anathomie de chascun membre... — De quel temps 
les dames commencent a florir... — Des conceptions... — 

Comment le lait vient aux dames.— De la maladie c’on 

nomme suffocation ou adhortement de matrix,.. 1 — Pour sça- 
voir de quel fruit la dame est ençainte... — De l’obsterie, 
c’est ly femme que on nomme aultrement mere alepesse, et 
aultres l’appellent communément saige dame » etc. 

L’auteur cite Maistre Albers de Coulongne qui fust 
un grant naturien y ... Justien le naturienPaulus , 
ApolonieSy Ypocras, etc. 

La copie, qui paraît inachevée, s’arrête aux mots 
( f. 42ÿd) : « s’il advient chose que l’enfant descende 
jusques a la nature, li obsterie doit apareillier toutes 
choses qui sont nécessaires a son office.» Les ff. 43o, 
43 1 sont restés en blanc. 

1. Ms. alase. 


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— 110 — 


XV (ff. 432-435). Ung traictié contre Vepidimie. Cet 
abrégé des nombreux écrits que nous possédons sur 
la peste au moyen âge 9 se termine par ces mots : 
Explicit le traictié de maistre Jehan Alabarbe , docteur 
en medicine , compilé au Liege , en laquelle ville il a fait 
moult cTaultres nobles traictiés de la science non ouye 
aultres fois , et le fist Van LXXV\ Dans le texte 
(f. 43 2 d) y nous apprenons que «Jehan de Bourgongne, 
autrement dit Alabarbe, citoien du Liege, professeur 
(sic) en l’art de medicine, fist ung traictié dont plusieurs 
gens ont lacoppie, qui commence : Deus Deorum Dns , 
qui [traicte ?] simplement et absolument de toute pre¬ 
mière cause, etc. Item fist ung aultre traictié. De la 
destruction des maladies qui s’encommence(nt) : Cum 
inimicumpropter tempus instrans (sic) epidimiale , etc. 
Ces informations ont leur importance, car le médecin 
liégeois, Jokannis de Burgundia , aliter vocatus cum 
Barba , passe pour avoir écrit, les fameux Voyages de 
Jean de Mandeville ; selon quelques-uns, il aurait 
cessé de vivre en 1372 a . Premiers mots : 

Cy s’ensuit ung traictié contre l’epidimie et parolle uni¬ 
versellement de la maladie. — Pour ce que toutes choses, 
tant elemens corne elementes sont gouvernés de l’air plus 
hault, ainsi que dit Meschalac ou Livre des interprétations... 

x. Il y a là une erreur de copiste. La B. N. de Paris (N. acq. 
fr. 45x5 et 45x6) possède une copie du môme traité, écrite en 1371 
par Raoulet d'Orléans, dont Pexplicit finit par les mots : « et le 
fist Van mil CCCLXV » ; voir Delisle, ( Catal . des mss. des fonds 
Libri et Barrois, p. 252 ). 

2. Voy. H. Pirenne, Jean de Mandeville (Biographie nationale 
de Belgique, t. XIII, col. 3 1 5 et suiv.). 


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— m — 


Le reste du xv* livre comprend diverses recettes 
pour les reins, les yeux, etc., puis (f. 451) Un traictié 
de plusieurs eaues que on fait (Verbes , entre autres 
« l’eaue que maistre Jacques deFabrie ordonna pour la 
dame d’Artois, pour luy tenir en jeune aage » (dans le 
sommaire de 1438 : « pour le tenir en jeunesse »); enfin 
(f. 471 ) Aucuns commandemens de sirurgie . 

XVI (ff. 481-492). Ung traictiés d’orines. Citations 
de Ysaac, Theophilus, etc. 

XVII (ff. 493-506). Lesreceptes et medicines ordonnés 
par très saige homme et honorable maistre Guillaume 
de Harsignies *, maistre en medicine y pour les cas cjr 
après divisés, extrais de ses livres tantost après son 
trespas. Remèdes peu intéressants pour l’hydropisie, le 
mal de dents, la meselerie , etc. Premiers mots : 

Premiers. Les receptes qui loist a faire pour ydropisie de 
chaude cause, si comme ung homme ou une femme, qui est 
chault et c’est de sa nature, et par especial en la poitrine et 
en son ventre. 

XVIII (ff. 5 o 8 - 53 i). Le jugement des orines . Ce traité 
est, comme le précédent, de maistre Guillaume de Har¬ 
signies. Nous y voyons cités, outre Galien y Ysaac et 
AvicenneSy maistre Bernard de Gordon , Giraus Sour - 
matique , Gille Bos et Gilles Richars. Les ff. 532-536 
sont occupés par « une table liquelle comprent en tout 
ou en partie toute la fleur de l’Antidotaire maistre Ni- 


1. Harcigny, Aisne, arr. et cant. Vervins. C'était le médecin 
de Charles VI; voir Ul. Chevalier, Répertoire (Suppl, p. 2629). 


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— 112 — 

colas ». Puis viennent quelques recettes pour les mala¬ 
dies du ventre. Premiers mots : 

Ainsi comme dit est, fleume est une humeur froide et 
moiste; et est Tune naturelle et l’autre non naturelle. Flume 
naturelle est naturellement froide et moiste et de doulce 
saveur, en couleur blanche... 

XIX (£f. 539-548). Cy après s'ensuit un livre des secrés 
des femmes translaté de latin en franqois , lesquel% sont 
deffendus a reveler de nostre saint Père le Pape, sur 
paine cTexcommeniement. 

Au commencement de cest livre devés sçavoir et entendre 
comme ung chascun prent char et commencement d’estre. Les 
philozophes nous donnent a entendre que aucun prent char 
en son estre de la semence du pere et de la mere ensemble. 

Curieux écrit sur la généracion, l’enfantement, etc., 
avec de fréquentes citations d'Aristote, Ypocras , Car - 
tulas , Pitagoras, Valeriens , Alexandre , maistre Solint, 
maistre Pulius (Plinius?), Vulnus le maistre [Luctunal, 
maistre Aubert , etc. Malheureusement ce livre a perdu 
son dernier feuillet. 

Si, revenant maintenant aux livres vi et vii, nous en 
comparons le contenu avec les extraits du ms. d’Up- 
sal, fournis à M. le D r Bos par M. le prof. Geijer, nous 
constatons bientôt que les deux textes proviennent 
évidemment d’une même source : une traduction fran¬ 
çaise très abrégée de la seconde rédaction latine de 
l’œuvre complète de Henri de Mondevile, c’est-à-dire 
une version postérieure à celle de 1 3 14 et complètement 
indépendante de celle-ci. 


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Cependant leB copies de Turin et d’Upsal ne 6ont pas 
exactement semblables. A la première manque le 5 * 
traité l’Antidotaire *, qui occupe 3 o pages dans la 
seconde. En outre, elles diffèrent un peu quant à la 
langue et à Tordre des matières. Le manuscrit d’Upsal, 
bien que transcrit par un Picard, est en pur français, 
tandis que le texte de Tautre, plus archaïque, offre sou¬ 
vent des formes graphiques, qui semblent dériver d’un 
manuscrit wallon. D’autre part le copiste du manuscrit 
d’Upsal n’a pas tenu compte des prologues, et il a 
rejeté à la fin le traité de l’Anatomie, qui partout 
ailleurs, dans les rédactions françaises et latines, se 
trouve au commencement de l’ouvrage. Dans la copie 
de Turin le premier feuillet est occupé, il est vrai, par 
des extraits du « Prohème » de la Chirurgie et quelques 
considérations du traducteur, mais aussitôt après com¬ 
mence le traité de l’Anatomie. Les premières lignes 
du texte sont : 

(Fol. 160). Cy commence la Cirurgie de maistre Henry 
de Mondeville translatée de latin en franchois. 

Premier. Cirurgie est une science médicinale par lequelle 
les cirurgiens sont ensaigniés a ouvrer des mains es corps 
humains, en séparant la continuité et en rassamblant et en 
amenant la solucibn de continuité selonc l’estât premier a 
leur pooir, et oster les superfluités selonc la doctrine de 
theoricque medecine; et est de cyros en grec, qui est mains, 

i. L’omission du 5* traité de Mondeville dans le manuscrit dè 
Turin s’explique par la composition du recueil qui comprend 
VAntidotaire Nicolas (liv. IX), VAntidotaire de Sirurgie (liv. XII) 
et la Fleur de VAntidotaire de Nicolas (liv. XVIII), 

bulletin. — 1902 8 


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et de gyos , qui est operation .i. 1 aussi comme opération 
manuelle. Et poeult cirurgie estre devisee en theoricque et 
en praticque... (A ce propos, le traducteur cite les opinions 
d’Avicenne, d’Averrhoès et de Haly, puis continue ainsi :) Et 
si apert par les disacteurs, que cirurgie est moult pratique 
et peu theoricque et qu’elle est aprise en ouvrant ; de quoy 

11 s’ensieult que le cirurgien n’est point tenu de savoir le 
qualité des simples medicines et dez compostes exquisite- 
ment, ne graduer précieusement, mais souffist savoir les selon 
estimation prochaine a vérité. Et, pour ce que a cyrurgiens 
entendans, qui ont veues les oeuvrez de cirurgie et entendent 
les raisons et les causes et les principez communs de cirur» 
gie, il souffist avoir l’oeuvre manuelle de cirurgie devisée de 
disputacion, argumens et declaracions, a la quelle on puist 
recourre comme au trésor de la mémoire, ay je ceste oevre* 
abregié a mon pooir pour mon amy especial. 

Ce présent livre qui contient toute l’oeuvre manuelle de 
cyrurgie sur briesves paroles, et est devisée en v. traictiés. 

Après l’indication de ces cinq traités et la table des 

12 chapitres du premier, nous avons (fol. 161) : 

Cy commence Vanathomie . 

Anathomie est droitte division et congnoissance du 
corps humain , etc., comme dans le manuscrit d’Upsal, 
sauf quelques différences graphiques. 

Les deux manuscrits concordent également en fai¬ 
sant commencer le traité de la Chirurgie par « Des 
complexions », a Quelle chose est plaie », etc., bien que 
ce ne soit pas l’ordre suivi dans l’original latin. 

t. Abréviation latine de id ést. 

2 . Ms. odore . 


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Pour faire juger de la différence linguistique entre 
notre texte et celui d'Upsal, je reproduis les morceaux 
suivants (cf. Bull., 1900, p. 85 ) : 

(Fol. i 85 ) La cure de la froissure du tés. Prumier soit le 
quief mondefiiét de vin caut et soient lez keveulx rés dessus le 
froissure et bien loins environ. Puis fay une rondelle, c’est 
ung pastiel d’estoupes, si grant que quant il est moullés et 
expressés, si qu’il puist couvrir tout le lieu rés. Et soit 
moulliét en vin caut sallé et expressé, et la partie vers le 
chief soit moulliét de miel sallé caut, et soit appliquiét a le 
froissure ; et mis par dessus un aultre plastrel d'estoupes secq 
plus grant, et le loie, et le laisse ainsi jusques au v # jour, ains 
qu’il soit desloiét; se le doleur ne se continuoitou accroissoit, 
adonc fust aparliét (sic) si comme devant, et ainsi de .v. jours 
en .v. jours ou environ tant qu’il soit garis. 


Ms. de Turin. 

(Fol. 196) Le iij* cappitle 
est de sanguine... Sangnye 
est operacion manuelle ten- 
dans a sancté. Et le lessie- 
rent li phisicien anchienne- 
ment as chyrurgiens, et li 
chirurgiens l’ont laissiet as 
barbiers pour che que elle 
est de petit gaigne ; et sy a 
petit maistrie pour che que 
on ne demande moût de 
conseil as cyrurgiens; car 
li riches hommez s’en con¬ 
seillent as phisiciens et les 
aultres as barbieurs... 


Ms. d’Upsàl. 

(P. 74) Le iij* chapitre : 
De saignie... Saignie est 
operacion manuelle tendant 
a santé. Et la laissèrent les 
phisiciens anciennement aux 
cirurgiens, et les cirurgiens 
l’ont laissiée aux barbiers, 
pour ce qu’elle est de petit 
gaing; et si a petite mais- 
trise, et pour ce que on ne 
demande point de conseil 
aux cirurgiens; car les ri¬ 
ches hommes s’en conseillent 
aux phisiciens et les aultres 
pauvres aux barbiers... 


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La copie de Turin a également Terreur de traduc¬ 
tion, que M. Bos a relevée dans le texte d’Upsal, au 
chap. vi du 3 e traité, « dois savoir que ly signes soit 
mortefiés et corrumpu ». Quelquefois les copistes ont 
introduit des variantes singulières; par ex. (Turin, 
fol. 98) : De la cure des plaies enviesies dou pis. — 
(Upsal, p. 25 ) : De la cure des plaies environ le pis ; 
tandis que le texte latin a (p. 239) : De cura omnium vulne - 
rum penetrantium ad concavitatem interiorem pectoris. 

Le chapitre : « Pour appareillier les corps mors 
que on veult garder longhement », qui, de part et 
d’autre, vient après celui de : a Empostume des rains % 
des cuisses , des jambes », c’est-à-dire à une place diffé¬ 
rente de celle qu’il occupe dans le texte latin (cf. 
Bull. y p. 70, en note) termine le manuscrit de Turin. En 
voici les derniers mots dans les trois textes : 

Manuscrit ds Turin. Manuscrit d’Upsal. Latin, édit. Pagbl. 

(Fol. 21 a b) Et (P. 71) Et puis la (P. 393) Et tota 
puis toute le conca- concavité dont les concavitas, a qua 
vyté, dont les en- entrailles sont ostées viscera sunt extracta, 
trailles sont ostées, soit remplie d’erbes herbis odoriferis, ut 
soi(en)t remplie souef flairans, si camomilla, melliloto, 
d’herbes souef fiai- comme camomille, pullegiis, mentha, 
rant, corne cama- melilot, poulieul, mentastro, balsa- 
mille, polieul, men- mentastre, mente, mista, melissa et si- 
tastre, melilotte, melisse; puis soit milibus repleatur, 
mente, melisse; puis cousu et faites les usque dum suppléant 
soit cousue, et faites choses devant dites, formant corporis soli- 
les cosse® devant Et se les entrailles tam et decentem; 
dictes, et se les en- doiventestre gardées, postmodum consua- 
trailles doivent iestre sy soient salées très tur et fiant cetera 
gardées, sy soient bien de la pouldre supradicta. Et si vis- 


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— 117 — 


salees très bien de devant dite et mises cera sint extrada, 
la poudre devant en ung vaissel d’ar- diu debeant conser- 
dicte et misses en gent ou de plomb vari, salsentur, humi- 
ung vassiel d’argent bien seelé. dentur,etoptime pub 

ou de plonch bien vere supradicto, et 

sayellé. in vase argenteo aut 

plombeo sigillatis, 
aut in cado optimo 
multis telis inceratis 
circumdato reserven- 
tur . 

L’on voit par cette comparaison, que les deux textes 
français ont omis les mêmes passages de l’original latin î 
et ce fait, qui se constate à tous les chapitres, est peut- 
être la preuve la plus évidente, que les copies d’Upsal 
et de Turin représentent une seule et même traduction. 

En quelle année cette seconde traduction abrégée 
de l’œuvre de Mondeville a-t-elle été faite? Nous ne 
saurions le dire au juste, mais nous pouvons affirmer 
qu’elle remonte au xiv* siècle, car c’est sur elle qu’est 
basée la version provençale : « La notomia de Anric de 
Mondavilla », qui nous a été conservée dans un manus¬ 
crit de cette époque, appartenant aujourd’hui à la 
Bibliothèque Laurentienne de Florence. En confron¬ 
tant avec le texte de Turin quelques-uns des courts 
extraits de ce manuscrit provençal, qu’ont publiés 
M. Paoli * et M. le D r Bos *, il m’est facile de prouver 
ce que j’avance : 

1. Indici e Cataloghi . I eod. Ashburnhamiani, t. L, p. 59 
(Rome, 1887). 

2. D* À. Bos, La chirurgie de M* H, de Mondeville, Introd., 
p. xni, (Paris, 1897). 


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Manuscrit de Turin. 

(Fol. 181). Au commence¬ 
ment de ceste oevre qui est 
extraicte de latin en fran- 
chois de Henri de Monde- 
ville, nous debvons premier 
savoir que le corps est sub- 
get en toute cirurgie... 

.Des compactions... 

Quelles coses li sirurgien 
doit scavoir. 

(Fol. 161). Le premier 
traictiet est de l’anothomie 
comme du fondement de 
cyrurgie. 

Le second est de la cure 
universelle et particulière 
des plaies et des concus¬ 
sions (sic). 

Le iij f est des cures de 
toutes maladies qui ne sont 
mie plaies ne ulcérés ne ma¬ 
ladies des lesquelles vien¬ 
nent communément a toux 
les menbres du cief jusques 
as piés. 

Le iiij* est de la cure des 
brisures et des loiures et 
tortures et ploiures. 

Le v* est l’antidotaire ; et 
me samble qu’Avicenne en 
FAnathomie et Tederic en 
la Cure des plaies et Lanffe- 


Manuscrit de Florence. 

Al comensamen d’aquesta 
obra que es tracha de lati en 
romans de la surgia de Anric 
de Mondiviala (sic) deves 
premieyramens saber que es 
subiet en tota surgia... 

...De las complections. 

Qualas causas deu saber lo 
surgia. 

Lo premier es de la noto- 
mia coma defendemen (sic) 
de Surgia. 

Lo segon es de la cura 
universal de plaguas et de 
concutios (sic). 

Lo ters es de curas de totas 
malautias que non son pas 
plaguas ni ulceracios ni ma¬ 
lautias de foras (sic) las 
quais venon comunamen a 
totz los membres del cap 
entro al pes. 

Lo quart es de de la cura 
de las trenquaduras et deloga- 
duras et cossemens (sic) et 
plagamens. 

Lo quint es Fantidotari; 
et a me sembla que Vicenna 
espus savi en la notomia, et 
Tederic en la Cura de las 
plaguas et Alofranc en la 
Cura de las ulceracios et de 


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rant en la Cure des ulcérés 
et des autres maladies en 
procèdent très bien devant 
toulx aultrez. 

Le premier traictiet de cest 
livre, qui est Panathomie, 
est devisés en xij capitres... 

Cy commence Panathomie. 

Anathomie est droitte di¬ 
vision et congnoissance du 
corps humain et de toutes 
ses parties et de tous ses 
membres. 


las autras malautias pro- 
cezen trop ben davant tôt 
autres surgies. 

Lo premier tractat d’aquest 
libre, que tracta de la noto- 
mia, est devisât en xii capi- 
tols principalmen et per 
orde. 

Aysi comenssa la notomia 
e lo premier capitol. 

Anatomia es drecha devi- 
sio e conoycensa de cors 
huma e de todas sas parti- 
das et sos membres. 


En terminant cette notice, j’exprime mes remercie¬ 
ments à M. le prof. P. A. Geijer pour les nouveaux 
extraits du ms. d’Upsal, qu’il a eu l’obligeance de me 
fournir. 

Jules Camus. 


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TABLE DES MATIÈRES 

DU BULLETIN 

DE LÀ 

SOCIÉTÉ DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS 

POUR L’ANNEE I902 


Pages 

Statuts. 

Règlement..9 

Liste des membres de la Société au i* r juillet 1901. i 3 

Liste des membres du Conseil d’administration. 33 

Procès-verbaux des séances. 34, 97 

Assemblée générale de la Société. 37 

Discours de M. le baron d’Avril, président. 38 

Rapport de M. Paul Meyer, secrétaire. 4 ^ 

Rapport de M. Émile Picot, trésorier-adjoint. 54 

Note sur le t. X des Œuvres complètes d’Eustache Des¬ 
champs, par M. A. Piaget. 64 

Notice d’un ms. de la Bibliothèque d’Este, à Modène, 
(Légendes des saints en français), par M. P. Meyer... 69 

La seconde traduction de la Chirurgie de Mondeville 
(Turin, Bibl. nat., L. IV. 17), par M. J. Camus. xoo 


Le Puy, typographie R. Marchessou, boulevard Carnot, a 3 . 


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1886 

Les œuvres poétiques de Christine de Pisan, publiées par M. M. Ror. 

Le Roman de Merlin, p.p.MM. G. Paris, et J. Ulrich, t. I et II. 

1887 

Les œuvres ^PEustache Deschamps, t. V. 

Aymeri de Narbonne, chanson de geste p. p. M. L. Demaison, 1 . 1 et II. 

1888 

Le Mystère de saint Bernard de Menthon, p.p. M. A. Lecoy de la 
Marche. 

Les quatre âges de V homme, traité moral de Philippe de Navarre, p.p. 
M. de Fréville. 

Le Couronnement de Louis, chanson de geste, p. p. M. E. Langlois. (Épuisé). 

1889 

Les comtes moralisés de Nicole Bozon, p. p. Miss L. Tou l min Smith et 
M. P. Meyer. 

Les œuvres rf'EusTACHE Deschamps, t. VI. 

Rondeaux et autres poésies du xv° siècle, p. p. M. G. Raynaud. 

1890 

Le Roman de Thèbes, p. p. M. L. Constans, 1 . 1 . et II. 

1891 

Les œuvres ûPEustache Deschamps, p.p. M. G. Raynaud, t. VII. 

Les œuvres poétiques de Christine de Pisan, t. II. 

Le Mistère du Vtel Testament , t. VI. 

1892 

Le Chansonnier de Saint-Germain, reproduction phototypique avec 
transcription, p. p. MM. P. Meyer et G. Raynaud, t. I. 

i 8 q 3 

Les Miracles de Nostre Dame, par personnages, t. VIII, vocabulaire, par 
M. Bonnardot. 

Les œuvres ûTEustache Deschamps, t. VIII. 

Le Roman de Guillaume de Dole , p. p. M. G. Servois. 

1894 

Le Roman de l’Escoufle, p. p. MM. H. Michelant et P. Meyer. 

Les œuvres Eustache Deschamps, t. IX (Le Miroir de Mariage ). 

1895 

Le Roman de Guillaume de la Barre , par Arnaut Vidal de Castelnaudari, 
p. p. M. P. Meyer. 

Le Roman de Méliador, par Froissart, p. p. M. Longnon, t. I et II. 

1896 

La Prise de Cordres, p. p. M. Ov. Densusianu. 

Les œuvres poétiques de Christine de Pisan, t. III. 

Les œuvres de Guillaume Alexis, p. p. MM. E. Picot et A. Piaget, t. I. 

1897 

VArt de Chevalerie , par Jean de Meung, p. p. M. U. Robert. 

Li Abrejance de l'ordre de Chevalerie , par Jean Priorat, p. p. M. U. 
Robert. 

La Chirurgie de Henri de Mondeville, p. p. le D p Bos, t. I. 

1898 

Les Narbonnais, chanson de geste, p. p. M. H. Suchier, 1 . 1 et II, 

La Chirurgie de Henri de Mondeville, t. II. 

1899 

Le Roman de Méliador , t. III. 

Orson de Beauvais, chanson de geste, p. p. M. G. Paris. 

Les œuvres de Guillaume Alexis, t. II. 

1900 

L’Apocalypse en français au xm« siècle (Bib\. nat. fr. 403), p. p. MM. 
Delisle et P. Meyer. Reproduction phototypique, in<fol. 

1901 

L’Apocalypse en français au xiip siècle (Bibl. nat. fr. 4 o 3), p. p. MM. L. 
Delisle et P. Meyer. Introduction et texte. 

Les Œuvres «TEustache Deschamps, t. X. 


Die _ by v^.ooQle 



IQ02 

Les Chansons de Gace Brulé, p. p. M. G. Huet. 

OUVRAGES SOUS PRESSE 

Le Roman de Tristan, par Beroul, p. p. M. E. Muret. 

Le Roman de Robert le Diable, p. p. M. E. Lôseth. 
Recueil de Sotties, p. p. M. E. Picot, t. I. 

Les Vers de la Mort, par Hélinant, p. p. M. Fr. Wulff. 
Le Roman de Tristan, par Thomas, p. p. M. J. Bédier. 
Le Moniage Guillaume, p. p. M. Cloetta. 


En cas de changement d’adresse, les Membres de la Société 
voudront bien aviser M. Gaston RAYNAUD, administrateur 
de la Société, i3o, avenue de Villiers, à Paris. 

Ceux des membres qui habitent la province ou l’étranger sont 
priés de désigner à Paris un correspondant chargé de retirer, 
chez le libraire, les publications de la Société. Le même corres¬ 
pondant pourra au besoin être chargé de payer les cotisations. 

Toutefois, il serait préférable queles cotisations fussent payées 
par mandat postal ou par chèque au nom de M. É. PICOT, 
1 35, avenue de Wagram. 

Les membres de la Société n’ayant pas de correspondant à 
Paris qui voudraient recevoir les volumes par la poste au mo¬ 
ment même de leur publication, sont informés que la Société 
se charge des frais de port et d’emballage moyennant une 
somme fixe de 3 fr. 75 c. ( 3 shillings ou 3 marks) par an, qui 
devra être adressée par mandat postal à M. É. Picot, 1 35, ave¬ 
nue de Wagram. 

Les membres de la Société qui voudront avoir recours à ce 
mode d’envoi, pourront acquitter en une seule fois la cotisation 
annuelle et les frais de port en payant, pour les exemplaires en 
papier ordinaire, 28 fr. 75 c. et pour les exemplaires en papier 
Whatman 53 fr. 75 . 


Le Puy. — Typographie R. Marchessou, boulevard Carnot, 23 . 



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